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Les différents chantiers de la réforme du rail

mer, 05/23/2018 - 07:40

Malgré la grève des cheminots, la réforme du rail continue et la "loi pour un nouveau pacte ferroviaire" est examinée cette semaine en commission au Sénat avant une adoption définitive envisagée début juillet.

Etat des lieux des différents chantiers, qui comprennent aussi des négociations au sein de la SNCF et au niveau de la branche.

- Le statut de la SNCF

La SNCF doit devenir au 1er janvier 2020 une société anonyme à capitaux publics --et incessibles--, qui détiendra intégralement SNCF Réseau (les infrastructures) et SNCF Mobilités (les trains), qui seront aussi transformées en sociétés anonymes.

Les gares seront gérées par SNCF Réseau, le gouvernement estimant qu'il faut en faire une filiale (ce qui leur donnerait plus d'autonomie financière). Quant à Fret SNCF, activité déficitaire qui devrait être recapitalisée et filialisée, "la réflexion en est à son début", selon la ministre des Transports Elisabeth Borne.

La SNCF a de son côté proposé une réorganisation avec quatre branches, dépendant d'une holding: SNCF Mobilités, SNCF Réseau (avec les gares), le transport ferroviaire de marchandises (avec Fret SNCF) et Geodis (logistique et transport routier).

- L'évolution de la SNCF

Le gouvernement exige de la SNCF qu'elle soit efficace, et qu'elle réduise ses coûts pour réduire fortement un écart de compétitivité estimé à près de 30%. Les dirigeants du groupe public doivent présenter d'ici l'été un "projet stratégique". Son patron Guillaume Pepy veut en particulier encourager la polyvalence des métiers, rendre l'organisation du travail plus souple, mieux utiliser les matériels, décentraliser le management... Il entend négocier un "pacte d'entreprise" avec les syndicats.

- Le statut des cheminots

Le gouvernement veut éteindre progressivement le statut des cheminots. A partir du 1er janvier 2020, les nouvelles recrues seront embauchées dans un cadre contractuel qui reste à négocier: les cheminots seront soumis à la convention collective du ferroviaire et aux accords d'entreprise propres à la SNCF.

Ceux qui sont au statut --ils sont actuellement 131.000-- le resteront, mais la direction veut plus de souplesse dans la définition des différents métiers et dans l'organisation du travail au plan local.

- La convention collective

Commune à toute la branche du ferroviaire, elle est en cours de négociation entre l'Union des transports publics (UTP) --l'organisation professionnelle du secteur-- et les syndicats. Il reste trois accords sur neuf à conclure, sur la rémunération, la prévoyance et la représentativité syndicale. Le premier, au moins, devra être prêt avant la fin 2019.

- L'ouverture à la concurrence

A partir de décembre 2019, les régions pourront organiser des appels d'offres pour désigner les exploitants de leurs TER ou continuer d'attribuer directement des contrats à la SNCF, pour une durée maximale de dix ans. A partir de décembre 2023, la mise en concurrence deviendra obligatoire.

Le calendrier est le même pour les Intercités (organisés par l'Etat), tandis que l'Ile-de-France sera concernée entre 2023 et 2039 selon les lignes.

L'ouverture sera étendue aux TGV à partir de décembre 2020, en libre accès.

- Le "sac à dos social"

En cas de perte de contrat par la SNCF, les cheminots affectés au service concerné seront transférés au concurrent vainqueur, si possible sur la base du volontariat. Les transferts pourraient être obligatoires, si besoin est.

Les personnels transférés bénéficieront de garanties, communément désignées sous le nom de "sac à dos social": maintien du niveau de rémunération au moment du transfert, du régime spécial de retraite ainsi que la garantie de l'emploi pour ceux ayant été embauchés au statut. Ils conserveront aussi les facilités de circulation ou l'accès au système de santé de l'opérateur historique.

- La dette

L'Etat s'est engagé à reprendre progressivement, à partir du 1er janvier 2020, une partie "substantielle" de la dette de SNCF Réseau, qui était de 46,6 milliards d'euros fin 2017 et continue de s'alourdir. Le montant reste à déterminer, les spécialistes évoquant 30 à 35 milliards.

