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Mis à jour : il y a 43 min 19 sec

Macron en "terre de conquête" au salon de l'Agriculture

sam, 02/24/2018 - 11:05

Emmanuel Macron s'est dit convaincu que l'agriculture française était une "terre de conquête" samedi au 55e salon du secteur, où il a été accueilli par des sifflets mais aussi des applaudissements, illustration des tensions actuelles au sein d'un monde paysan en pleine réorganisation.

Les incertitudes portent notamment sur l'avenir de la politique agricole commune (PAC), dont la France est l'un des principaux bénéficiaires, après le départ du Royaume-Uni en 2020. Vendredi à Bruxelles, les dirigeants européens ont fait le constat de leurs divisions sur le sujet.

"On est là pour faire le point sur les professions, le financement, le modèle social, la recherche, préparer les prochaines échéances (notamment) le schéma de la PAC à venir, clarifier les choses, donner de la visibilité à ceux qui vont bénéficier des aides et clarifier les impacts sur les financements des uns et des autres", a dit le président, arrivé dès 07H45 au salon, lors d'une première réunion, à huis-clos, avec les acteurs institutionnels de l'agriculture.

Il doit aussi rencontrer dans la journée le Commissaire européen à l'Agriculture Phil Hogan, présent Porte de Versailles.

"Je sais l'importance qu'a notre agriculture, je sais les attentes, les angoisses et la souffrance sur le terrain. Je suis convaincu qu'il y a un avenir certain pour notre agriculture mais à inventer ensemble, il y a des décisions difficiles à prendre dans certains secteurs. L'agriculture française est aussi une terre de conquête, il y a beaucoup de choses à faire", a ajouté Emmanuel Macron dans son propos liminaire, auquel la presse a pu accéder.

- Sifflets et applaudissements -

Le président est ensuite allé à la rencontre des exposants, arrivant vers 09H30 dans le hall hébergeant la vache Aubrac "Haute", égérie du salon, et l'ensemble des animaux. Il a initialement été accueilli par des agriculteurs déguisés, des bousculades, et des applaudissements, ont constaté deux journalistes de l'AFP.

"Je suis heureux de passer la journée avec des passionnés" a-t-il dit lors de sa rencontre avec Thibault Dijols, l'éleveur de Haute, venu d'Aveyron. "Elle n'est pas farouche, c'est incroyable on dirait presque qu'elle cherche la caresse", a-t-il commenté après avoir caressé le museau de la vache.

Plus loin, il a toutefois été sifflé pendant plusieurs minutes par des membres des Jeunes agriculteurs, qui ont brandi des T-shirts portant l'inscription "Attention agriculteurs en colère".

Avant l'inauguration, l'Elysée avait fait savoir que M. Macron se déplaçait toujours avec plusieurs costumes de rechange. L'an passé, l'encore candidat à l'Elysée avait reçu un oeuf sur l'épaule, dont il avait plaisanté, affirmant que le jet de projectile relevait du folklore du salon.

Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, présent à la réunion du matin, a indiqué à l'AFP qu'il avait surtout fait passer le message selon lequel les "agriculteurs se sentent abandonnés, qu'ils en ont assez des discours et demandent des actes".

Pour déminer le terrain, le président expliqué jeudi à 700 jeunes agriculteurs reçus à l'Elysée sa vision de l'agriculture de l'avenir: il veut la réorganiser en "filières" pour tenter de garantir sa rentabilité tout en la sortant de sa dépendance aux fonds publics européens.

Il a aussi laissé entrevoir le lancement d'un système de "préretraites agricoles avec une sortie progressive de l'activité", afin de permettre à un jeune de prendre la suite de ses parents.

L'Europe n'est pas le seul souci des agriculteurs français. Les éleveurs craignent notamment l'importation à taux réduit en Europe de 70.000 tonnes de viande bovine sud-américaine par an, à droits de douane réduits si l'Europe signe un accord commercial avec les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay).

La FNSEA estime que la France risque "de perdre 20 à 25.000 exploitations" si l'Europe signe ces accords.

Les inquiétudes sont d'autant plus fortes que les paysans français peinent à gagner leur vie de leur travail en raison de la guerre des prix impulsée par la grande distribution.

"Il y aura des contrôles, regardez moi bien dans les yeux, il y aura des contrôles et des résultats concrets" a promis M. Macron à agriculteur déguisé en vache qui se plaignait de "la grande distribution qui se moque de nous".

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Attentats à Mogadiscio: le bilan monte à 38 morts

sam, 02/24/2018 - 11:00

Au moins 38 personnes ont été tuées vendredi dans deux attentats à la voiture piégée qui ont visé le palais présidentiel et un hôtel de la capitale somalienne Mogadiscio, ont indiqué samedi à l'AFP les services de secours somaliens.

"Nous avons au moins 38 morts", a affirmé Abdukadir Abdurahman Aden, du service des ambulances Amin qui avait fait état la veille d'un premier bilan provisoire de 18 morts.

La première explosion, suivie par des tirs d'armes autmatiques, a frappé un poste de contrôle près de Villa Somalia, le siège du gouvernement, tandis que peu après une deuxième explosion visait un hôtel proche, le Doorbin.

"Je peux confirmer qu'une attaque s'est produite à proximité du palais présidentiel", a déclaré un officier de police somalien, Ibrahim Mohamed. "Une autre voiture chargée d'explosifs a détonné près d'un hôtel récemment ouvert".

Selon un officier de sécurité, Abdulahi Ahmed, cinq des assaillants ont été tués par les forces de l'ordre et "la situation est revenue à la normale".

Le groupe jihadiste somalien des shebab, affilié à Al-Qaïda, a revendiqué ces attaques dans un communiqué publié sur internet, affirmant qu'elles avaient visé le gouvernement et les services de sécurité.

Les shebab tentent depuis 2007 de renverser le fragile gouvernement central somalien, soutenu par la communauté internationale et par les plus de 20.000 hommes de la force de l'Union africaine, venus d'Ouganda, du Burundi, de Djibouti, du Kenya et d'Ethiopie.

Chassés de Mogadiscio en août 2011, les shebab ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, jusque dans la capitale Mogadiscio, et contre des bases militaires, somaliennes ou étrangères.

Même s'ils ne l'ont pas revendiqué, ils ont été rendus responsables de l'attentat au camion piégé du 14 octobre dans le centre de Mogadiscio, le plus meurtrier de l'histoire de la Somalie, qui a fait au moins 512 morts.

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JO-2018: Fourcade se "projette sur les deux prochaines années"

sam, 02/24/2018 - 10:55

Le quintuple champion olympique de biathlon Martin Fourcade, interrogé samedi par l'AFP sur la suite de sa carrière, a déclaré se "projeter sur les deux prochaines années".

"Je me projette sur les deux prochaines années, a-t-il expliqué. Je pense avoir l'énergie au fond de moi, et l'envie, pour continuer à être sur le devant de la scène dans mon sport, comme je le fais depuis 8 ans. C'est une belle aventure, je n'ai pas tout vécu et il y a encore de super choses à aller chercher."

Fourcade, âgé de 29 ans et devenu à Pyeongchang l'athlète français le plus titré de l'Histoire aux JO (5 médailles d'or), a toutefois précisé qu'il allait faire le point après les Jeux avec sa famille et l'encadrement de l'équipe de France.

"J'ai besoin de rentrer, de prendre mes petites filles dans mes bras et de faire un bilan de la saison avec mon staff, de savoir qui repart, qui ne repart pas, a-t-il affirmé. J'ai beaucoup répété que c'était une aventure humaine et que c'étaient des choix qui ne se prenaient pas tout seul."

Interrogé pour savoir si une possible organisation en France des Mondiaux de biathlon en 2021 pourrait le pousser à poursuivre sa carrière, Fourcade a répondu que "ce serait un paramètre " dont il "prendr(ait) forcément énormément compte".

