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Mis à jour : il y a 51 min 3 sec

Délocalisation du CHU de Guadeloupe: pas de décision avant un mois

ven, 04/20/2018 - 09:02

La décision de délocaliser totalement ou partiellellement le CHU de la Guadeloupe, en partie détruit par un incendie en novembre, ne sera prise qu'à l'issue d'une étude de faisabilité prévue pour durer un mois, a-t-on appris jeudi soir à l'issue d'une réunion entre l'ARS et les instances représentatives de l'hôpital.

L'Agence régionale de Santé (ARS) avait annoncé fin mars le principe de cette délocalisation en deux phases.

Valérie Denux, sa directrice générale, a confirmé la première phase du plan, consistant à vider la tour nord et créer un pôle mère-enfant à la Polyclinique de la Guadeloupe.

"Il reste en jeu deux possibilités" pour la seconde phase, a indiqué Mme Denux: une "délocalisation partielle et nettoyage par zone", ou une "délocalisation totale mais pensée, organisée, réfléchie, avec un investissement important" dans des bâtiments provisoires. Ceux-ci seraient constuits sur le site de Palais Royal, aux Abymes, et ainsi accolés au nouveau centre gérontologique, déjà utilisé en partie pour des patients du CHU.

Ces bâtiments modulaires préfigueraient le centre hospitalier définitif qui serait construit au même endroit, a précisé la responsable de l'ARS.

Le gouvernement a autorisé l'ARS à engager les crédits d'une étude de faisabilité prévue pour durer au moins un mois, étude avant laquelle aucune décision ne sera prise.

Freddy Manioc, aide soignant au CHU de Pointe-à-Pitre, secrétaire du syndicat CGTG, a déploré ce nouveau délai, mais salué "l'idée des (bâtiments) modulaires dont la CGT a fait la proposition".

Ces transferts prendraient "18 mois", avec une phase de transition durant laquelle il faudrait tout de même nettoyer et décontaminer une grande partie de la surface du CHU, sans le réhabiliter, en confinant la zone impactée par l'incendie, afin "d'assurer la meilleure qualité de l?air possible", selon Mme Denux.

Une délocalisation partielle prendrait près de deux ans elle aussi, et "la décontamination, le nettoyage et la réhabilitation" auraient lieu en site semi-occupé.

Pour le directeur de l'hôpital, Pierre Thépot, "on va maintenant vers le nouveau CHU et ça c'est extrêmement rassurant".

La construction du nouveau CHU devrait débuter fin 2018 et durer environ "51 mois" bien qu'avec les aléas climatiques propres aux Antilles, "ça pourrait aller jusqu'à 7 ans", a-t-on précisé à l'ARS.

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Après deux semaines de grève, les clients SNCF s'organisent pour obtenir un dédommagement

ven, 04/20/2018 - 09:00

Après deux semaines de grève, les usagers du train, contraints de trouver des solutions de substitution parfois coûteuses, s'organisent pour obtenir un dédommagement de la SNCF, le groupe public promettant un geste commercial.

Le télétravail concerne une "petite minorité" de travailleurs et "on ne peut pas prendre deux jours de RTT par semaine quand même, ça finit par s'épuiser assez vite", relève Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des associations des usagers des transports (Fnaut).

Le quatrième épisode de grève s'est achevé jeudi et le mouvement est prévu pour durer jusqu'à fin juin par épisode de deux jours tous les cinq jours.

"Je dois être au travail à Paris à 6h30, mais j'arrive en retard les jours de grève parce que le premier train depuis Creil n'est qu'à 6h38", témoigne Sylvain Coquel, employé à la Mairie de Paris.

Face à la longueur du mouvement, les associations d'usagers des transports rassemblent les réclamations financières des clients de la SNCF, des grandes lignes comme ceux des trains régionaux.

"L'essentiel, ce sont des collectifs d'usagers qui se tournent vers nous pour obtenir l'allongement de leurs abonnements ou une réduction sur les prochains abonnements", explique le président de la Fnaut.

Certaines associations ont lancé une pétition sur le site internet Change.org, qui avait recueilli plus de 50 000 signatures jeudi, pour obtenir un remboursement des abonnements.

- Compensation à venir -

Les abonnés annuels, mensuels, et hebdomadaires des grandes lignes ont pour le moment "été informés de modalités de compensation à venir" mais sa mise en ?uvre "sera étudiée selon l'ampleur du mouvement, sa durée et les désagréments occasionnés", explique un porte-parole de la SNCF à l'AFP.

"A priori, il s'agirait de compenser si moins d'un TGV sur trois circulait sur leur parcours dans la journée", précise le porte-parole.

Voyages SNCF, chargée du transport des voyageurs longue distance et à grande vitesse, assure qu'il y aura des "mesures commerciales a posteriori, en fonction des jours de grève" et décidées "dans les jours qui viennent".

La SNCF n'est pas tenue légalement à de tels gestes commerciaux sur les grandes lignes.

Pour les trains régionaux, la situation est plus compliquée. Chaque région a signé une convention avec la SNCF avec des "dispositions complètement différentes d'une région à l'autre", selon Bruno Gazeau, ce qui contraint les associations à négocier les dédommagements au cas par cas.

En région parisienne, la SNCF paie des pénalités à Ile-de-France Mobilités (ex-Stif) et dédommage les usagers du réseau francilien si elle n'assure pas au moins un train sur trois sur chacune des treize lignes de la région.

"A l?issue de la grève, nous discuterons avec la SNCF les modalités pratiques de remboursement: montant, coéditions nécessaires pour les voyageurs pour être remboursés, procédé à mettre en place pour rembourser effectivement les voyageurs?", indiquait Ile-de-France Mobilités mercredi.

Arnaud Bertrand est président de l'association "Plus de trains", qui vient notamment en aide aux usagers du RER A en Ile-de-France et plaide pour une indemnisation proportionnelle à la hauteur des perturbations.

Il demande une indemnisation correspondant à "au moins la moitié d'un mois de carte Navigo, donc 35 à 40 euros chaque mois où il y aura grève, pour les endroits où il y a moins d'un train sur deux et qui sont loin de Paris", explique t-il à l'AFP.

En outre, les usagers ont dû trouver des solutions de substitution impliquant des surcoûts, liés au paiement de places de parking pour certains covoitureurs ou à l'obligation de prendre des taxis dans certains cas, ce qui nécessite aussi un dédommagement, estime t-il.

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"Là-bas, on a tout laissé": des Mexicains fuyant la violence

ven, 04/20/2018 - 08:49

Après 88 années d'une vie dans les montagnes du sud du Mexique, Maria Guadalupe Castro a choisi de quitter la seule maison qu'elle ait jamais connue.

Tous les habitants du village ont fait comme elle après des attaques répétées de la Familia Michoacana, un groupe criminel opérant dans cette région de l'Etat du Guerrero, l'un des plus violents du Mexique.

Début janvier, dix hommes armés ont enlevé un fonctionnaire qui n'est jamais réapparu depuis. Le lendemain, ils sont revenus et ont ouvert le feu sur les habitants. Des hommes du village ont réussi à les repousser avec des fusils de chasse, mais quatre d'entre eux ont été blessés.

Face à la menace, les 450 habitants de San Felipe ont préféré abandonner le village, emportant tout ce qu'ils pouvaient sur des pick-ups.

"Nous avons tout laissé derrière nous" raconte la veille dame, en larmes.