Le Premier ministre Edouard Philippe doit annoncer avant la fin mai combien l'Etat veut reprendre, et comment, l'objectif étant que la SNCF puisse financer ses investissement sans avoir à s'endetter à nouveau à partir de 2022.

- Les petites lignes

Les petites lignes ne sont pas concernées par la réforme, mais elles ont accaparé une bonne partie des débats.

Le gouvernement s'est engagé à tenir les engagements de l'Etat sur les contrats de plan le liant aux régions jusqu'en 2020, mais les travaux prévus dans lesdits contrats ne seront pas suffisants.

Un rapport doit faire un bilan de l'état du réseau et des circulations sur les lignes les moins empruntées.

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Les grandes dates de Philip Roth

mer, 05/23/2018 - 07:38

Les grandes dates de l'écrivain américain Philip Roth, décédé mardi à l'âge de 85 ans.

- 19 mars 1933: naissance à Newark (New Jersey)

- 1959: publie son premier ouvrage, un recueil de nouvelles, "Goodbye, Colombus", qui reçoit le "National Book Award" l'année suivante. Roth le recevra également en 1995 pour "Le théâtre de Sabbath".

- 1959: épouse Margaret Martinson, dont il divorce en 1963. Il épousera en seconde noces l'actrice britannique Claire Bloom (1990-95).

- 1969: publie "Portnoy et son complexe", premier grand succès.

- 1979: publie "L'écrivain des ombres", premier roman narré par son personnage et alter ego Nathan Zuckerman.

- 1998: remporte le prix Pulitzer pour "Pastorale américaine" (1997). Publie "J'ai épousé un communiste".

- 2000: publie "La tache", pour lequel il reçoit deux ans plus tard en France le prix Médicis étranger.

- 2005 : devient un des rares écrivains américains vivants dont l'oeuvre est publiée par la "Library of America". En 2017, il entre dans la collection La Pléiade en France, qui consacre des auteurs majeurs.

- 2010: dernier roman "Némésis"

- 2012: annonce qu'il cesse d'écrire

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Etre surfeuse à Rabat: petites vagues et grands préjugés

mer, 05/23/2018 - 07:26

Sur le sable de la plage populaire des Oudayas, à Rabat, où les femmes portent plus volontiers des djellabas que des maillots de bain, les filles sont de plus en plus nombreuses à affronter les préjugés avec une planche de surf.

"C'est plus facile l'hiver car les plages sont vides. L'été, on peut subir beaucoup de harcèlement", des regards désapprobateurs aux commentaires malveillants, explique Meriem, une ingénieure de 29 ans qui surfe depuis quatre ans.

"C'est pourquoi nous faisons attention à ce que nous portons", dit la jeune femme, vêtue d'une combinaison de surf intégrale, comme la plupart des surfeuses sur cette plage.

Meriem estime avoir la chance "d'avoir grandi dans une famille tolérante qui respecte les choix de ses enfants".

Dans les milieux populaires imprégnés de valeurs conservatrices, la première difficulté des filles est souvent de convaincre leur famille de les laisser se lancer dans un tel sport.

"Certaines familles éprouvent de la honte que leurs filles pratiquent des sports nautiques", affirme Jalal Medkouri, le président du Rabat Surf Club, situé au pied de la forteresse médiévale des Oudayas, à deux pas de quartiers populaires de la capitale administrative du Maroc.

- Tradition religieuse -

D'une façon générale, au Maroc, "la pratique féminine du sport pose des problèmes à certains parents car elle entre en contradiction avec leurs valeurs et leurs attitudes liées à la tradition religieuse", notait une étude sociologique sur les pays du Maghreb publiée en 2010 sous la direction de Monia Lachheb, enseignante-chercheuse à l'Institut supérieur du sport et de l'éducation physique de Tunis.

A leurs yeux, "les tenues de sport, les postures et le mouvement" du corps sont synonymes d'"irrespect" et d'"impudeur", soulignait cette étude.

Et malgré les efforts de promotion de la condition des femmes, les mentalités évoluent lentement au Maroc: 72% des hommes et 78% des femmes pensent qu'"une femme habillée de façon provocante mérite d'être harcelée", selon une étude publiée en 2017 par l'ONU.