"Après, je pense qu'il y a des choses à faire en France avant de candidater pour des Mondiaux, a-t-il ensuite nuancé. On est une nation sportive qui mérite beaucoup plus qu'une étape de Coupe du monde tous les deux ans. Mais on ne fait pas tout pour l'obtenir, on n'a pas de stade de biathlon pérenne et ce sont des choses qui comptent au moment de faire les choix. On a eu une réussite populaire sur la Coupe du monde (organisée en décembre au Grand-Bornand, ndlr) avec une qualité d'accueil et d'organisation, mais ça ne peut pas être une semaine tous les deux ans. Cela ne marche pas comme ça."

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Emmanuel Macron sifflé par des agriculteurs au salon de l'Agriculture

sam, 02/24/2018 - 10:40

Emmanuel Macron s'est fait siffler pendant plusieurs minutes samedi au salon de l'Agriculture, qu'il visite pour la première fois en tant que président de la République, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les sifflets émanaient de jeunes agriculteurs qui ont brandi des T-shirts portant l'inscription "Attention agriculteurs en colère". Plus tôt, le président avait déjà été accueilli par des agriculteurs déguisés, mais aussi par des applaudissements.

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Italie: l'extrême droite portée par les tensions sociales et raciales

sam, 02/24/2018 - 10:37

Des partis en plein essor, des groupuscules toujours plus actifs: l'extrême droite a le vent en poupe en Italie, portée par les tensions autour des migrants et un engagement sur le terrain auprès de populations qui se sentent abandonnées.

La nuit tombe sur la place Vittorio, dans le quartier multiethnique Esquilino de Rome. Une cinquantaine d'hommes agitent des drapeaux italiens, mais aussi un autre, rouge vif frappé d'une tortue noire. Ils déploient en silence une banderole: "Viols, vols, violences, assez de dégradations".

Voici CasaPound, un mouvement néofasciste né dans le quartier il y 15 ans et devenu l'un des nombreux partis anti-immigration en course pour les élections législatives du 4 mars.

Dans la troisième économie de la zone euro, des millions d'Italiens et d'étrangers, en situation régulière ou non, vivent toujours sous le seuil de pauvreté après la crise de 2008, et les tensions sociales sont vives.

Même si la criminalité est en baisse depuis des années, des faits divers comme l'agression sexuelle attribuée à un Sénégalais contre une femme SDF la semaine dernière à l'Esquilino ajoutent des tensions raciales dans un pays qui voit débarquer chaque mois des milliers de migrants africains.

"Les Italiens ne peuvent plus se promener tranquilles dans cette zone, parce que tous les étrangers qui débarquent se retrouvent ici", explique Carlomanno Adinolfi, un militant de 35 ans.

"Je ne me sens plus en sécurité quand je marche seule le soir", renchérit Giuliana, une habitante de l'Esquilino de 48 ans. "Je n'ai rien contre les étrangers, je veux juste que l'immigration soit contrôlée, ceux avec un casier judiciaire doivent être renvoyés, mais notre Etat ne s'en occupe pas".

La ronde de nuit de CasaPound n'est cependant pas du goût de tout le monde. "Ils sont dangereux parce que leur programme exclut toute une série de personnes considérées comme +différentes+ et cela crée des divisions qui nuisent à tout le monde", explique Michele Vacca, 32 ans, qui vit aussi dans le quartier.

Surfant sur les tensions sociales et raciales, la Ligue et Fratelli d'Italia, deux partis d'extrême droite alliés à la droite de Silvio Berlusconi, avoisinent les 20% au total dans les intentions de vote selon les sondages.

Parallèlement, l'audience des groupes néofascistes comme CasaPound ou Forza Nuova ne fait que croître, galvanisée par une décision de la cour de Cassation cette semaine établissant que le salut fasciste n'était pas un délit.

S'ils semblent encore loin du seuil de 3% nécessaire pour entrer au Parlement, ils ont obtenu des élus locaux dans plusieurs régions, essentiellement grâce à leur travail sur le terrain dans les quartiers défavorisés.

"A travers l'aide, nous nous sommes fait des amis", explique un militant, Alessandro Calvo, autour d'un grand plat de pâtes préparées par CasaPound, malgré la pluie, pour les habitants du quartier de Monteverde, toujours à Rome.

"Je suis au chômage. J'attends encore de recevoir mes allocations, ça prend du temps en Italie et dans l'intervalle je me suis retrouvée absolument sans rien", raconte Ana Maria, une mère de famille de 38 ans.

"CasaPound me donne de la nourriture et organise des activités pour nos enfants", ajoute-t-elle en essuyant une larme. "C'est très important, cela crée un esprit de communauté qui avait disparu".

Pour Paola Menagat, une femme de ménage, c'est un soutien juridique apporté par les militants à une jeune fille que la police voulait expulser d'un logement squatté qui a tout changé.

Ravie d'avoir trouvé "une famille", elle est devenue militante, d'abord avec une poignée d'habitants du quartier et maintenant avec plus de 50 personnes.

"Quand l'Etat vous abandonne, il faut trouver la force de faire face soi-même, et avec CasaPound, on n'est jamais seul", explique-t-elle.

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JO-2018: "Fier d'avoir embarqué beaucoup de Français dans cette aventure", déclare Fourcade

sam, 02/24/2018 - 10:34

Héros des JO-2018 avec trois titres, le quintuple champion olympique de biathlon Martin Fourcade s'est dit "fier d'avoir embarqué beaucoup de Français" avec ses exploits, samedi dans un entretien accordé à l'AFP.

Q: Quel bilan tirez-vous de ces Jeux?

Q: "Le bilan est excellent. Il y a eu une petite déception sur le relais hommes (5e, NDLR), comme il y en a en sport et forcément dans une olympiade. Mais j'étais venu pour un titre, je repars avec trois, donc c'est forcément beaucoup de plaisir. Ce qui est frustrant, c'est de finir les Jeux sur le relais. Il y a un sentiment d'inachevé, surtout parce que c'est la dernière course. Mais mine de rien, arriver à attraper l'or par équipes, ça a été une énorme satisfaction sur le relais mixte. C'était aussi un de mes objectifs principaux sur ces Jeux et je suis très fier de l'avoir fait."

Q: Avez-vous des regrets sur les deux courses individuelles qui se jouent à quelques millimètres (le sprint et l'Individuel)?

R: "Il y a forcément des regrets, de la frustration, qui sont cependant bien différents. Sur le sprint, c'est la sensation de n'avoir pas bénéficié des conditions optimales. C'est bien sûr une déception de ne pas avoir réussi à en jouer. J'ai malgré cela réussi à hisser mon niveau et à réaliser une course magnifique, mais qui n'est pas payante, parce qu'il y a ces trois erreurs au tir couché pour quelques millimètres. Il reste encore beaucoup de colère sur l'Individuel, parce que j'avais fait le travail, j'étais le seul athlète à décider du résultat de la course. Sur une faute d'inattention et d'énergie, je ne parviens pas à terminer le travail. Après, on ne va pas réécrire l'histoire. Bien sûr qu'en regardant en arrière, je me dis que pour quelques millimètres, j'étais cinq fois champion olympique sur ces Jeux, c'était de l'inédit. Mais pour quelques millimètres aussi, j'aurais pu rentrer bredouille, comme de nombreux athlètes l'ont fait."

Q: Avez-vous eu conscience de l'impact de vos résultats en France et d'avoir marqué l'Histoire du sport tricolore?

R: "On m'en parle beaucoup, donc c'est quelque chose que je prends en considération. Pour moi, c'est une très grande fierté de le faire, parce que beaucoup ont eu cette chance avant moi et personne n'y était arrivé. Mais il y a certains athlètes qui n'ont pas cette chance de pouvoir concourir pour cinq titres olympiques parce que leur discipline ne le permet pas. Il y en a d'autres pour lesquels c'est facile d'en conquérir encore plus et qui ne l'ont pas fait. Chaque sport a ses forces et ses faiblesses, ses facilités et ses difficultés. J'ai conscience de la chance que j'ai de pouvoir rebondir et d'avoir plusieurs chances sur une même olympiade."