Elle fait partie des 35.000 personnes obligées de fuir au Mexique face aux violences liées au crime organisé, selon la Commission nationale des droits de l'homme.

Les narcotrafiquants font généralement irruption dans des villages isolés et sous la menace obligent les habitants à se mettre à cultiver le pavot à opium - qui permet de fabriquer de l'héroïne.

Dans cette région pauvre, les habitants n'ont alors pas d'autre choix que se transformer en semi-esclaves au service des narcotrafiquants ou fuir.

Selon des membres de la "police communautaire" d'Apaxtla de Castrejon, la ville voisine où se sont réfugiés les villageois, l'attaque perpétrée par les hommes armés de la Familia Michoacana contre les habitants de San Felipe visait à étendre leur territoire.

Plus de 20 groupes criminels se disputent la production et la distribution de la drogue dans la région.

Les habitants de San Felipe ne sont pas les seuls à avoir dû quitter leur village dans cet Etat du Guerrero où en 2017 - l'année la plus sanglante en deux décennies au Mexique - 2 318 meurtres ont été recensés, chiffre le plus élevé du pays.

Le 11 avril, une centaine de personnes ont dû quitter Laguna de Huayanalco, près de San Miguel Totolapan, face aux menaces d'un autre groupe criminel.

Mais le phénomène n'est pas limité à cette région troublée du Mexique. D'autres villages connaissent le même phénomène au Veracruz (est), Oaxaca (sud), au Chiapas (sud), dans le Michoacan, le Jalisco (ouest) ou encore les Etats de Chihuahua et Tamaulipas dans le nord du pays.

- Attente interminable -

Pour la quarantaine de familles qui ont fui San Felipe, le temps semble suspendu. Ces déplacés vivent désormais dans un refuge en attendant que le gouvernement de l'Etat leur attribue des terres qu'ils pourront cultiver.

Beaucoup d'enfants fréquentent désormais l'école d'Apaxtla et certains hommes s'emploient occasionnellement dans des fermes ou sur des chantiers.

D'autres prennent leur mal en patience. "Nous aimerions être soutenu, qu'on nous donne un terrain pour que nous puissions vivre", se plaint un des déplacés, sous le couvert de l'anonymat, de crainte de représailles.

Beaucoup pensent à leurs animaux et à leurs champs laissés derrière eux au village. Les animaux sont sans doute morts de soif, disent-ils. Mais personne n'a osé y retourner pour connaître leur sort.

"Nous sommes tous tristes, nous souffrons. Mais aussi nous avons peur" assure Isabel Castillo, 63 ans, près de femmes qui préparent des tortillas de maïs sur de rudimentaires plaques de métal.

Mais Isabel Castillo préfère encore faire partie des déplacés que voir un de ses fils enrôlé de force dans le cartel de la Familia Michoacana: "nous sommes partis pour nous libérer de cela, pour que nos enfants ne se retrouvent pas un jour avec un fusil d'assaut AK-47 entre les mains".

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Départ de Raul Castro à Cuba: le castrisme en bonnes mains

ven, 04/20/2018 - 08:40

Raul Castro vient de céder la présidence de Cuba à Miguel Diaz-Canel, mais le révolutionnaire de 86 ans et son héritier de 58 ans veilleront à ce que l'héritage castriste survive à cette transition, même si des réformes sont aussi urgentes qu'indispensables.

La sortie de Raul Castro, de grande portée symbolique puisqu'elle vient tourner la page de six décennies de pouvoir de la fratrie Castro, n'annonce pas de grands bouleversement sur l'île, du moins à court terme.

Lors d'une passation historique jeudi, l'ancien et le nouveau président ont insisté sur la continuité du régime, qui sera notamment garantie par le maintien de Raul Castro à la tête du Parti communiste de Cuba (PCC), coeur du pouvoir cubain, jusqu'en 2021.

Miguel Diaz-Canel a même souligné dans son premier discours que "Raul Castro présidera aux décisions de grande importance pour le présent et l'avenir de la Nation".

"Il n'y a pas d'espace pour une transition qui ignore ou détruit le legs de tant d'années de lutte", a-t-il insisté.

De même, le Conseil d'Etat, l'organe exécutif suprême qu'il préside, a été partiellement renouvelé. Mais plusieurs représentants de la vieille garde comme Guillermo Garcia Frias, 90 ans, Leopoldo Cintra Frias, 76 ans, ou Ramiro Valdes, 85 ans, y sont encore solidement ancrés.

Dans ces conditions, "il est difficile d'imaginer qu'un changement et des réformes surviennent soudainement à un rythme accéléré", anticipe Peter Hakim, du groupe de réflexion Inter-American Dialogue à Washington.

- "Rôle supérieur du Parti" -

Mais si une remise en cause du système est à exclure, des changement sont nécessaires, et certains sont d'ailleurs déjà sur les rails.

Le président sortant a profité de son allocution jeudi pour annoncer qu'une réforme constitutionnelle allait resurgir des cartons afin d'adapter la loi fondamentale "aux transformations politiques, économiques et sociales" du pays.

Ce projet, qui pourrait faire l'objet de la création d'un poste de Premier ministre, sera soumis à référendum, mais Raul Castro n'a pas donné de délai. Et il a précisé qu'il ne s'agissait aucunement de "modifier le caractère irrévocable du socialisme", ni "le rôle supérieur du PCC".

Ingénieur en électronique, Miguel Diaz-Canel n'est pas un spécialiste de l'économie, mais il aura pour principale charge de poursuivre les réformes instillant une dose d'économie de marché dans un système largement étatisé, où le salaire mensuel moyen ne dépasse pas 30 dollars.

Cette "actualisation" esquissée avec Raul Castro doit impérativement être approfondie pour redresser une économie encore stagnante --en dépit d'une hausse du PIB de 1,6% en 2017-- et fortement dépendante des importations et de l'aide de son allié vénézuélien, aujourd'hui affaibli.

"Le plus urgent est de lancer les réformes (...) de réunification monétaire et de décentralisation économique. Le plus complexe sera d'affronter les conséquences politiques de ces réformes et la pression en faveur d'autres changements qu'elles pourraient générer", juge l'expert cubain Arturo Lopez-Levy, professeur à l'Université du Texas Rio Grande Valley.

- "Pas de restauration capitaliste" -

Au sujet de la suppression de la dualité monétaire, un système unique au monde qui provoque depuis 1994 des distorsions dans l'économie, Raul Castro a avoué qu'elle donnait "de sérieux maux de tête" aux dirigeants cubains depuis plusieurs années.

A ceux qui anticipent une mutation de Cuba vers un modèle à la vietnamienne ou à la chinoise, M. Diaz-Canel a prévenu que "sous cette législature il n'y aura pas d'espace pour ceux qui aspirent à une restauration capitaliste". "Cette législature défendra la révolution et poursuivra son perfectionnement", rien de plus.

"Cela ne va pas se faire en deux jours", prédit le politologue cubain Esteban Morales, qui ne voit pas "Diaz-Canel se lancer immédiatement dans une série d'actions".

"Le projet rencontre des difficultés, des déficiences. Il faut l'améliorer, le perfectionner (...) mais cela ne pourra pas être l'oeuvre d'un seul homme, il faudra beaucoup d'unité, de cohérence", ajoute-t-il.

En attendant l'annonce de la composition du conseil des ministres, repoussée à juillet, se pose dès lors la question de la dynamique autour de laquelle s'articulera le duo au sommet de l'Etat cubain.