En matière de surf pourtant, selon Jalal Medkouri, "les parents encouragent leurs enfants quand ils sentent qu'ils sont entre de bonnes mains".

"Au début, mon père m'accompagnait chaque fois que je voulais surfer", confie Rim Bechar, une Marocaine de 28 ans, membre du Rabat Surf Club. Elle vient désormais "seule, reste toute la journée et rentre sans souci" chez elle.

"Les gens se sont habitués à voir les jeunes filles dans l'eau, ce n'est plus un problème. Mais quand j'ai commencé il y a quatre ans, c'était un peu plus difficile", explique Rim.

Le surf est entré dans le paysage marocain dès les années 1960. Selon l'histoire locale, il aurait vu le jour à Mehdia, une station balnéaire populaire située à une trentaine de kilomètres au nord de Rabat, quand des militaires d'une base franco-américaine ont introduit les premières planches dans le pays.

Une poignée de passionnés, Français et Marocains, ont lancé le mouvement. Les amateurs de vagues sont progressivement descendus vers le sud du pays, à la recherche de beaux spots comme Safi ou Taghazout, qui sont ensuite devenus des rendez-vous prisés par des surfeurs du monde entier.

- "On a même vu des filles en string" -

Localement, ce sport s'est progressivement popularisé, jusqu'à susciter un engouement chez les femmes ces dernières années. Signe de l'évolution des pratiques, le royaume a accueilli en septembre 2016 sa première compétition internationale de surf féminin.

Mais l'accueil réservé aux femmes pratiquant ce sport diffère selon les plages. A Mehdia, "il n'y a aucun problème", affirme Mounir, un professeur de surf local. L'été dernier, "on a même vu des filles en string sur la plage et les autorités n'ont rien dit", jure-t-il.

La plage des Oudayas à Rabat, longtemps réservée aux garçons amateurs de football qui viennent pratiquer sur le sable faute de meilleur terrain, est plus conservatrice: "Les filles sont souvent harcelées", se désole Rim.

Néanmoins, cette plage attire beaucoup de surfeuses débutantes: à l'embouchure du fleuve Bouregreg, les vagues de l'Atlantique, sont moins fortes qu'ailleurs. Le Rabat Surf Club compte aujourd'hui "au moins 40 à 50 surfeurs et les filles aussi viennent en force: elles représentent désormais presque la moitié des effectifs", se félicite Jalal Medkouri.

Les clubs sont d'autant plus fréquentés que pratiquer en groupe simplifie la vie des filles, les clubs leur offrant un cadre sécurisant qui dissuade les harceleurs et rassure les familles. "Au début ce n'était pas facile, c'est pourquoi j'ai choisi de rejoindre un club", confirme Rim.

Ikram, qui surfe elle aussi aux Oudayas, souhaite que "toutes celles qui se sont vu interdire par leur père ou leur frère (...) de faire ce qu'elles veulent suivent cette voie."

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La Corée du Nord prépare le démantèlement de son site nucléaire malgré les doutes de Trump

mer, 05/23/2018 - 07:20

Des journalistes étrangers étaient en route mercredi pour couvrir la destruction du site nord-coréen d'essais nucléaires, un geste de bonne volonté avant un sommet historique dont la tenue est cependant mise en doute par Donald Trump.

Le Nord avait annoncé le mois dernier qu'il allait détruire le site de Punggye-ri, dans le nord-est, en faisant exploser les tunnels d'accès, une annonce saluée par Washington et Séoul.

Punggye-ri a été le théâtre des six essais nucléaires menés par Pyongyang. Le dernier en date, le plus puissant à ce jour, a eu lieu en septembre et aurait été celui d'une bombe à hydrogène.

Ce démantèlement est censé intervenir entre mercredi et vendredi, en fonction de la météo.

La Corée du Nord a présenté cette destruction comme un geste de bonne volonté avant le sommet historique entre M. Trump et le leader nord-coréen Kim Jong Un prévu le 12 juin à Singapour.

Mais l'espèce d'euphorie qui a flotté dans les semaines suivant l'annonce d'un accord sur cette rencontre a cédé la place au doute.