Q: Appartenir désormais à un cercle très fermé de sportifs de légende comme Killy, Estanguet, Riner, Pérec, qu'est-ce que cela représente pour vous?

R: "C'est une immense fierté. Au-delà des qualités sportives et des carrières exceptionnelles, ce sont des personnes qui ont une aura, qui n'est pas seulement due à un résultat. Je suis très heureux que l'on me compare à eux dans ce sens-là. J'essaie de prendre ça avec beaucoup de recul et d'humilité. Je sens que ça a changé beaucoup de choses, ne serait-ce que dans ma perception du sportif. Même sur une échelle internationale, jusqu'à l'an dernier, j'étais un double champion olympique comme il y en a beaucoup. Aujourd'hui, je suis l'athlète le plus titré du sport français et à l'international, c'est quelque chose qui est reconnu par le CIO."

Q: Vos performances ont suscité un engouement extraordinaire en France avec de fortes audiences à la télévision (plus de 6 millions de téléspectateurs sur la mass start). Qu'est-ce que cela vous inspire?

R: "J'en suis extrêmement heureux, d'autant plus que ce n'était pas un créneau horaire idéal. Je suis fier d'avoir embarqué beaucoup de Français dans cette aventure. Je n'ai jamais été en manque de reconnaissance. Au début, j'étais frustré d'avoir l'impression que le biathlon et mes résultats n'étaient pas reconnus à leur juste valeur, jusqu'en 2012-2013. Et puis je crois que le moment où j'ai commencé à me moquer un peu de ça, c'est là où ça a un peu explosé avec les Jeux olympiques de Sotchi. Ensuite, j'ai toujours fait les efforts pour que beaucoup de monde embarque dans cette aventure. C'est un sport que j'adore, et je trouve qu'il y a une belle histoire à écrire. Je trouvais que l'on ne nous donnait pas notre chance. Mais le fait d'avoir plus de médailles que Tony Estanguet ou Jean-Claude Killy, ce n'est pas un moteur chez moi, et ce n'est pas quelque chose que je mets en avant. Je ne mets pas une carte de visite avec marqué +Martin Fourcade cinq fois champion olympique+. J'ai la légion d'honneur, et je ne l'ai jamais affichée. Je n'ai pas envie d'être connu, mais j'ai envie d'être reconnu pour le travail que je fais. Finalement, que l'on fasse du biathlon ou que ce soit la balle de match en tennis à Roland-Garros, c'est le même schéma. Je pense que le fait que les Français se penchent sur le biathlon, ça va au-delà du fait que je gagne des médailles."

Q: Après autant d'efforts, craignez-vous l'impact sur la fin de saison et votre duel avec Johannes Boe pour le gain d'une 7e Coupe du monde d'affilée?

R "Si ça devait être demain, je serais un peu inquiet. Mais il me reste dix jours pour me remettre dans une démarche de très haute performance après un petit break. J'ai réussi à élever mon niveau sur ces Jeux par rapport au début de saison, à faire un écart assez important par rapport à Johannes. J'ai bon espoir d'arriver à le refaire et à rééditer ces performances sur la fin de saison, même si je sais que ce sera très difficile".

Propos recueillis par Keyvan NARAGHI et Thomas BACH.

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Afghanistan: attentats en série contre des objectifs gouvernementaux

sam, 02/24/2018 - 10:22

Quatre attentats dont trois revendiqués par les talibans ont visé samedi les forces gouvernementales afghanes faisant au moins 23 morts et plus d'une vingtaine de blessés, un mois après une série sanglante fin janvier qui avait particulièrement ciblé les civils.

Base militaire, siège de la police et QG des services de renseignements afghans (NDS) ont été tour à tour frappés par des assaillants ou des attentats-suicide, à Kaboul et en province en l'espace de quelques heures.

Hormis l'attentat contre le siège du NDS à Kaboul perpétré par un kamikaze à pied, les autres opérations ont été revendiquées par les talibans sur leur compte Twitter.

A Kaboul, trois personnes sont mortes et cinq ont été blessées parmi les employés du NDS, selon un dernier bilan du ministère de l'Intérieur. Cet attentat n'a pas été revendiqué.

Le kamikaze, arrivé à pied, a franchi sans encombre le dernier point de contrôle et déclenché sa charge devant l'entrée principale.

Selon le porte-parole adjoint du ministère de l'Intérieur Nasrat Rahimi, "l'homme était bien habillé et portait une cravate", une nouvelle tactique pour échapper aux contrôles. Il a été intercepté par un employé du NDS à l'entrée du bâtiment.

L'attentat s'est produit en pleine heure de pointe, vers 8H30 (4H00 GMT) et n'avait pas été revendiqué plus de cinq heures plus tard.

Le barrage qui garde l'accès au NDS ainsi qu'à plusieurs ministères dont celui de la Défense, avait déjà été visé le 25 décembre 2017 par un attentat-suicide qui avait fait six morts, revendiqué alors par le groupe jihadiste Etat islamique.

La série avait commencé dans la nuit, dans la province de Farah dans l'ouest, frontalière de l'Iran, quand au moins dix-huit soldats ont été tués dans l'assaut nocturne de leur base à Bala Buluk par un groupe de talibans. Deux autres ont été blessés, selon le porte-parole du ministère de la Défense, le général Daulat Waziri, qui a annoncé l'envoi de renforts sur place.

- Assaut nocturne -

L'assaut s'est produit au coeur de la nuit, vers 2h00 du matin, dans ce district isolé aux confins du Helmand et de la province de Herat.

Les talibans ont revendiqué l'opération sur leur compte Twitter, évoquant "vingt soldats tués et deux enlevés".

Les talibans, principal groupe insurgé d'Afghanistan en lutte contre le gouvernement soutenu par les Etats-Unis et les forces occidentales de l'Otan, ont également visé deux positions du NDS et de l'armée dans le Helmand, leur place-forte dans le sud dont ils contrôlent dix des quatorze districts - et les champs de pavot, qui fournissent près de la moitié de l'opium afghan.

Ces deux attentats-suicide ont fait deux morts et sept blessés parmi les soldats ainsi que sept blessés dans l'enceinte du NDS.

Pour la première de ces attaques, dans le district de Nad Ali repris il y a quelques mois par l'armée afghane, les insurgés ont lancé un Humvee bourré d'explosifs contre la base militaire mais "le véhicule a été repéré par les soldats qui l'ont détruit avec un tir de RPG (lance-roquettes)" avant qu'il puisse atteindre son but, a rapporté à l'AFP le porte-parole provincial Omar Zawak.

Les talibans s'étaient emparés de plusieurs dizaines de Humvees de l'armée afghane à l'automne 2016, lors de combats qui avaient occasionné de nombreuses désertions et redditions dans les rangs pro-gouvernementaux.

Depuis, les forces américaines ont lancé plusieurs raids aériens pour détruire ces Humvees, régulièrement utilisés pour conduire des attentats-suicide.

Peu après cette première opération, une autre voiture-suicide a explosé contre le mur d'enceinte des bureaux du NDS dans la capitale provinciale du Helmand, Lashkar Gah, faisant huit blessés, selon le porte-parole de la police du Helmand Salaam Afghan joint par l'AFP.

L'Afghanistan a connu fin janvier une série de quatre attaques en une semaine, dont trois à Kaboul qui ont fait plus de 130 morts et 250 blessés.

Depuis, la zone diplomatique et les rues abritant des bâtiments officiels vivent en état de siège avec une multiplication des barrages, de nombreux axes bloqués et un trafic congestionné. Cette situation oblige beaucoup de Kaboulis à abandonner leur voiture et renforce la peur d'attentats au milieu de la circulation.

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JO-2018: Ledecka se dédouble et entre dans la légende

sam, 02/24/2018 - 10:20

L'exploit de ces Jeux ? Victorieuse sur les skis il y a une semaine lors du super-G, la Tchèque Ester Ledecka s'est encore imposée samedi en géant parallèle mais cette fois en snowboard, une performance unique dans l'histoire des JO d'hiver.