Pour la première fois depuis plusieurs décennies, le président du Conseil d'Etat et des ministres ne cumulera pas ses fonctions avec celles de premier secrétaire du parti unique.

"Evidemment le comportement de Raul sera observé à la loupe, mais s'il dénigre Diaz-Canel, cela sera vu comme un aveu de choix erroné, et donnerait l'impression de la remise en cause d'une transition. Raul a beaucoup investi en Diaz-Canel, et il a besoin qu'il réussisse", estime Paul Webster Hare, professeur de relations internationales à Boston et ex-ambassadeur britannique à Cuba.

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Douma toujours fermée aux inspecteurs de l'OIAC, le régime reprend des localités près de Damas

ven, 04/20/2018 - 08:39
Alors que le régime syrien a repris, jeudi, des localités au Sud de Damas, les enquêteurs internationaux de l'OIAC se sont vus refuser une nouvelle fois l'accès au site de l'attaque chimique présumée de Douma en Syrie.
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Le blocage de l'université de Tolbiac levé après l'intervention de la police

ven, 04/20/2018 - 08:29
La police est intervenue, vendredi tôt dans la matinée, pour déloger les étudiants qui bloquaient l'accès au site Tolbiac de l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne. Une centaine de personnes a quitté les lieux dans le calme.
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L'organisation basque ETA demande pardon pour le "mal" qu'elle a causé

ven, 04/20/2018 - 08:26

L'organisation clandestine basque ETA a reconnu le "mal" qu'elle a causé pendant sa lutte armée pour l'indépendance du Pays basque et demandé pardon aux victimes, dans un communiqué publié vendredi par le journal basque Gara.

L'ETA affirme cependant qu'elle n'est pas seule responsable des souffrances au Pays basque espagnol. "La souffrance existait avant la naissance de l'ETA et a continué après qu'elle a cessé la lutte armée", affirme le texte que publie Gara, son canal habituel de communcation.

"Nous avons causé beaucoup de douleur et des dommages irréparables. Nous voulons manifester notre respect aux morts, aux blessés et aux victimes des actions de l'ETA... Nous le regrettons sincèrement", dit le communiqué publié à l'approche de la dissolution annoncée de ce groupe qui a tué plus de 800 personnes en plusieurs décennies de lutte contre l'Etat espagnol.

"ETA, organisation socialiste révolutionnaire basque de libération nationale, veut reconnaître par cette déclaration le mal causé au cours de sa trajectoire armée, et manifester son engagement à surmonter définitivement les conséquences du conflit et à éviter qu'il se répète", annonce le texte.

Mais si l'ETA, qui s'en est pris souvent aux forces de l'ordre et aux représentants de l'Etat, exprime ses "regrets" pour toutes les victimes, elle demande plus particulièrement "pardon" aux civils pris dans la tourmente.

"Nous savons que, obligés par les nécessités de tout type de lutte armée, notre action a nui à des citoyens et des citoyennes sans aucun responsabilité. Nous avons aussi causé des torts graves qui ne sont pas réparables. Nous demandons pardon à ces personnes et à leurs familles", dit-elle.

Sans mettre en cause nommément l'Etat espagnol, l'ETA demande à "tous de reconnaître les responsabilités et les torts causés" et s'engage à oeuvrer à la réconciliation.

L'organisation clandestine fondée sous la dictature de Francisco Franco a renoncé en 2011 à la lutte armée. Elle devrait annoncer formellement sa dissolution le 5 ou le 6 mai prochain dans le Pays Basque français, selon plusieurs sources.

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Une discothèque d'Avignon ravagée par les flammes, neuf blessés légers

ven, 04/20/2018 - 08:20

Neuf personnes ont été légèrement blessées dans un incendie qui a totalement ravagé le Bokao's, une discothèque d'Avignon, dans la nuit de jeudi à vendredi, a-t-on appris auprès des sapeurs pompiers de la ville.

Le sinistre, pour l'instant d'origine inconnue, a pris vers 02H40 vendredi, alors que 500 à 700 personnes se trouvaient à l'intérieur de l'établissement, une des plus grandes boîtes de nuit de la cité des Papes, particulièrement fréquentée par les étudiants, quai Saint-Lazare, en bordure de la vieille ville.

"Il n'y a eu que neuf personnes vues par les sapeurs pompiers, pour inhalations de fumées, et quatre ont été transportées à l'hôpital d'Avignon, mais de façon totalement préventive", a précisé le Codis du Vaucluse à l'AFP.

"Les agents de sécurité ont très bien fait leur boulot et l'évacuation des fêtards s'est déroulée vite et bien", ont insisté les sapeurs pompiers d'Avignon, en soulignant que l'établissement, dont la charpente était en bois, est désormais "par terre": "la discothèque est totalement brûlée, elle est inutilisable pour plusieurs mois".

Le sinistre, qui a mobilisé environ 80 pompiers, a été totalement maîtrisé vers 05H00.

Cette discothèque, déjà touchée par un incendie il y a quelques années, avait obtenu en 2001 le premier trophée du Respect, une récompense professionnelle distinguant les initiatives en faveur de la prévention des incivilités dans le monde de la nuit.

ol/mdm/shu

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Nicaragua: au moins deux morts dans des manifestations

ven, 04/20/2018 - 08:18

Au moins un manifestant et un policier ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi lors de heurts à Managua et sa banlieue durant des manifestations contre une réforme des retraites, a annoncé la police.

Des manifestants ont évoqué la mort d'une troisième personne.

Les manifestations d'opposants comme de partisans de cette réforme, augmentant les contributions des employeurs comme des salariés et réduisant de 5% le montant des retraites, se déroulaient pour la deuxième journée consécutive dans la capitale.

Selon un communiqué de la police sur le site internet du gouvernement, un policier âgé de 33 ans, Jilton Manzanares, a été tué par un coup de feu dans le secteur de l'Université Polytechnique (UPOLI) à Managua.

Parallèlement, un homme présenté par la police comme partisan des réformes gouvernementales mais que l'opposition considère comme un de ses membres, Richard Pavón, a également été tué par balle.

Selon la version des manifestants, le jeune homme a été victime d'un tir d'un garde municipal de Tipitapa (22 km au nord de la capitale) où se sont également déroulées des manifestations durant la journée et la nuit.

Selon des manifestants de l'opposition, un étudiant, Lombardo Ruiz, a en outre été tué durant les accrochages autour de l'UPOLI.

La police avait dans un premier temps fait état de trois morts avant de ramener son bilan à deux personnes tuées.

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Népal: l'aéroport de Katmandou fermé après une sortie de piste

ven, 04/20/2018 - 08:16

L'aéroport de Katmandou était fermé vendredi après la sortie de piste d'un avion malaisien qui s'est embourbé avec 139 personnes à bord, ont annoncé les autorités.

Personne n'a été blessé dans l'incident survenu jeudi soir.

Mais les vols à destination de la capitale népalaise étaient détournés alors que les autorités tentaient de libérer le Boeing 737 de la compagnie malaisienne Malindo Airlines coincé dans la boue.

L'avion à destination de Kuala Lumpur était en train d'accélérer sur la piste de décollage quand les pilotes ont décelé un problème et ont interrompu les opérations, a expliqué le porte-parole de l'aéroport Prem Nath Thakur.

L'appareil a dérapé puis s'est embourbé à une trentaine de mètres de la piste.

"Tous à bord sont sains et saufs", a ajouté le porte-parole. Les causes de l'incident ne sont pas pour l'heure connues.