La semaine dernière, le Nord a subitement menacé de ne pas participer et annulé des discussions avec le Sud, accusant Washington de vouloir le mettre au pied du mur et le forcer à renoncer unilatéralement à son arsenal nucléaire. Et mardi, c'est M. Trump qui a évoqué la possibilité d'un report.

"Il est possible que ça ne marche pas pour le 12 juin", a dit M. Trump, assis dans le Bureau ovale au côté de son homologue sud-coréen Moon Jae-in. "Si la rencontre n'a pas lieu, elle aura peut-être lieu plus tard", a-t-il ajouté évoquant "certaines conditions", sans élaborer.

- "Terrain glissant" -

"Nous voulons nous assurer que nous sommes sur la même longueur d'ondes au sujet du contenu de ce qui sera discuté", a ensuite dit le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo à la presse. Mais "nous travaillons toujours en vue du 12 juin" et "nous ferons tout notre possible pour que cette rencontre soit une réussite", a-t-il ajouté, assurant être "optimiste".

Washington exige une dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible" de la Corée du Nord, mais celle-ci a toujours affirmé qu'elle ne renoncerait pas à des armes atomiques qu'elle a développées comme une assurance-vie contre ce qu'elle perçoit comme des menaces américaines d'invasion.

Koo Kab-woo, professeur à l'Université des études nord-coréennes de Séoul, évoque auprès de l'AFP "un terrain glissant".

"Trump veut une dénucléarisation rapide, qui interviendrait pendant son premier mandat. Mais si c'est le cas, il doit fournir aussi rapidement à la Corée du Nord des garanties correspondantes pour sa sécurité."

Dans ce contexte, la cérémonie de démantèlement de Punggye-ri sera peut-être l'occasion d'en savoir plus sur l'état d'esprit des dirigeants nord-coréens.

Les spécialistes sont divisés sur le fait de savoir si le site sera vraiment rendu inutilisable. Certains avancent qu'il l'était peut-être déjà, d'autres disent qu'un tel site peut facilement être remis en service.

Et par le passé, Pyongyang a pu faire machine arrière quand le vent diplomatique tournait.

- Pyongyang gagne des points -

Mais certains experts jugent remarquables le fait que Pyongyang ait annoncé le démantèlement sans rien demander en échange.

Pour Go Myong-hyun, expert à l'Institut Asan d'études politiques, les deux camps cherchent à aborder le sommet dans la position la plus forte.

Le démantèlement devant les caméras étrangères permettra à Pyongyang de gagner des points à l'international, même en cas d'échec du sommet.

"La Corée du Nord pourra dire à la communauté internationale qu'elle a fait tout ce qu'elle a pu pour parvenir à la dénucléarisation au travers de négociations mais qu'elle n'y est pas parvenue à cause des pressions américaines", dit il.

Mardi, des reporters de Chine, de Russie et des États-Unis ont embarqué à Pékin à bord d'un vol pour Wonsan, en Corée du Nord, d'où ils devaient ensuite voyager en train et en bus pendant une vingtaine d'heures le long de la côte est, jusqu'au site d'essais.

Mais les journalistes sud-coréens n'étaient pas montés à bord, Séoul affirmant ne pas avoir reçu la confirmation de la Corée du Nord que ses reporters étaient autorisés à venir.

Mercredi, le ministère sud-coréen de l'Unification a annoncé que c'était désormais chose faite. On ignore comment les journalistes sud-coréens rejoindront leurs confrères étrangers.

Mardi, un porte-parole du ministère avait avancé que le Sud pourrait affréter un vol direct, chose rarissime entre deux pays qui, faute de traité de paix à l'issue du conflit de 1950-1953, sont encore techniquement en guerre.

L'Agence France-Presse, comme d'autres grands médias internationaux, n'a pas été conviée à couvrir l'événement.

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Agriculture: entre "esprit de conquête" et "déception", les débats lancés à l'Assemblée

mer, 05/23/2018 - 07:14

Entre l'"esprit de conquête" de la majorité et la "déception" des oppositions, le projet de loi sur l'agriculture a entamé mardi huit jours de débats au long cours à l'Assemblée, allant du prix payé aux agriculteurs à l'alimentation et au bien-être animal.