Unique car Ledecka est la première femme à gagner deux titres olympiques dans deux sports différents lors des mêmes JO. Dans les années 1920, deux Norvégiens, Johan Gröttumsbraten et Thorleif Haug, avaient réussi une performance similaire mais dans deux sports "cousins", le ski de fond et le combiné nordique.

Et chez les femmes, la Soviétique puis Russe Anfisa Reztsova avait réussi un mélange rare (biathlon et ski de fond), mais sur plusieurs JO (1988, 1992, 1994).

La superstar des Jeux ? "Je ne me sens pas comme ça. Mais ça sonne bien, c'est sûr", a plaisanté la Tchèque, qui comme il y a une semaine avait gardé son masque de ski pour la conférence de presse.

La surprise avait été immense il y a une semaine quand Ledecka avait déboulé avec son dossard 26 pour éjecter Anna Veith de la première marche du podium du super-G. Mais samedi, sa domination a été comme prévu totale sur son snowboard, sa discipline "forte".

Meilleur temps des qualifications, Ledecka a ensuite contrôlé chacune de ses manches, des 8e de finale jusqu'à la finale, et elle a finalement moins tremblé pour s'imposer que l'écureuil qui a frôlé la planche de l'Autrichienne Ulbing, et la catastrophe, lors d'un 8e de finale.

- Retrouver la snowboardeuse -

"Ca a été difficile de me transformer en snowboardeuse", a tout de même raconté la Tchèque. "Encore hier à l'entraînement, ça n'allait pas. Mais aujourd'hui j'ai retrouvé la snowboardeuse en moi."

Interrogée sur la suite de sa carrière, la double championne olympique n'a pas donné d'indications précises mais a laissé entendre qu'elle pourrait continuer dans les deux disciplines.

"Je peux me pousser plus loin. Je fais encore beaucoup de fautes en ski et même en snowboard. Et je veux m'améliorer encore", a-t-elle dit. "Mon plan c'est d'écouter mon coeur, donc pour l'instant je pense que je vais continuer les deux parce que j'aime les deux".

La performance de la Tchèque a en tout cas suscité l'admiration du Français Sylvain Dufour, quatrième de l'épreuve masculine.

"C'est génial ce qu'elle a fait. Claquer du ski et du snowboard c'est historique. Je n'ai pas de mots pour décrire ce qu'elle a fait. C'est +oufissime+. C'est une bête de détermination, de physique et de mental", a-t-il déclaré.

- 'Mourir sur la piste' -

Avant le début des Jeux, le Français avait également expliqué qu'il existait des "passerelles" entre le slalom géant et le super-G sur deux skis et le géant sur une planche.

"De toute évidence, elle a montré qu'elle les avait trouvées et qu'elle avait su les utiliser. Ca va peut-être créer des vocations. Mais elle subit une charge de travail énorme", avait-il expliqué.

Tout le monde, de ses entraîneurs à ses adversaires en passant par les snowboardeurs du circuit masculin, décrit en effet la Tchèque comme une athlète capable d'absorber des entraînements extrêmement intenses.

"On essaie parfois de la sortir de l'entraînement, parce qu'elle serait capable de mourir sur la piste. Mais c'est le seul problème qu'on ait jamais eu avec Ester", a même raconté son père Janek Ledecky.

Et le deuxième exploit de Ledecka est justement familial.

Car avec ce doublé en or, elle pourrait devenir la plus célèbre d'une famille de vedettes: son père est en effet une rock-star très connue dans son pays alors que son grand-père maternel, Jan Klapac, a été champion du monde et double médaillé olympique en hockey sur glace.

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Ghouta orientale : les selfies de guerre d'un adolescent sèment le trouble

sam, 02/24/2018 - 10:08
Les selfies pris par un jeune adolescent syrien dans la Ghouta orientale, bombardée par les forces du régime et leur allié russe, suscitent émotions comme interrogations. Certains y voient une démarche d'activiste, d'autres un acte de résistance.
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Bombardements sans répit dans le fief rebelle de la Ghouta, 3 civils tués

sam, 02/24/2018 - 10:00

L'aviation et l'artillerie du régime a de nouveau ciblé samedi la Ghouta, tuant trois civils, après des bombardements nocturnes intenses qui ont provoqué de nombreux incendies dans ce fief rebelle proche de Damas, a indiqué une ONG.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'aviation russe a participé aux raids du régime dans cette vaste région assiégée depuis 2013. Mais Moscou a démenti son implication.

Cette campagne aérienne dévastatrice a été lancée dimanche dernier par le régime en prélude à une offensive terrestre pour reprendre ce dernier fief contrôlée par les rebelles aux portes de Damas, un bastion du pouvoir.

Samedi, trois civils ont été tués et 12 blessés dans les bombardements à Harasta, une localité de la Ghouta, a indiqué l'OSDH. La nuit, les frappes ont provoqué des incendies dans des quartiers résidentiels de Saqba, Hammouriyé et Arbine, d'autres secteurs du fief rebelle.

Depuis le 18 février, 474 civils ont été tués dont une centaine d'enfants et plus de 1.500 blessés dans les bombardements du régime, selon un nouveau bilan provisoire de l'OSDH. Vendredi, 41 civils ont péri dont 17 enfants.

Tous les jours, des corps sont évacués des décombres et le bilan ne cesse de s'alourdir, a dit l'ONG.

Jusque-là, les tentatives pour stopper ce carnage n'ont pas abouti.

Le vote attendu vendredi au Conseil de sécurité de l'ONU sur une trêve d'un mois en Syrie a été repoussé à samedi 17H00 GMT après plusieurs reports, illustrant les divisions au sein de l'instance internationale.

Les négociations se poursuivent pour éviter un veto de la Russie, allié indéfectible du régime syrien, et un nouveau texte de résolution prévoyant un cessez-le-feu immédiat, sans les 72 heures de délai initialement envisagées, a été finalement mis au point.

Soumis à un siège asphyxiant depuis 2013 par les forces du régime, les quelque 400.000 habitants de la Ghouta subissent au quotidien pénuries de nourriture et de médicaments.

La Ghouta est le dernier bastion rebelle aux portes de Damas, d'où les combattants tirent régulièrement des obus sur la capitale. Ces bombardements ont fait une vingtaine de morts depuis dimanche.

Le scénario qui se déroule dans la Ghouta rappelle ce qui s'est passé dans plusieurs fiefs rebelles, dont Alep en 2016, écrasée par des bombardements et un siège pour forcer les combattants antirégime à déposer les armes.

Les principaux groupes rebelles contrôlant la Ghouta orientale, Jaich al-Islam et Faylaq al-Rahmane, ont rejeté toute évacuation de civils et de combattants.

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Italie: Matteo Salvini, du sécessionnisme à l'extrême droite 2.0

sam, 02/24/2018 - 09:53

Militant de la première heure de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, maestro des réseaux sociaux, a transformé son parti sécessionniste en une formation nationaliste avec l'ambition de prendre les rênes de la droite italienne.

Pour les élections législatives du 4 mars, il a effacé le mot "Nord" du nom de son parti et fait campagne tous azimuts, dans l'espoir affiché de dépasser son allié de droite Silvio Berlusconi, avec qui il a signé un programme de gouvernement en dix points. Il espère bien lui ravir la direction d'un futur gouvernement, même si les sondages lui donnent quelques points de retard et ne garantissent pas une majorité à la coalition.

L'"autre Matteo", qui aura 45 ans le 9 mars, est arrivé à la tête de son parti en décembre 2013, au moment même où Matteo Renzi -- jeune et volubile comme lui -- s'emparait du Parti démocrate (centre gauche).

Mais si Renzi est florentin, Salvini est milanais. Il est né et a grandi dans la capitale lombarde, fils d'un chef d'entreprise et d'une mère au foyer: collège catholique, scoutisme et les dimanches partagés entre la messe, le repas chez les grands-parents et les matches du Milan AC.