Il survient un mois après l'accident d'un avion de la compagnie bangladaise US-Bangla Airlines qui a fait 51 morts en s'écrasant près de l'aéroport de Katmandou.

Le pays pauvre et montagneux a connu une vingtaine d'accidents d'avion au cours de la dernière décennie, surtout des petits appareils effectuant des vols domestiques.

La plupart de ces accidents ont été imputés à l'inexpérience des pilotes ainsi qu'à des problèmes de maintenance et de gestion. Les avions népalais sont interdits de vol dans l'espace aérien européen.

L'aéroport de Katmandou est situé dans une cuvette, avec la chaîne de l'Himalaya au nord, le rendant notoirement difficile à appréhender.

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Du jazz sous la pop dans le nouvel album de Charlie Puth

ven, 04/20/2018 - 08:13

Gueule d'ange et falsetto soyeux, Charlie Puth est devenu une célébrité grâce à la ballade pop "See You Again", qui figurait sur la bande originale d'un énorme film d'action hollywoodien. Mais son inspiration, assure-t-il, puise ses sources dans le jazz.

A 26 ans, le jeune Américain a passé un an et demi à écrire et réécrire son second album "Voicenotes", qui sort le 11 mai. Et bien qu'il ait été averti que ce n'était commercialement pas un atout, il est sans cesse allé regarder vers le jazz.

Attention, ses fans ne risquent pas d'être déboussolés. Car Charlie Puth entend du jazz dans les accords chauds des claviers cachés sous la texture pop.

"Voicenotes" --dont le premier single, "Attention", est emmené par une ligne de guitare légèrement grattée et une basse funky-- évoque la production rétro d'auteurs-compositeurs comme Babyface, Jimmy Jam and Terry Lewis, que Puth considère comme des héritiers de la tradition jazz.

"L'album tout entier, c'est du jazz déguisé en pop", a commenté le jeune chanteur lors d'une conférence de presse à Los Angeles.

"J'ai créé une ambiance où ma musique penche peut-être vers les adultes mais j'ai toujours (aussi) les jeunes âgés de 12 ans, les adolescents, les pré-adolescents, ils sont tous en train de chanter", a-t-il ajouté.

"Et ça fait de moi le mec le plus heureux sur Terre parce que je suis en train de les éduquer en secret, qu'ils le veuillent ou non", a-t-il plaisanté.

- Talent -

Enfant, il a pris des leçons de piano classique et, à 10 ans, il jouait déjà du jazz. Plus tard, il a étudié à l'Ecole de Musique de Manhattan.

S'il dit n'être pas parvenu à transcrire la musique à l'école, il a pourtant un talent extraordinaire pour reconnaître les sons. Au cours d'une conférence de presse, il a ainsi identifié à distance celui d'un cocktail secoué par un barman, et a instantanément reproduit sur son clavier le bip d'un téléphone.

"See You Again", une chanson en collaboration avec le rappeur Wiz Khalifa en hommage à l'acteur Paul Walker, décédé dans un accident de voiture, est devenu un succès mondial et reste la deuxième vidéo la plus vue au monde sur YouTube.

Mais Charlie Puth, dont le premier album "Nine Track Mind" a aussi donné les succès "We Don't Talk Anymore" et "Marvin Gaye", dit avoir l'impression que "Voicenotes" est son premier album parce qu'il est plus consistant du point de vue acoustique.

Le titre de l'album vient de la fonction "Notes vocales" sur son téléphone, dont Puth dit qu'il l'utilise constamment pour les mélodies qui lui viennent à l'esprit.

Le jeune auteur-compositeur a précisé avoir écrit l'album chez ses parents dans le New Jersey, soulignant l'importance de passer du temps avec sa famille après avoir passé tant de temps sur la route.

"C'est fou, vraiment. Plus tu deviens célèbre, plus tu es seul", a-t-il dit.

- Collaborations -

Sur l'album, Puth a collaboré avec Boyz II Men, dont le son est en ligne avec "Voicenotes", ainsi qu'avec la légende du folk-rock James Taylor, que le chanteur qualifie d'inspiration.

Il serait heureux de faire du jazz, du vrai, et de jouer avec des grands comme Chick Corea et Herbie Hancock --s'ils l'appelaient un jour.

Le retour rétro de Puth dans le R&B des années 1980 et 1990 arrive en plein succès de Bruno Mars, qui a largement emprunté au genre sur son dernier album récompensé par un Grammy.

Puth pense que le son rendu populaire par des artistes comme Janet Jackson et Bobby Brown est toujours dans l'air du temps.

"Je n'ai pas inventé ce style de musique. Tout ce que je fais, c'est une version 2018/2019 de tout ça".

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L'organisation basque ETA demande pardon pour le "mal" qu'elle a causé

ven, 04/20/2018 - 08:10

L'organisation clandestine basque ETA a reconnu le "mal" qu'elle a causé pendant sa lutte armée pour l'indépendance du Pays basque et demandé pardon aux victimes, dans un communiqué publié vendredi par le journal basque Gara.

"Nous avons causé beaucoup de douleur et des dommages irréparables. Nous voulons manifester notre respect aux morts, aux blessés et aux victimes des actions de l'ETA... Nous le regrettons sincèrement", dit le communiqué publié à l'approche de la dissolution annoncée de ce groupe qui a tué plus de 800 personnes en plusieurs décennies de lutte contre l'Etat espagnol.

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Grâce et civisme: ce que Washington peut apprendre de Barbara Bush

ven, 04/20/2018 - 08:01

A l'heure des attaques personnelles et des querelles partisanes, le parcours de l'ancienne Première dame Barbara Bush, décédée mardi à 92 ans, rappelle à la bulle politique de Washington l'importance des valeurs qu'elle incarnait: la pudeur et l'élégance.

Les responsables politique de tous bords ont rendu hommage à "la Première Grand-Mère" de l'Amérique, connue pour ses cheveux blancs et son style vestimentaire bourgeois.

Son mariage de 73 ans avec George H.W. Bush, plus longue union présidentielle de l'histoire américaine, a renforcé son image de partenaire loyale et honnête, dans une ville où l'hypocrisie est monnaie courante chez les politiques.

"Il est important que les gens aient à l'esprit la dignité, le civisme et l'élégance qu'elle a apportés à la vie publique", a expliqué à l'AFP John Cornyn, numéro deux des républicains au Sénat.

"Il est rassurant de se souvenir qu'il y a des gens comme elle, son mari et sa famille qui placent la barre très haut", a ajouté l'élu du Texas, Etat d'adoption de Barbara Bush.

Une barre que ne parvient pas à atteindre la vie politique actuelle, rythmée par les invectives et les insultes du président Donald Trump.

Le démocrate Patrick Leahy, doyen du Sénat, se souvient d'une époque où le respect était de mise même en cas de désaccord politique, comme cela a souvent été le cas entre lui et le républicain George H.W. Bush (président de 1989 à 1993).

"Ma femme comme moi avons énormément d'estime pour eux", explique l'élu du Vermont, qui siège au Congrès depuis 1975.

"Beaucoup de gens aiment parler des valeurs familiales, mais ils n'appliquent pas leur discours", ajoute-t-il.

- "Dignité et civisme" -

Après son départ de la Maison Blanche, Barbara Bush a cherché à rapprocher démocrates et républicains, expliquant notamment sur la radio nationale NPR en 1994 que les partis devraient être "très inclusifs, et non exclusifs".