Après les quatre mois d'Etats généraux de l'alimentation, le texte est "équilibré" et "bien éloigné des visions parfois folkloriques" de l'agriculture, a affirmé le ministre Stéphane Travert (ex-PS) en ouverture, vantant "un changement de paradigme", notamment pour rendre l'"esprit de conquête" à l'agriculture.

Député de la Creuse et éleveur, le rapporteur Jean-Baptiste Moreau vante un texte "ambitieux" pour répondre aux "réalités du terrain".

Objet d'une intense mobilisation des députés et lobbies, le projet de loi a suscité plus de 2.300 amendements, entamés passé minuit. Et le temps programmé des débats, "tronqués" selon certains groupes ou non inscrits, a été rallongé sur demande LR : l'Assemblée siègera, week-end compris, jusqu'au vote mercredi prochain.

Premier volet : mieux rémunérer les agriculteurs dans un contexte de "guerre des prix" dans l'agroalimentaire, en inversant la construction du prix pour partir du coût de revient des agriculteurs.

"Un agriculteur sur deux gagne moins de 350 euros par mois" et "un agriculteur se suicide tous les trois jours", a souligné Richard Ramos (MoDem), pointant "le fossé que la grande distribution a largement creusé entre agriculteurs et consommateurs".

Si "tout le monde partage l'objectif", selon le rapporteur, les réponses ne font pas l'unanimité.

Les LR, tels leur président et ex-responsable syndical agricole Christian Jacob, songent à voter contre une loi qui "n'accouchera pas de grand-chose".

A l'offensive pour le démarrage de l'article 1er, ils ont notamment plaidé pour des "indicateurs publics", car, "entre David et Goliath, le risque est que la grande distribution fasse des pressions autour du prix."

Pour Charles de Courson (UAI), "si nous ne cassons pas la concentration de pouvoir renforcée vers quatre groupements d'achat, la contractualisation ne sert à rien".

Le ministre a défendu la contractualisation, qui "ne peut fonctionner que si les agriculteurs utilisent les outils supplémentaires de regroupement".

- "Cul entre deux chaises" -

Comme certaines organisations agricoles, FNSEA en tête, pour qui "l'attente est immense", les LR jugent le texte pas à la hauteur sur "les charges" et "le poids des normes". "Rien sur la PAC", le foncier, les accords de libre-échange, critiquent aussi ses orateurs.

"Nous sommes tous, d'une façon ou d'une autre, des filles et fils de paysans. Montrons-leur que l'amour que nous leur portons n'est pas que dans le pré", a glissé Julien Dive.

Et "s'il y a du bon dans cette loi", a jugé mardi Michel-Edouard Leclerc sur son blog, "il y a de l'enfumage" pour "regonfler les marges de certains distributeurs". "Mauvaise foi" et "stratégie : diviser les et monter les contre eux", a riposté sur Twitter le rapporteur.

A gauche, les socialistes affichent leur "déception" devant un volontarisme "trop peu affirmé". "On attendait la marche en avant, on se retrouve avec un pas de côté", selon Guillaume Garot, ex-ministre délégué à l'Agroalimentaire, dont le groupe entend "donner de la chair".

Pour les communistes, ce texte, "corseté par son idéologie libérale", "de près, ce n'est rien". "Vous avez manqué de courage" en évitant "l'affrontement contre la grande distribution", a reproché leur président André Chassaigne, dépeignant la contractualisation comme "une farce".

L'Insoumis François Ruffin a critiqué "une loi famélique" et une majorité "le cul entre deux chaises" qui "tente de réguler un peu et signe le Ceta, les accords avec le Mercosur, le Mexique".

Le second volet sur une alimentation plus saine et durable plus un respect du bien-être animal promet des débats "plus musclés", anticipe le rapporteur, prévoyant que LR "nous présente en vilains écolos bobos".

Il y aura des "oppositions internes" par "conviction personnelle" chez LR, PS, "chez nous aussi", selon lui.