Il adhère à la Ligue du Nord en 1990, à l'âge de 17 ans, attiré par le slogan "Je suis Lombard, je vote Lombard", par le charisme du fondateur Umberto Bossi et par le caractère "révolutionnaire" de ce parti "redouté par le pouvoir", a-t-il raconté.

Il partage sa jeunesse entre les réunions politiques, les expéditions de collage d'affiches, les bancs de la fac qu'il fréquente sans conviction ni persévérance (sciences politiques puis lettres, puis histoire) et les petits boulots (livreur de pizza, employé dans une sandwicherie au coeur de Milan).

En 1993, à l'âge de 20 ans, il est élu conseiller municipal à Milan. Puis il devient journaliste au quotidien La Padania et à la radio Padania Libera, deux organes proches de la Ligue du Nord, où son aisance orale s'affirme encore. Et en 2004, cet eurosceptique entre au Parlement européen.

A mesure que son étoile personnelle monte, son parti s'enfonce dans la crise. Umberto Bossi devient certes plusieurs fois ministre de Silvio Berlusconi, mais il est diminué par une attaque cérébrale en 2004 puis balayé par un scandale de détournement de fonds publics en 2012.

C'est dans ce contexte que Matteo Salvini prend la tête d'un parti en pleine débandade, qui n'a pu faire mieux que 4% aux législatives de 2013.

- Fédéraliste -

Au grand dam d'une frange originelle de la Ligue du Nord, il change le discours, délaissant les ambitions sécessionnistes au profit d'un discours fédéraliste et tournant vers Bruxelles les diatribes que son mentor Bossi lançait contre le gaspillage et les diktats de Rome. Le discours plaît: très vite, la Ligue grimpe à 12-14% dans les sondages.

Désormais allié avec le Front national français, admirateur affirmé de Vladimir Poutine et de Donald Trump, il s'en prend avec virulence aux immigrés --qu'il appelle "clandestins"--, à l'islam, à l'euro... Sans pour autant partager le centralisme et le caractère, à son goût trop laïc, du parti de Marine Le Pen.

Aux accusations de racisme, il réplique: "Hypocrites ! J'ai le droit et le devoir de ne pas me taire et de crier que l'immigration sans frein est un danger et que l'islam n'est pas une religion de paix. Et que l'intégration a échoué".

- 'Communiste à l'ancienne' -

"Je me sens plus de gauche que Renzi. Je suis communiste à l'ancienne, je connais plus d'usines que ces gens qui ne fréquentent que des banquiers", raille-t-il aussi.

Avec son aplomb et ses sweat-shirts frappés de slogans comme "l'Italie aux Italiens" ou "#Renziacasa" (Renzi rentre chez toi), ce barbu un peu rond et toujours en colère devient omniprésent dans les médias.

Mais c'est surtout sur les réseaux sociaux qu'il martèle son message: à ses 640.000 abonnés sur Twitter et plus de 2 millions sur Facebook, il envoie à longueur de journée des commentaires, des vidéos à chaud, des photos de ses activités, de ses rencontres, de ses repas... Avec un ton direct qui ne s'embarrasse pas du politiquement correct.

Il lui arrive aussi d'évoquer sa fierté devant ses deux enfants, 14 ans et 5 ans, nés de deux unions différentes. Mais il se fâche quand la presse l'interroge sur ses amours apparemment compliquées avec une journaliste politique.

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Afghanistan: au moins 18 solats tués dans l'attaque de leur base dans l'ouest

sam, 02/24/2018 - 09:40

Au moins 18 soldats ont été tués dans une attaque par des talibans samedi d'une base militaire à Farah, dans l'ouest de l'Afghanistan, quatrième attentat de la matinée contre des objectifs gouvernementaux afghans, a rapporté le ministère de la Défense.

"Un nombre important d'insurgés a attaqué la base de Bala Buluk (dans la province de) Farah. Malheureusement, nous avons perdu 18 soldats et deux autres ont été blessés", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de la Défense, le général Daulat Waziri, en annonçant l'envoi de renforts sur place.

Le vice-gouverneur de la province, Younus Rasooli, a confirmé l'attaque et annoncé l'envoi d'une commission d'enquête sur place.

Les talibans ont revendiqué l'opération sur leur compte Twitter, via leur porte-parole Zabiulla Mujahid qui fait mention de "vingt solats tués et deux enlevés".

Il s'agit de la quatrième attaque menée samedi contre des objectifs gouvernementaux après trois attentats-suicides qui ont visé le siège des renseignements afghans (NDS) à Kaboul et deux positions du NDS et de l'armée dans le Helmand (sud), faisant au total au moins cinq morts et une vingtaine de blessés, selon un dernier bilan officiel.

A Kaboul, trois personnes sont mortes et cinq ont été blessées parmi les employés du NDS, selon un dernier bilan du ministère de l'Intérieur. Cet attentat n'a pas été revendiqué.

Dans le Helmand, deux attentats-suicides revendiqués par les talibans ont simultanément visé une base militaire et un poste de police faisant respectivement deux morts et sept blessés parmi les soldats ainsi que sept blessés dans l'enceinte du NDS.

Ces deux attaques ont été revendiquées sur Twitter par les talibans qui contrôlent dix des quatorze districts de cette province du sud, laquelle assure près de la moitié de la production d'opium afghan.

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L'Afghanistan frappé par une série d'attentats meurtriers

sam, 02/24/2018 - 09:24
Quatre attaques visant des objectifs gouvernementaux ont été perpétrées samedi matin en Afghanistan. L'attentat mené par les Taliban contre une base militaire à Farah, dans l'ouest du pays, a fait au moins 18 morts parmi les soldats.
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Ce qui fâche le monde rural

sam, 02/24/2018 - 09:20

Suppression d'aides européennes, guerre des prix des supermarchés, inquiétudes sur la future politique agricole commune, fermetures de classes, limitation de vitesse à 80 km/h, suppressions de lignes de chemins de fer: une partie du monde rural se juge discriminée.

Selon un sondage Odoxa publié vendredi, à la veille de l'ouverture du salon de l'agriculture, plus de deux Français sur trois (69%) considèrent qu'Emmanuel Macron est éloigné des préoccupations de la France rurale, contre 30% d'un avis contraire.

- Zones défavorisées -

Des éleveurs de 90 départements ont protesté mercredi contre la sortie de communes françaises qui passeront au 1er janvier 2019 de zones classées "piémont" à "zones de plaine" dans la nouvelle carte des "zones défavorisées simples" demandée par Bruxelles. Ce qui privera les agriculteurs de ces territoires des aides européennes de l'IHCN (Indemnité compensatoire des handicaps naturels) qu'ils touchaient depuis 40 ans.

La mesure touche surtout des éleveurs. Sur 200.000 éleveurs d'ovins, caprins et bovins en France, 79.000 sont installés dans ces zones, selon Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine (FNB), une branche de la FNSEA.

Or "chaque agriculteur dans nos régions représente 7 à 8 emplois directs ou indirects", estime le maire de Lédergues (Aveyron) Patrice Panis. Dans son département, les seules huit communes menacées par la refonte de la carte des aides pourraient voir disparaître "l'équivalent d'une usine de 2.800 salariés", selon son estimation.

"Le rural se sent abandonné", a reconnu sur France 5 le sociologue Jean Viard, rallié à La République En Marche (LREM) lors des dernières législatives, or, "le terrain non urbain risque de tomber à l'abandon" si les agriculteurs cessent de l'exploiter, souligne-t-il.

Dans son discours aux agriculteurs jeudi, le président Emmanuel Macron a tenter d'élargir le tableau en soulignant qu'il y aurait beaucoup plus de communes entrantes dans l'ICHN (4.900) que de communes sortantes (1.380).

"Je sais l'angoisse pour toutes celles et ceux qui vont sortir parce que c'est une part importante de leurs revenus", a-t-il assuré en promettant de les accompagner pendant les deux ans de transition.

- Guerre des prix -

Les prix de vente des produits agricoles restent très bas et les négociations commerciales annuelles entre producteurs et distribution qui doivent se terminer mercredi "se sont encore très mal passées", selon la présidente de la FNSEA Christiane Lambert.