Pour l'ancienne représentante républicaine Connie Morella, la personnalité "humble" de Barbara Bush, sa candeur et son approche diplomatique, sa disposition à trouver des compromis et son respect manquent au Congrès actuellement.

"Maintenant, c'est comme si on était en pleine guerre tribale", a déclaré jeudi l'ancienne représentante américaine à l'OCDE, choisie en 2003 pour ce poste par le président George W. Bush, le fils de Barbara.

"Ils ne se connaissent pas, donc c'est impossible pour eux de se respecter", a-t-elle ajouté.

Pour la cheffe de la minorité démocrate à la Chambre des représentants Nancy Pelosi, qui a fait son arrivée au Congrès quand George Bush père était président, l'ancienne Première dame "apportait de la dignité, du civisme et de l'esprit à tout ce qu'elle faisait".

Des qualités qui détonneraient avec le ton abrasif, et parfois corrosif, utilisé de nos jours à Washington.

Le sénateur républicain Bob Corker, qui a déjà été la cible de tweets rageurs du président Trump, se souvient d'une visite de George et Barbara Bush chez lui, dans le Tennessee, en 2000.

"Il n'y avait pas de fanfare mais beaucoup d'humilité", détaille-t-il. Est-ce qu'une telle approche pourrait encore être synonyme de succès de nos jours dans la capitale fédérale? La réponse est sans appel: "Oh mon Dieu, oui".

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Universités: le blocage de Tolbiac levé après une intervention policière

ven, 04/20/2018 - 08:00

Le blocage du site universitaire parisien de Tolbiac, lieu emblématique de la mobilisation contre la réforme de l'accès à la fac, a été levé vendredi à l'issue d'une vaste opération de police lancée au petit matin.

Au moins une centaine de CRS ont pénétré à 5H00 du matin sur le site Pierre Mendes-France, une tour de 22 étages occupée depuis le 26 mars, essuyant notamment des jets de bouteilles de verre et autres projectiles dans une ambiance très tendue, a constaté une journaliste de l'AFP.

Quelques minutes avant, les occupants des lieux avaient sonné l'alarme, semant la confusion. Certains se sont retranchés à l'intérieur tandis que d'autres tentaient de s'enfuir en escaladant la grille tout en lançant des projectiles sur les forces de l'ordre, a constaté la journaliste de l'AFP.

Les abords du site, dans le XIIIe arrondissement, ont ensuite été bouclés par la police.

L'opération a pris fin vers 06H00, a annoncé la préfecture de police de Paris (PP) à l'AFP, indiquant qu'une centaine de personnes avaient quitté les lieux dans le calme. Un individu a été interpellé pour outrage et rébellion.

"On n'a pas fait acte de résistance", a confirmé à l'AFP un des occupants, cagoulé. "Perso, je dormais pas. C'est venu comme ça, ils ont pas cherché à savoir qui faisait quoi qui était qui et il y a eu des violences, des intimidations quand on nous traite de petits étudiants", a-t-il affirmé.

"On est fatigué surtout parce qu'on était dans le stress de savoir à quel moment on allait être délogés. On a eu la réponse", a-t-il ajouté.

L'opération s'est déroulée "dans le calme, aucun incident", a assuré la PP. Dans un communiqué, elle a par ailleurs relevé "des dégradations nombreuses" sur le site qui sont en cours de constatation "aux fins d?exploitation dans un cadre judiciaire".

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a salué dans un communiqué "la réussite de cette opération dans un contexte d'intervention délicat". "Désormais, le site Tolbiac sera repris par l?Université qui le fermera pour des raisons de sécurité et de remise en état, suite aux dégradations des occupants", a-t-il ajouté.

- "Capharnaüm" -

L'intervention des forces de l'ordre avait été réclamée dès le 9 avril par Georges Haddad, président de l'université Paris-1 dont dépend Tolbiac, inquiet de la situation après la découverte de cocktails molotov sur le site.

"J'ai du mal à le décrire (le site) tellement je suis consterné par l'état du centre, un vrai capharnaüm. La violence, la drogue, le sexe même", avait récemment déclaré M. Haddad sur Cnews.

La préfecture de police n'avait toutefois pas immédiatement donné suite à sa demande, invoquant une "appréciation technique". Compte-tenu de la "particularité topographique" du site, "c?est presque plus dangereux (d?intervenir) que de ne pas intervenir", avait expliqué dimanche Emmanuel Macron, lors de son interview sur BFMTV, RMC et Mediapart pour justifier la prudence de la préfecture.

Réagissant à l'évacuation, M. Haddad a fait part de son "immense soulagement".

"Je suis heureux qu'il n'y ait eu aucun blessé et je tiens à remercier tous les personnels de l'université qui se sont dévoués jour et nuit pour assurer la sécurité et la sûreté dans le centre", a-t-il ajouté sur BFMTV, affirmant qu'il comptait sur les forces de l'ordre pour "sécuriser le site" pendant la semaine de vacances qui débute lundi.

Le syndicat UNI (classé à droite), qui avait déposé plusieurs recours en justice infructueux pour contraindre les forces de l'ordre à intervenir, a lui aussi salué l'évacuation tout en espérant que "des plaintes pénales" seraient déposées pour les "dégradations et les agressions" qui auraient accompagné cette occupation.

Depuis plusieurs semaines, quatre universités sont totalement bloquées et une dizaine de sites (sur 400) perturbés pour protester contre la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), accusée par ses détracteurs d'instaurer un système de "sélection" déguisée.

Le 9 avril, des CRS étaient également intervenus à la faculté de Nanterre, autre point chaud de la mobilisation, pour lever le blocage d'un bâtiment.

A Montpellier, le tribunal administratif a ordonné mercredi aux occupants de l'université Paul-Valéry, bloquée depuis mi-février, de "libérer les lieux sans délai" mais les forces de l'ordre ne sont pas encore intervenues.

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Très contestée, la réforme de la justice présentée en Conseil des ministres

ven, 04/20/2018 - 07:55

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet présente vendredi en Conseil des ministres son vaste projet de réforme de la justice, très critiqué par avocats et magistrats, qui lui reprochent d'affaiblir les droits de la défense et de limiter l'accès au juge.

Grèves reconductibles ou "perlées", "journées mortes dans la justice" avec rassemblements autour de couronnes funéraires, puis manifestation nationale de milliers de personnes, principalement des avocats, à Paris le 11 avril: depuis février, la mobilisation contre le projet de loi de programmation pour la justice 2018-2022 ne faiblit pas.

La garde des Sceaux et le Premier ministre Edouard Philippe ont ouvert en octobre cinq grands chantiers: la simplification des procédures pénale et civile, l'organisation territoriale, la numérisation, le sens et l'efficacité des peines. Le champ de la réforme est très large.

Parmi les objectifs: "rétablir la confiance de nos concitoyens dans notre justice". "L'état de nos juridictions et de nos prisons ne répond pas aux attentes des citoyens", souligne le projet de loi.

Hasard du calendrier, la direction de l'administration pénitentiaire a annoncé jeudi un nouveau record de détenus dans les prisons françaises, avec 70.367 personnes incarcérées au 1er avril. Le taux d'occupation atteint en moyenne 118% dans les prisons, mais grimpe à 143% dans les maisons d'arrêt.

Face à une surpopulation carcérale chronique, Emmanuel Macron a annoncé une profonde réforme du système des peines, qui proscrira les détentions courtes mais assurera l'application de celles de plus d'un an, tout en multipliant les alternatives en milieu ouvert. L'objectif n'est plus de 15.000 nouvelles places de prison comme promis pendant la campagne électorale, mais de 7.000 places d'ici 2022.