Chef de file MoDem, Marc Fesneau a appelé devant la presse à ne pas "braquer" le monde agricole sur "des situations où il n'y a pas de solution même technique", Nicolas Turquois, agriculteur, avertissant contre une loi "trop bobo".

Des élus de plusieurs groupes, y compris certains marcheurs comme Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, espèrent néanmoins "de nouvelles avancées", dont une "programmation raisonnée de la fin du glyphosate" gravée dans la loi. Sur le glyphosate, l'ex-ministre PS Delphine Batho a affirmé que l'Uipp (Monsanto, Bayer, etc) avait eu accès ces dernières semaines à son amendement d'interdiction "plus de 90 heures" avant les députés.

Le bien-être animal promet également d'agiter l'hémicycle.

Au lendemain d'un appel de Brigitte Bardot entre autres pour la vidéosurveillance dans les abattoirs, l'UAI Thierry Benoît a ironisé sur la "retraitée de Saint-Tropez" là où Olivier Falorni (non inscrit) a défendu la vidéosurveillance, "promesse électorale d'Emmanuel Macron".

parl-ic-chl/bd

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Volcan Kilauea: la lave approche une usine géothermique à Hawaï

mer, 05/23/2018 - 07:12

Les rivières de lave qui coulent lentement depuis le volcan Kilauea à Hawaï s'approchent d'une usine électrique, les autorités se pressant de prendre des mesures pour protéger l'installation et éviter de très dangereuses émanations de gaz toxique.

La défense civile s'est toutefois voulue rassurante, indiquant qu'il n'y avait pas de "menace immédiate" sur l'Entreprise géothermique de Puna (PGV en anglais), une usine de 38 mégavolts qui dépend du gouvernement de l'Etat d'Hawaï.

"Les fissures près de l'Entreprise géothermique de Puna sont actives et produisent de la lave qui afflue lentement vers la propriété. Cette activité a détruit l'ancien projet géothermique de Hawaï dans une zone adjacente à la PGV", détaille le comté d'Hawaï sur son site internet mardi.

Le scénario du pire serait l'émission de vapeurs de sulfure d'hydrogène, un gaz très toxique, a commenté le chef de l'agence de gestion des urgences (EMA), Tom Travis, lors d'une conférence de presse tard lundi soir.

Les autorités signalent des émissions "élevées de dioxyde de soufre et appellent les résidents à se préparer à évacuer en urgence en cas d'émanations de gaz toxiques ou d'inondation de lave", ajoutant que "les résidents de la partie basse de Puna traversent une période très difficile".

La défense civile a précisé sur son site internet qu'une éruption explosive avait eu lieu à 3H45 locales (11H45 GMT) au sommet du volcan Kilauea, qui s'est traduite par un panache de fumée atteignant 2.666 mètres.

Deux coulées de lave ont atteint l'océan sur la côte sud-est de Puna sur la Grande île de Hawaï, selon un communiqué dimanche de l'agence américaine de géologie et sismologie (USGS).

La rencontre de la lave incandescente avec l'eau produit des fumées acides, un phénomène appelé "laze" en anglais, mot formé à partir de "lava" (lave) et de "haze" (brouillard).

Le Kilauea est l'un des volcans les plus actifs du monde et l'un des cinq que compte l'île de Hawaï, la plus grande de l'archipel. Plusieurs milliers de personnes ont été évacuées depuis le début de son éruption le 3 mai.

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Décès de Philip Roth, l'un des plus grands écrivains de l'Amérique contemporaine

mer, 05/23/2018 - 07:00

Géant de la littérature américaine et mondiale, Philippe Roth est mort mardi à l'âge de 85 ans, six ans après avoir arrêté l'écriture et sans jamais avoir obtenu le Prix Nobel pour lequel il avait été si souvent cité.

Sa mort a été annoncée mardi soir par plusieurs médias américains, dont le New York Times et le magazine New Yorker.

Après un demi-siècle à imaginer des histoires qui l'ont rendu célèbre dans le monde entier, et deux ans après son dernier roman "Némésis", il avait annoncé en 2012 qu'il n'avait plus l'énergie de gérer la frustration qui accompagne la création littéraire.