Les quatre centrales d'achat continuent d'exiger des prix très bas, malgré l'arrivée annoncée d'une loi adoptée par ordonnances d'ici l'automne, obligeant à la prise en compte du coût de revient des agriculteurs dans le calcul du prix, et régulant les promotions.

Les prix pâtissent aussi de la désorganisation de certaines filières et de la concurrence internationale. Pour le porc, le prix de vente carcasse, un baromètre, qui était remonté à 1,50 euro le kilo en 2016-2017 après la crise de 2014-15, est retombé depuis l'automne aux alentours de 1,15 euro, sous l'effet de la concurrence internationale et d'un ralentissement des achats chinois, souligne Paul Auffray, de la Fédération nationale porcine (FNP).

"L'agriculture française souffre énormément d'un manque de compétitivité, ce qui ne favorise pas le renouvellement des générations" d'agriculteurs, a-t-il dit à l'AFP. Idem dans d'autres productions, les prix des céréales étant aussi très bas sous l'effet d'une abondance de production en Russie.

Sur ce sujet, le gouvernement compte encourager le renouvellement de certaines filières, notamment celle de l'élevage bovin en impulsant une montée en gamme, via des constructions d'abattoirs et d'ateliers de découpe locaux.

- Fermeture de classes rurales -

De gauche (PS) comme de droite (LR), de nombreux élus dénoncent les fermetures envisagées de classes rurales à la rentrée prochaine, qu'ils jugent contraires à un engagement du chef de l'Etat en juillet qui avait promis qu'il n'y aurait plus aucune fermeture dans les écoles rurales, lors de la première conférence des territoires.

Malgré les nombreux articles de la presse quotidienne régionale sur le sujet qui détaillent les listes de fermetures ici et là, le ministre Jean-Michel Blanquer a jugé ces interpellations "démagogiques" en assurant le 13 février que "dans chaque département rural de France, on comptera à la rentrée prochaine plus de professeurs par élève que cette année".

- Routes, transports, SNCF -

La décision, annoncée en janvier, de limiter, au nom de la sécurité, à partir du 1er juillet la vitesse à 80 km/h au lieu de 90 km/h sur 400.000 kilomètres de routes secondaires à double sens et sans séparateur central, est contestée par nombre d'élus locaux des régions.

Le député LR de l'Indre, Nicolas Forissier, estime que cette mesure va rallonger "de 17% les temps de transport en zones rurales sans améliorer la sécurité".

Les contre-propositions fusent. Certains départements comme la Corrèze demandent au Premier ministre une dérogation pour expérimenter sur un millier de kilomètres une limitation à 90 km/h. Un groupe de travail sénatorial a demandé au Premier ministre de "suspendre" la mesure.

Le récent rapport Spinetta sur l'avenir de la SNCF qui préconise la fermeture de certaines petites lignes rajoute au désarroi. Le Périgord s'estime menacé. Dans le reste de la France, des lignes comme Abeville-Le Tréport, Brive-Limoges ou Lamballe-Dinan-Dole de Bretagne sont sur la sellette.

- L'avenir de la politique agricole commune -

Les 7 milliards d'euros versés chaque année par Bruxelles à l'agriculture et la ruralité française risquent de fondre après la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, car ce pays était contributeur net au budget européen. Du coup, le budget de la future PAC (Politique agricole commune), prévue après 2020 risque d'en pâtir.

Pour la présidente de la FNSEA Christiane Lambert, "tous les pays vont devoir augmenter leur contribution" pour combler le trou. "Pro-européenne", elle souhaite vivement qu'Emmanuel Macron "défende" le budget européen. "Un bruit court à Bruxelles que la France défend moins le budget", a-t-elle affirmé vendredi.

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JO-2018: la France au pied du podium en slalom par équipes, la Suisse en or

sam, 02/24/2018 - 09:16

Raté ! Championne du monde 2017, la France a terminé au pied du podium de l'épreuve par équipes de ski alpin qui faisait son entrée aux Jeux d'hiver, et remportée par la Suisse, grâce notamment à son géant de 2 mètres Ramon Zenhaeusern, samedi aux JO-2018 de Pyeongchang.

En finale, la Suisse a battu (3-1) la jeune équipe autrichienne, privée de sa superstar Marcel Hirscher.

Pour le bronze, les Tricolores, sortis par les Suisses en demi-finale (3-1), ont été devancés au chrono par les Norvégiens (2-2), pour 12 petits centièmes...

Ah si seulement la France avait pu compter un grand gabarit comme Zenhaeusern !

"C'est dommage, on finit encore sur une 4e place (...). En faisant les runs d'essais, c'était Alexis (Pinturault) et Clément (Noël) les plus rapides, mais ça se jouait à pas grand chose avec Julien (Lizeroux, vétéran de l'équipe). Sur un parcours qui allait aussi droit, il fallait absolument croiser les portes (les boxer avec les deux poings) et Julien ne peut pas le faire. Plus petit et plus bas sur ses skis, il tape les piquets plus bas et ça l'amène à la faute", a expliqué David Chastan, directeur de l'équipe de France messieurs.

L'épreuve par équipes propose des confrontations à élimination directe à chaque tour, en quatre matches (deux féminins et deux masculins), sur un parcours d'une vingtaine de secondes, un slalom parallèle avec des portes de géant.

"+Si on ne croise pas, on est morts+, nous a dit Julien. On a alors décidé de mettre Clément (plus grand). Julien a été très bon et objectif, un véritable capitaine. C'est ça l'esprit d'équipe", a ajouté David Chastan.

- Pas au niveau -

"Ma 4e place en slalom était belle, je n'avais rien à me reprocher. Cette 4e place est plus dure à digérer. Je suis le petit nouveau dans une équipe qui était championne du monde en titre, et il y avait plus d'attente. Je n'ai pas été au niveau face à la Norvège, c'est frustrant", a expliqué Noël, benjamin de l'équipe à 20 ans.

"J'ai été bon sur les premiers tours, au contact contre la Suisse (+0.11 face à Zenhaeusern) mais moins en petite finale. C'est comme ça. Je me suis fait un nom sur ces Jeux? Oui, peut-être, mais ce qui compte ce sont les médailles, pas le nom. Mais si on m'avait dit au début des JO que j'allais faire 4e en slalom et en +team event+, bien sûr que j'aurais trouvé ça cool", a ajouté le Vosgien du Ventron, établi à Val d'Isère depuis l'âge de 15 ans.

"C'est décevant d'échouer si près du podium, c'est malheureusement ce qu'on va retenir de tout ça. Je ne pense pas que le tableau était plus difficile qu'aux Mondiaux, on évitait quand même la Suisse au départ, et la Suède", a souligné Tessa Worley, la double championne du monde de géant, seulement septième aux Jeux dans sa course de prédilection.

Favorite du +team event+ avec ses deux champions olympiques de slalom (Frida Hansdotter et Andre Myhrer), la Suède a été éliminée sans ménagement (4-0) par l'Autriche en quart de finale.

L'épreuve par équipes a permis à la Suissesse Wendy Holdener de compléter sa collection de médailles, après l'argent du slalom et le bronze du combiné.

"Dans les courses individuelles, toute la pression est sur vous. Dans le +team event+, elle est partagée", a remarqué la Suissesse, submergée par l'émotion.

"Le rêve continue", a conclu Zenhaeusern, vice-champion olympique de slalom, désormais figure de proue de ce nouveau format de compétition olympique.

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JO-2024: points chauds en vue pour Paris

sam, 02/24/2018 - 09:03

Près de six mois après les joies de Lima, les organisateurs des JO de Paris 2024 voient les points chauds se multiplier: question sensible des rémunérations, revue des coûts attendue du projet et incertitudes sur le Grand Paris Express.