Dans un pays sous constante menace jihadiste, un parquet national antiterroriste va être créé: cela permettra, selon le gouvernement, de disposer d'une "véritable force de frappe judiciaire" et de décharger le parquet de Paris "de ce contentieux lourd et spécifique".

Autre grande annonce: l'expérimentation d'un tribunal criminel départemental. A mi-chemin entre cour d'assises et tribunal correctionnel, il jugera des crimes allant jusqu'à 20 ans de réclusion. Il sera composé de magistrats uniquement et non de jurés populaires. Environ 57% des affaires actuellement jugées aux assises (sur un total de 2.000) seront concernées.

- Juge d'instruction "écarté"? -

Le projet le plus contesté est la fusion des tribunaux d'instance (TI) et de grande instance (TGI). Elle intervient dix ans après la réforme de la carte judiciaire de l'ex-ministre Rachida Dati, qui a laissé un traumatisme dans les juridictions. Les TI sont des lieux de justice de proximité, où sont jugées les affaires civiles (surendettement, loyers impayés, tutelles, etc.) pour lesquelles la demande porte sur des sommes inférieures à 10.000 euros.

Pour l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), cette fusion conduira à la suppression de plus de 300 tribunaux d'instance et de la fonction du juge d'instance. Mais la garde des Sceaux n'a cessé de le répéter: il n'y aura pas de fermeture de tribunal. Cette fusion permettra, selon la Chancellerie, de rendre "plus lisible et plus efficace" la justice civile.

Pour Céline Parisot (USM), cette analyse est "une escroquerie intellectuelle". "Des contentieux vont passer à la trappe, noyés au sein du TGI", assure-t-elle.

Pour cette magistrate, le projet de réforme "révolutionne la justice". "Au civil, on déjudiciarise" en limitant l'accès au juge, souligne-t-elle. Un exemple: la révision de la pension alimentaire sera confiée aux directeurs des Caisses d'allocations familiales (CAF), et non plus à un juge, selon une expérimentation.

La bâtonnière de Paris Marie-Aimée Peyron reconnaît avoir obtenu le retrait de dispositions, "mais il y en a tellement d'autres, attentatoires aux droits de la défense". "Tout est fait pour le parquet et la police. (...) On écarte le juge d'instruction", dénonce-t-elle. "Aujourd'hui, 5% des dossiers vont à l'instruction, et avec la réforme, il y en aura deux fois moins", assure Basile Ader, le vice-bâtonnier.

La question du budget de la justice est omniprésente. Selon l'USM, il représente 1,8% du budget public français, ce qui place la France à la 23ème place sur 28 pays dans l'Union européenne.

Le projet de loi de programmation prévoit qu'il passe de 6,7 milliards d'euros en 2017 à 8,3 milliards en 2022.

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NBA: Golden State et La Nouvelle-Orléans implacables

ven, 04/20/2018 - 07:52

Le champion en titre Golden State et La Nouvelle-Orléans ont fait un grand pas vers le 2e tour des play-offs NBA jeudi en dominant pour la troisième fois en autant de matches respectivement San Antonio (110-97) et Portland (119-102).

Les Warriors ont signé sur le parquet des Spurs leur 19e victoire lors de leurs vingt derniers matches de play-offs.

Dimanche, toujours sur le parquet de San Antonio, ils peuvent composter leur billet pour les demi-finales de conférence.

Mais les joueurs de Steve Kerr se gardaient bien de tout triomphalisme après une rencontre disputée dans un contexte difficile pour leurs adversaires: les Spurs étaient en effet privés de leur emblématique entraîneur Gregg Popovich, dont l'épouse, Erin, est décédée mercredi à l'âge de 67 ans.

"Nos joueurs peuvent être fiers de ce qu'ils ont accompli", a insisté l'Italien Ettore Messina, l'adjoint de Popovich promu entraîneur en chef en son absence.

"C'était vraiment une journée triste", a résumé Tony Parker, le meneur français de San Antonio qui a présenté les Popovich comme des parents de substitution à son arrivée dans le Texas en 2001 à 19 ans.

Lors de sa conférence de presse d'après-match, Parker n'a pas eu envie de commenter sa prestation offensive, l'une de ses meilleures de la saison avec 16 points.

- "Difficile et étrange" -

"J'ai d'autres choses en tête que le basket", a-t-il reconnu.

Même sentiment de tristesse pour Steve Kerr, ancien joueur des Spurs qui présente Popovich comme l'un de ses mentors: "C'était un match difficile et étrange, c'était bizarre de ne pas voir +Pop+ sur le banc des Spurs", a-t-il admis.

Devant son public, San Antonio a fait jeu égal avec Golden State pendant la première période, avant de lâcher prise face à l'efficacité offensive de Kevin Durant (26 pts) et Klay Thompson (19 pts).

Les Warriors, toujours privés de Stephen Curry, blessé au genou gauche depuis le 23 mars, ont fait aussi la différence avec leur agressivité en défense.

"On est en train de monter en puissance en défense, c'est ce niveau qu'il faut atteindre match après match pour viser le titre", a prévenu Draymond Green.

"Rien n'est encore fait dans cette série: les Spurs n'ont plus rien à perdre et on connaît la qualité de cette équipe", a-t-il ajouté.

- Embiid cauchemar masqué -

Mais Golden State, qui n'a pas été épargné par les blessures cette saison, a connu deux grosses frayeurs en fin de match quand tour à tour Shaun Livingtson et Kevin Durant se sont tordu une cheville et ont quitté leurs coéquipiers en boitant légèrement.

"Tout va être OK pour eux", a assuré Steve Kerr après la rencontre.

De son côté, La Nouvelle-Orléans continue de martyriser Portland qui avait pourtant abordé ces play-offs en pleine confiance en ayant terminé à la 3e place de la conférence Ouest.

Les Pélicans ont étouffé les Trail Blazers avec un premier quart-temps étincelant (36-20).

Nikola Mirotic a marqué 30 points en 30 minutes (12 sur 15 au tir) et Anthony Davis a apporté 28 points et 11 rebonds.

A l'Est, Philadelphie a repris l'avantage et mène deux victoires à une face à Miami après son succès sur le parquet du Heat (128-108).

Pour le premier match de play-offs de sa carrière, le pivot camerounais des Sixers Joel Embiid a fait souffrir Miami avec ses 23 points et sept rebonds.

"Je vais être le cauchemar du Heat", a insisté Embiid qui portait un imposant masque de protection après son opération du plancher orbital gauche fin mars.

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En Allemagne, les enfants pauvres face à un ascenseur social en panne

ven, 04/20/2018 - 07:44

En Allemagne, pour un enfant sur cinq, le "pays où il fait bon vivre" vanté par la chancelière Angela Merkel pendant sa campagne électorale est une illusion. Il grandit dans la pauvreté, avec peu de chance d'en sortir.

Il est 15 heures passées, les enfants commencent à disposer sur la table des assiettes de tomates cerises et de concombres coupés avec soin. Comme presque tous les après-midis en semaine, ils vont partager un repas qu'ils ont cuisiné dans un centre social de Lichtenberg, dans l'est de Berlin.

"On le remarque surtout chez les adolescents, beaucoup nous disent: alors quand est-ce qu'on peut enfin manger? Je n'ai rien mangé de la journée", raconte Patric Tavanti, responsable de l'établissement géré par la fondation catholique Caritas.