Combien sera finalement payé Tony Estanguet à la tête du Cojo, le comité d'organisation des jeux Olympiques ? A l'automne, le Canard enchaîné avait plombé l'ambiance, en révélant que la direction du Budget à Bercy tiquait face à des projections de rémunération à 450.000 euros annuels pour le triple champion olympique de canoë. Malgré un démenti immédiat, les chiffres tombaient au plus mal après une candidature placée sous le signe de la sobriété.

Pour ne laisser aucune place aux critiques, un comité présidé par l'ancien patron de La Poste, Jean-Paul Bailly, a été mis en place pour définir les grilles de salaires. Ses préconisations, qui pourraient être adoptées vendredi prochain lors du premier conseil d'administration du Cojo, sont attendues, car la phase de recrutement des directeurs de services a commencé.

- Héritage -

A Lima, tous les acteurs étaient apparus unis dans la victoire. Mais six mois plus tard, quelques sujets font débat. Ainsi, la mairie de Paris fait le forcing pour qu'une structure spécifique dédiée à l'héritage des jeux Olympiques et à leur apport dans la société soit créée aux côtés du Cojo, qui va planifier et organiser l'événement, et de la Solideo, l'établissement public qui va superviser la construction des gros équipements.

Cette fondation, "c'est une promesse du dossier de candidature", prévient Jean-François Martins, l'adjoint d'Anne Hidalgo aux Sports, au Tourisme et aux jeux Olympiques et Paralympiques.

"Il faut un objet bien défini, pour que les sponsors puissent identifier cet aspect d'héritage et pour que ça reste une priorité quand le Cojo et la Solideo seront dans des impératifs de livraison des Jeux", explique l'élu à l'AFP. Au Cojo, on réfute toute volonté de sacrifier ce volet, mis en avant en janvier avec une "semaine olympique" dans les écoles. "L'héritage est un élément tellement clé du projet qu'il ne serait pas pertinent de le tenir en dehors" du comité d'organisation, souligne-t-on.

"Cette question, c'est devenu un point de blocage entre la mairie et le Cojo", décrypte un proche du dossier.

- 'Annonces sensibles' -

Autre sujet sensible, la maîtrise budgétaire. Le Cojo, financé par des fonds privés (la contribution du Comité international olympique, la billetterie et les sponsors) fonctionne aujourd'hui avec une vingtaine de salariés, mais va monter en puissance d'année en année, pour atteindre un total de 4.500 collaborateurs en 2024.

Pour organiser les compétitions et accueillir plus de 10.000 athlètes d'environ 200 pays, son budget total s'élèverait à terme à 3,8 milliards d'euros, mais une revue générale a été engagée avec le CIO pour "optimiser les coûts", avant un séminaire en juin sur ce sujet, explique-t-on au Cojo.

L'Etat, qui s'est porté garant, veille aussi et a confié une expertise aux inspections générales des Finances et de la Jeunesse et des Sports. Une démarche similaire a été engagée par la Solideo pour les constructions qu'elle doit superviser, notamment le village et la piscine olympiques à Saint-Denis, ainsi que le village des médias au Bourget et des rénovations de sites, le tout pour un budget de 3 milliards d'euros, dont la moitié d'investissements publics (Etat et collectivités). Les résultats sont attendus dans les prochaines semaines et un élu parisien s'attend à "des annonces sensibles".

La facture du projet serait-elle plus élevée que prévue ? L'hypothèse est loin d'être exclue pour plusieurs acteurs du dossier s'exprimant sous couvert d'anonymat. Au Cojo, on juge ce scénario "très prématuré", en indiquant que "les travaux d'évaluation sont en cours".

Le calendrier annoncé jeudi pour le Grand Paris Express n'offre en tout cas que des garanties partielles sur le plan prévu pour les transports. Le gouvernement promet que le tronc commun des lignes 16 et 17 du nouveau métro sera réalisé à temps jusqu'à la gare RER du Bourget. Mais en 2024, la ligne 17 desservira l'aéroport du Bourget seulement si c'est "techniquement possible". Or, c'est là que doivent s'installer le centre et le village des médias pour les JO...

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Au salon de l'Agriculture, la ferme France à l'aube de sa révolution

sam, 02/24/2018 - 09:00

Emmanuel Macron est arrivé samedi matin au salon de l'Agriculture où il est attendu de pied ferme par le monde paysan, fragilisé par plusieurs crises successives et sommé de réinventer un modèle agricole pointé du doigt par l'exécutif.

Cette première visite en tant que président de la République a démarré dès 07H45, avant l'ouverture au public, a constaté une journaliste de l'AFP. Et elle pourrait durer jusqu'après la fermeture, battant le record de François Hollande qui avait passé 10 heures sur place en 2013.

Emmanuel Macron a commencé sa visite par un petit-déjeuner à huis clos avec les principaux acteurs institutionnels de l'agriculture française. Il déambulera plus tard dans les stands à la rencontre des exposants.

Avant la visite, l'Elysée a fait savoir que le président se déplaçait toujours avec plusieurs costumes de rechange. L'an passé, il avait reçu un oeuf sur l'épaule, dont il avait plaisanté, affirmant que le jet de projectile relevait du folklore du salon.

Après des manifestations dans tout le pays contre le projet d'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), le président avait d'ores et déjà prévenu 700 jeunes agriculteurs reçus jeudi à l'Elysée qu'il se "moquait totalement" de l'ambiance dans laquelle il serait reçu Porte de Versailles, concentré qu'il est sur la construction du "visage de la France agricole des prochaines années".

Les éleveurs français, représentés au salon par la vache de race Aubrac "Haute", craignent notamment l'importation à taux réduit en Europe de 70.000 tonnes de viande bovine sud-américaine par an, à droits de douane réduits.

Ils craignent une concurrence déloyale de cette viande industrielle produite à très bas coûts et selon des standards sanitaires et de qualité beaucoup moins exigeants qu'en Europe.

Prônant "la valeur ajoutée, l'ouverture, la planète", M. Macron avait assuré "qu'il n'y aura(it) jamais de boeuf aux hormones en France", même si des accords comme celui avec le Mercosur étaient signés, ajoutant "il n'y aura(it) aucune réduction de nos standards de qualité, sociaux, environnementaux, ou sanitaires à travers cette négociation".

Pas convaincue, la patronne de la FNSEA Christiane Lambert a estimé vendredi que La France risquait "de perdre 20 à 25.000 exploitations" si l'Europe signe ces accords. Samedi, elle compte bien dire à M. Macron "de façon très directe (...), les yeux dans les yeux, ce qui va et ce qui va moins bien".

Autre motif d'inquiétude, la révision de la carte des zones agricoles défavorisées, qui va faire sortir 1.380 communes du dispositif ouvrant droit à une indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN).

- Départs en retraite massifs -

Les inquiétudes sont d'autant plus fortes qu'en dépit des nombreux rappels à l'ordre du gouvernement à la sortie des Etats généraux de l'alimentation (EGA) - et en attendant en septembre la loi censée leur garantir une meilleure rémunération de leur production - la grande distribution n'a pas joué le jeu dans les négociations commerciales annuelles avec les producteurs, qui s'achèvent pendant le salon.

Or, en 2016, près de 40% des chefs d'exploitation agricoles ont perçu un revenu mensuel négatif ou n'excédant pas 360 euros, selon les dernières statistiques de la MSA, la sécurité sociale agricole, publiées vendredi.

Certaines annonces d'Emmanuel Macron ont tout de même quelque peu rasséréné le monde rural comme la promesse d'une mise en place de "verrous réglementaires" sur les achats de terres agricoles par des étrangers en France.

Sur le problème plus global de l'accès au foncier pour les jeunes générations d'agriculteurs, le président a demandé "pour le mois de mai" qu'on "imagine" un système de "préretraites agricoles avec une sortie progressive de l'activité" afin de permettre à un jeune de prendre la suite de ses parents. "40% des agriculteurs aujourd'hui en activité seront partis à la retraite" d'ici à 2020, a dit le président jeudi.

Les agriculteurs ont reçu ces annonces de façon plutôt bienveillante mais avec appréhension, en indiquant qu'ils seraient vigilants sur leur traduction en actes.