Leurs parents manquent de moyens financiers ou de temps pour leur assurer des repas réguliers, dit-il.

Ici, ils se sentent chez eux. "Je viens presque tous les jours", confie Leila, une adolescente. "On peut papoter, on cuisine ou on s'amuse."

- Spirale destructrice -

Dans la première puissance européenne, l'économie tourne et les caisses publiques n'ont jamais été aussi pleines.

Pourtant, environ 20% des moins de 18 ans grandissent dans une "pauvreté relative", selon le ministère de la Famille, un niveau similaire à la France où la conjoncture économique est nettement moins favorable depuis bien longtemps.

Leurs parents disposent de moins de 60% du revenu moyen des foyers allemands, c'est-à-dire moins de 1.192 euros nets mensuels pour un parent avec un enfant, et moins de 2.355 euros pour une famille avec quatre enfants.

Préoccupant dans un pays si fier d'avoir réduit le chômage à son plus bas niveau depuis la réunification allemande: plus d'un tiers des 2,8 millions d'enfants pauvres ont des parents exerçant une activité professionnelle, pointe Heinz Hilgers, président de la fédération de protection de l'enfance (Kinderschutzbund).

Au-delà de l'aspect matériel, la prise de conscience par un enfant qu'il appartient à ce cinquième défavorisé est destructrice, relève Klaus Hurrelmann, professeur à la Hertie School of Governance de Berlin.

"Toute une spirale se met alors en route: les enfants se sentent exclus, commencent à avoir honte de ne pas pouvoir participer aux excursions avec l'école ou inviter des amis à fêter leur anniversaire. Ils finissent par perdre confiance en eux, à mal travailler à l'école, car la pauvreté matérielle est aussi une pauvreté d'éducation et de culture", poursuit l'expert.

- Risque économique énorme -

"Actuellement nous n'avons qu'un adolescent qui veut passer le bac", témoigne Patric Tavanti, de Caritas.

L'école allemande peine à intégrer ces enfants issus le plus souvent de familles nombreuses d'origine étrangère ou de foyers monoparentaux.

"Nous remarquons un besoin croissant en nourriture, mais aussi en aide aux devoirs et à la lecture", explique Lars Dittebrand, responsable du Manna, un centre familial et une garderie au coeur de la Gropiusstadt, une cité berlinoise de béton qui a servi de décor au film "Moi Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée..." dans les années 80.

La sélection, qui intervient dès la fin du primaire, conduit souvent les plus défavorisés vers des filières menant à des emplois précaires.

Dénonçant dans une étude "une pauvreté qui s'hérite", la fondation Bertelsmann révélait que seule une petite minorité des foyers - entre 3 et 16% selon les catégories - parvenaient à s'extirper de leur condition.

"Des générations d'enfants pauvres deviennent des adultes pauvres et des parents pauvres", déplore ainsi Heinz Hilgers. Un gâchis humain et un "risque économique énorme" dans une Allemagne vieillissante, prévient-il.

- Faire son chemin -

Le nouveau gouvernement de "grande coalition" réunissant les conservateurs d'Angela Merkel et les sociaux-démocrates a promis un ensemble d'aides, dont une augmentation de l'allocation familiale, davantage de garderies et d'écoles offrant des cours sur toute la journée pour faciliter aux mères un accès à l'emploi.

Mais pour Lisa Paus, députée écologiste de Berlin, rien ne s'améliorera tant que le système fiscal datant de l'immédiate après-guerre ne sera pas réformé. Il avantage les couples aux salaires divergents, le moins élevé étant en général celui de la femme dont le rôle était essentiellement de s'occuper des enfants.

Les temps ont toutefois changé et "la pauvreté arrive souvent quand les couples se défont", explique la députée, pointant l'insuffisance du soutien aux familles monoparentales.

De fait, 45% des enfants élevés par un seul parent, généralement leur mère, vivent dans une pauvreté relative.

Un vrai progrès serait l'institution d'un revenu de base pour tous les enfants, jugent certains des acteurs interrogés. Une idée onéreuse que le nouvel exécutif, attaché au sacro-saint équilibre du budget, est loin d'envisager.

La ministre de la Famille a annoncé une loi pour l'été visant à renforcer les structures d'accueil destinées aux tout-petits.

"Chaque enfant doit pouvoir faire son chemin, peu importe de quel foyer il vient", proclame la sociale-démocrate Franziska Giffey, qui a fait ses armes comme maire d'un quartier berlinois à problèmes.

Lars Dittebrand, de l'organisme caritatif Ordre de Malte, a bon espoir que la ministre fasse bouger les choses au niveau national. "Tant pis si ça sonne comme une évidence, mais les enfants d'aujourd'hui sont les travailleurs de demain (...) et ce n'est pas là qu'il faut économiser."

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L'Akita, le chien japonais qui a conquis les coeurs étrangers

ven, 04/20/2018 - 07:40

Qu'ont en commun l'acteur américain Richard Gere, l'icône française du cinéma Alain Delon et la jeune patineuse russe Alina Zagitova? Ce sont tous des amoureux des chiens Akita, une race japonaise qui suscite un engouement croissant dans le monde entier.

Ces dernières années, le nombre de propriétaires étrangers de ces chiens aux airs de husky roux a bondi, dépassant même la demande nationale.

Et la renommée de cette espèce s'est encore accrue en début d'année lorsqu'Alina Zagitova a proclamé son amour pour ces chiens après en avoir aperçu alors qu'elle s'entraînait dans l'archipel. Dans la foulée, des responsables locaux lui ont promis de lui en offrir un.

Cet enthousiasme n'étonne pas Osamu Yamaguchi, 64 ans, éleveur de chiens Akita à Takasaki, dans la région de Gunma (nord-ouest de Tokyo).

"Mes clients étaient auparavant pour moitié Japonais et pour moitié étrangers, mais récemment le nombre d'étrangers a augmenté", raconte-t-il à l'AFP dans son jardin, où il élève une vingtaine de chiens.

Selon les chiffres de l'Association de préservation du chien Akita, le nombre d'animaux répertoriés comme ayant des propriétaires étrangers était de 33 en 2005, 359 en 2013 et 3.967 l'an dernier.

Longtemps élevés pour la chasse, ces chiens doivent leur nom à la région du nord du Japon dont ils sont originaires. Ils sont grands, mesurant entre 60 et 70 centimètres et pesant entre 40 et 50 kg, avec des oreilles bien droites, des yeux un peu enfoncés et une tête pouvant évoquer celle d'un ours.

- 'Trésor naturel' -

C'est une des six races japonaises reconnues officiellement comme "Trésor naturel" du pays.

Si le Shiba, de plus petite taille, reste très populaire, à la fois dans l'archipel et ailleurs, les Japonais se sont peu à peu détournés de l'Akita, avec moins de 3.000 nouveaux canidés enregistrés par an ces dix dernières années, contre 40.000 dans les années 1970.

"Beaucoup de gens voudraient en avoir un mais ils ne peuvent pas parce que le règlement de leur immeuble l'interdit ou parce qu'ils vivent dans un endroit trop petit", explique Kosuke Kawakita, responsable de l'antenne de Tokyo de l'Association de préservation du chien Akita.