D'autant plus vigilants que les rumeurs courent, depuis plusieurs semaines, sur une autre révolution: une diminution de l'enveloppe budgétaire de la politique agricole commune (PAC) 2020-2027 après la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne.

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Les présidents et le Salon de l'agriculture, une longue histoire parfois mouvementée

sam, 02/24/2018 - 08:40

Du général de Gaulle à Emmanuel Macron, tous les présidents de la République se sont rendus au Salon de l'agriculture depuis sa création en 1964, à la notable exception de François Mitterrand.

Jusqu'à maintenant, le record de durée est détenu par François Hollande, qui a arpenté les allées pendant dix heures en 2013, après avoir atteint les 12 heures en février 2012 lorsqu'il était candidat. Mais il sera insulté et hué en 2016.

Nicolas Sarkozy a aussi eu son lot de rencontres agitées Porte de Versailles, dont la plus célèbre en 2008. A un visiteur qui refuse de lui serrer la main et lui lance "tu me salis", il réplique "casse-toi, alors, pauvre con !". C'est aussi au Salon, en 2010, qu'il veut "dire un mot de toutes ces questions d'environnement, parce que là aussi ça commence à bien faire".

Le chef de l'Etat dont le nom est le plus associé au Salon est évidemment Jacques Chirac, qui en trente années de vie politique, n'a loupé l'occasion qu'une seule fois, en 1979, car il était hospitalisé après un accident de voiture.

La dernière visite présidentielle, en 2007, de celui que se vantait de savoir "tâter le cul des vaches" est un véritable triomphe.

Le contraste est saisissant avec son prédécesseur: François Mitterrand, durant ses quatorze ans de présidence, n'est jamais retourné au Salon où il s'était pourtant rendu comme candidat, en 1981.

Avant lui, Charles de Gaulle, Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing avaient rendu visite aux exposants, plus ou moins régulièrement.

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Emmanuel Macron est arrivé au salon de l'Agriculture

sam, 02/24/2018 - 08:37

Emmanuel Macron est arrivé samedi matin porte de Versailles à Paris, où il inaugure son premier salon de l'Agriculture en tant que président de la République.

Le président, arrivé à 07H45, avant l'ouverture au public, a débuté sa visite par une rencontre à huis-clos avec les principaux acteurs institutionnels de l'agriculture française, a constaté une journaliste de l'AFP. Il déambulera plus tard dans les stands à la rencontre des exposants.

Pour cette réunion en forme de petit-déjeuner, proposée par l'Elysée, les dirigeants des cinq syndicats représentatifs du secteur sont présents (FNSEA, Jeunes agriculteurs, Confédération paysanne, Coordination rurale, Modef), ainsi que ceux de la Mutualité sociale agricole (MSA, la sécurité sociale du monde agricole), de l'organisme de recherche INRA, de Coop de France et d'autres organismes institutionnels du secteur.

Lors de sa visite au salon l'an dernier, quand il n'était encore que candidat à la présidence, Emmanuel Macron avait proposé de restructurer l'agriculture française autour de ses "filières" pour la sortir de la crise. Cette semaine, en recevant quelques 700 jeunes agriculteurs à l'Elysée, il a de fait souligné la "révolution culturelle" qu'il dit avoir engagée dans le secteur.

Avant la visite, l'Elysée a fait savoir que le président se déplaçait toujours avec plusieurs costumes de rechange. L'an passé, il avait reçu un oeuf sur l'épaule, dont il avait plaisanté, affirmant que le jet de projectile relevait du folklore du salon.

Jeudi il a d'ailleurs pris les devants en soulignant qu'il se "moquait totalement" de l'ambiance dans laquelle il serait reçu Porte de Versailles, concentré qu'il est sur la construction du "visage de la France agricole des prochaines années".

Vitrine des productions alimentaires françaises sur fonds d'angoisse de l'avenir pour la ruralité, la 55e édition du salon accueille cette année près de 4.000 animaux d'élevage venus de toutes les régions de France.

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Prise en charge des maladies rares: des budgets qui inquiètent

sam, 02/24/2018 - 08:20

En France, trois millions de personnes souffrent de maladies rares, auxquelles une journée est dédiée mercredi, et leur prise en charge est un modèle pour les autres pays. Pourtant, la grogne monte chez les spécialistes, qui se plaignent de problèmes de financement.

En cause selon eux, le fait que certains hôpitaux captent des crédits normalement destinés aux maladies rares et les utilisent autrement.

"Au final, c'est le patient qui en pâtit car ces budgets devraient être consacrés au soin, à l'enseignement, à la recherche", assure à l'AFP le professeur Eric Hachulla (CHU de Lille), responsable de l'une des 23 filières dédiées aux maladies rares.

Une maladie est dite "rare" quand elle touche moins d'une personne sur 2.000 (soit moins de 30.000 personnes en France). 80% sont d'origine génétique, 8.000 sont identifiées et 3 millions de personnes sont concernées en France selon les chiffres officiels (350 millions dans le monde).

Ces malades se heurtent à deux principaux obstacles: le retard de diagnostic et la quasi-absence de traitement curatif.

Le premier plan national maladies rares (2005-2008) a créé des structures originales, les centres de référence, disséminés sur tout le territoire.

Chacun est consacré à un groupe de maladies, pour faciliter le diagnostic et améliorer la prise en charge. "Leur création était un bonheur pour les patients", se souvient le professeur Hachulla. Le nombre de ces centres est passé à 387 après une vague de labellisations l'an passé.

Le deuxième plan national, 2011-2016, a mis en place 23 "filières de santé maladies rares" pour chapeauter ces centres.

Mais alors qu'on attend un troisième plan, les responsables des 23 filières ont écrit en décembre au ministère de la Santé pour manifester leur "inquiétude".

Dans ce courrier commun, ils déplorent "l'absence presque totale de visibilité que la grande majorité des centres de référence peuvent avoir sur leur dotation budgétaire", ce qui peut "compromettre" leur fonctionnement.

- "Du personnel en moins" -

Un budget total de 89 millions d'euros est alloué aux centres de référence, à répartir selon de nouvelles modalités définies en même temps que la vague de labellisations l'an passé.

"Cela représente de 140.000 à 360.000 euros par an pour chaque centre", selon le professeur Hachulla, responsable de la filière des maladies auto-immunes et auto-inflammatoires rares, qui regroupe 19 centres.

Problème: censés être réservés aux maladies rares, ces budgets sont parfois utilisés à d'autres fins par les hôpitaux qui abritent les centres de référence.

"Les situations sont hétérogènes, mais ce problème concerne 40% des centres de référence", souligne Eric Hachulla.

Les responsables des filières pointent en particulier la question des frais de structure, que certaines directions hospitalières prélèvent sur les budgets dédiés aux maladies rares.

"Ces frais de structure peuvent monter à 30% selon les endroits. Quand on fonctionne avec 140.000 euros et qu'on vous prend 30%, ça fait du personnel en moins", déplore Eric Hachulla.

"Nous ne contestons bien sûr pas la volonté de ces groupes hospitaliers de vouloir préserver leur équilibre budgétaire mais nous nous alarmons que cela puisse se faire au détriment des actions prévues par les différents plans maladies rares", font valoir les responsables des filières dans leur courrier.

La direction générale de l'offre de soins (DGOS) du ministère a répondu début février. "Dans le contexte financier que connaissent certains hôpitaux, il est compréhensible que le nouveau dispositif financier se mette en place progressivement", écrit-elle.

Pas de quoi rassurer les responsables des filières et des centres, qui ont publié vendredi un communiqué pour dénoncer "la confiscation des crédits maladies rares par certaines directions hospitalières". Il est co-signé par deux importantes associations, Alliance maladies rares et l'AFM-Téléthon.

"Les centres de référence sont un élément primordial. Il faut une réelle transparence sur l'affectation des budgets", plaide auprès de l'AFP Christophe Duguet, l'un des responsables de l'AFM-Téléthon.

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