Les étrangers ont pris la relève et Osamu Yamaguchi effectue environ 20 voyages par an pour livrer en personne ses Akitas, vendus autour de 200.000 yens (1.500 euros), surtout aux Etats-Unis, en Russie, en Chine, mais aussi en France, en Egypte, au Koweït ou en Indonésie.

Selon lui, ce chien est apprécié pour sa "sensibilité". "Il comprend comment vous vous sentez, rien qu'en étant près de vous, et il est loyal".

Les Japonais connaissent tous l'histoire vraie de Hachiko, un chien Akita qui, dans les années 1920, attendait chaque jour que son maître revienne du travail à la gare de Shibuya à Tokyo. Un jour, son maître est mort durant un de ses cours à l'université impériale de Tokyo, mais le chien a continué à l'attendre devant la gare pendant dix ans.

Une statue de Hachiko trône aujourd'hui à Shibuya, et il a inspiré un film en 2009, avec Richard Gere dans le rôle du professeur.

"La race Akita est devenue très populaire" partout dans le monde après ce film, souligne Kosuke Kawakita, qui a possédé lui-même plus de 30 chiens en quelque soixante ans.

Le gouverneur d'Akita en a par exemple offert un au président russe Vladimir Poutine. Et en Chine, ils sont devenus tellement recherchés que des magasins vendent de "faux Akitas", en falsifiant les certificats de pedigree, ajoute-t-il.

Osamu Yamaguchi espère que le Japon continuera d'élever des Akitas, malgré le moindre engouement des Japonais. Il s'inquiète de les voir disparaître "si leur pays d'origine arrête de les produire".

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Violences urbaines à Toulouse: 13 émeutiers jugés en comparution immédiate

ven, 04/20/2018 - 07:40

Trois personnes interpellées dans la nuit de mardi à mercredi dans le cadre des violences urbaines qui se sont déroulées dans le quartier du Grand Mirail à Toulouse, seront jugées vendredi en comparution immédiate, a indiqué jeudi soir le parquet.

Des comparutions qui s'ajoutent à dix autres dossiers de personnes interpellées lundi et qui comparaitront à la même audience, pour ces échauffourées qui opposent depuis dimanche des jeunes de ce quartier à la police.

Le procureur de la République de Toulouse a précisé dans un communiqué de presse que trois autres individus arrêtés mardi ont fait l'objet d'une mesure de travail non rémunéré pour l'un, d'une condamnation à trois mois d'emprisonnement ferme et confiscation de son véhicule dans le cadre d'une procédure de CRPC (plaider-coupable) pour un autre, et d'une remise en liberté pour le dernier.

Le parquet précise "(qu')un mineur est toujours en garde à vue" pour des faits commis dans la nuit de mercredi à jeudi.

En outre, le procureur souligne que décès d'un second détenu à l'hôpital, fait "susceptibles d'être à l'origine de ces violences urbaines", serait dû à un suicide. Une autopsie sera pratiquée vendredi.

Le quartier du Grand Mirail a été secoué par des violences urbaines depuis dimanche.

Ces évènements font suite à la mort samedi, probablement par suicide, d'un premier détenu originaire du Mirail et à l'interpellation dimanche dans le quartier d'une femme en burqa.

Une rumeur circule selon laquelle des gardiens de la prison de Seysses, au sud de Toulouse, seraient responsables du décès samedi du détenu, originaire du quartier.

Mercredi, un premier émeutier, un jeune homme de 18 ans poursuivi pour avoir jeté une pierre sur un véhicule de police, a été condamné à six mois de prison, dont trois avec sursis, sans mandat de dépôt.

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La crise grecque s'invite à la réunion du FMI

ven, 04/20/2018 - 07:39

Huit années après son déclenchement, la crise grecque s'est encore invitée aux réunions du FMI à Washington, avec des spéculations sur la fin du programme d'aide à ce pays européen et la sempiternelle question de la poursuite de la participation du Fonds.

A un moment où l'Europe renoue avec une croissance solide, la question de la crise grecque aurait pu passer inaperçue à Washington, la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, ayant elle-même reconnu jeudi que "le peuple grec avait traversé huit années de mise en oeuvre de mesures très difficiles", lors de la conférence de presse d'ouverture des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale.

Mais les révélations du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, qui a affirmé que les créditeurs du pays méditerranéen envisageaient de prolonger le plan d'aide au pays méditerranéen, ont relancé les spéculations. Une telle prolongation ouvrirait la porte à de nouvelles conditions imposées à Athènes pour conclure le troisième programme, qui devrait pourtant s'achever le 20 août.

Le commissaire européen Pierre Moscovici a rejeté avec force cette possibilité. "La date du 20 (août) est totalement maintenue", a-t-il affirmé dans un entretien à l'AFP en marge des réunions du FMI, appelant à cesser de "laisser planer des incertitudes ou des doutes qui n'ont vraiment pas lieu d'être".

Interrogé sur la possibilité de prolonger le plan d'aide au-delà de cette échéance, M. Moscovici a répondu: "Il n'en est pas question (...). C'est la seule date que l'on doit avoir en tête, la seule qui mobilise", a-t-il souligné.

"J'ajoute que je la crois crédible, réaliste et que pour moi, il n'y a pas d'autre scénario que cette sortie réussie et à temps du programme grec", a-t-il insisté.

- Symbolique -

Pour le commissaire européen, la fin du plan d'aide à la Grèce aurait aussi une valeur symbolique pour l'ensemble de la zone euro: "Finir le programme grec serait un symbole que nous avons mis la crise derrière nous. Et puis, surtout pour les Grecs, ce sera la bonne nouvelle que ce pays est lui aussi sorti de sa crise et est capable de créer de la croissance et de l'emploi".

Le ministre grec de l'Economie, Yannis Dragasakis, a également écarté un nouveau retard. "La question d'une prolongation du programme ne se pose pas, il se termine en août", a-t-il affirmé sur une radio grecque.

La veille, le Premier ministre Alexis Tsipras avait estimé de son côté que son pays se trouvait dans "la dernière ligne droite" pour sortir de "la tutelle" de ses créanciers en août.

Reste la question du maintien du soutien du FMI qui se pose lors de chaque réunion et surtout comment. "Le FMI est prêt à continuer à soutenir la Grèce (...) et nous ferons tout ce que nous pouvons en accord avec nos principes", a répété Mme Lagarde.

Comme l'a encore rappelé mardi le chef économiste du Fonds, Maurice Obstfeld, l'institution souhaite "une réduction de la dette grecque". Or, les Européens ne veulent entendre parler que d'un rééchelonnement de la dette sur une période plus longue.

"Nous partageons avec le FMI l'idée que la dette grecque dans la durée doit être réduite. C'est un objectif commun et nous allons continuer de discuter des meilleures manières d'y parvenir", a expliqué Pierre Moscovici.

Depuis 2010, la Grèce a bénéficié de trois prêts internationaux de plus de 300 milliards d'euros au total ainsi que d'une restructuration importante de sa dette privée, l'ensemble assorti d'une stricte austérité ayant entraîné une récession inédite et l'explosion du chômage, qui reste encore le plus élevé de la zone euro (21%).

Ce n'est qu'en 2017 que le pays a renoué avec la croissance (1,4%) après avoir perdu un quart de son produit intérieur brut (PIB).

Le programme d'aide du troisième prêt international accordé au pays en juillet 2015, six mois après l'arrivée au pouvoir d'Alexis Tsipras, chef du parti de gauche Syriza, doit prendre fin en août. Mais il reste encore l'adoption d'un dernier volet de réformes réclamées par les créanciers.

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