Une décision qu'il justifiait encore ces dernières années: "Raconter des histoires, cette chose qui m'a été si précieuse durant toute mon existence, n'est plus au coeur de ma vie", expliquait-il au journal français Libération. "C'est étrange. Jamais je n'aurais imaginé qu'une chose pareille puisse m'arriver".

Régulièrement, presqu'inlassablement, l'écrivain aux multiples récompenses (Pulitzer en 1998 pour "Pastorale américaine", National Book Award en 1960 pour "Goodbye, Columbus" et en 1995 pour "le Théâtre de Sabbath") était donné favori pour le Nobel. Mais le prix lui a toujours échappé.

Grand ténébreux au sourcil broussailleux, petit-fils d'immigrés juifs d'Europe de l'Est, Philip Roth a écrit, debout à son pupitre, près de 30 romans: récits provocateurs des moeurs de la petite bourgeoisie juive américaine, satires politiques, réflexions sur le poids de l'Histoire ou sur le vieillissement, ses oeuvres sont presque toujours entre autobiographie et fiction.

Sa plume exigeante et sa lucidité implacable sur la société américaine ont fait de lui une figure majeure de la littérature d'après-guerre. C'est le seul écrivain vivant dont l'oeuvre a été éditée par la Library of America. En France, il commencé d'être édité dans la prestigieuse collection de La Pléiade.

- Premiers succès, premiers malentendus

Né le 19 mars 1933 dans un quartier juif de Newark (New Jersey), fils d'un agent d'assurances, il publie son premier ouvrage, "Goodbye, Columbus" en 1959, après quelques années à enseigner la littérature.

Ce recueil de nouvelles lui vaut un premier succès, mais aussi de premières accusations d'antisémitisme.

Un malentendu qui reviendra avec "Portnoy et son complexe", paru en 1969, qui fait scandale mais lui vaut aussi succès immédiat et notoriété mondiale.

Son jeune héros y aborde sans détour face à son psychanalyste les affres de la masturbation et son rapport obsessif à sa mère, à l'Amérique et à la judéité.

Des représentants de la communauté juive le jugent teinté d'antisémitisme. D'autres dénoncent de la pornographie pure et simple.

"J'adore écrire sur le sexe. Vaste sujet! Mais la plupart des événements racontés dans mes livres n'ont jamais existé. Même s'il faut quelques éléments de réalité pour commencer à inventer", dira plus tard Philip Roth.

A la fin des années 1970, influencé entre autres par le romancier juif américain Saul Bellow, Roth commence une série de neuf livres ayant pour personnage central un jeune romancier juif, Nathan Zuckerman, son double.

Parmi ces romans, trois de ses plus grands succès: "Pastorale américaine" (1997), sur les ravages de la guerre du Vietnam dans la conscience nationale, "J'ai épousé un communiste" (1998) sur le maccarthysme, et "La tache" (2000) qui dénonce une Amérique puritaine et renfermée sur elle-même.

Il y eut aussi "Les faits" (1988), une autobiographie sur les 36 premières années de sa vie, entamée après une dépression. Et "Opération Shylock: une confession" (1993), où le narrateur se nomme...Philip Roth, encore un double de l'écrivain.

- Frustration d'écrire -

"Le complot contre l'Amérique", sorti en 2004, imagine le destin d'une famille juive de Newark si les Etats-Unis avaient élu l'aviateur Charles Lindbergh, aux sympathies pro-nazies, plutôt que de réélire Franklin D. Roosevelt en 1940.

Ce roman, qui brouille constamment la frontière entre fiction et réalité, est revenu récemment dans l'actualité: beaucoup y ont vu des correspondances avec l'élection de Donald Trump.

Philip Roth, qui vivait seul entre sa maison du Connecticut rural (nord-est) et son appartement à Manhattan, était néanmoins sorti de sa retraite fin janvier pour balayer toute analogie avec l'accession au pouvoir du milliardaire.

Tandis que Lindbergh était "un grand héros" avec de la "substance", écrivait-il au New Yorker, Trump est un président "ignorant du gouvernement, de l'histoire, de la science, de la philosophie, de l'art, incapable d'exprimer ou de reconnaître une subtilité ou une nuance" et utilisant "un vocabulaire de 77 mots".

Si la politique et la société américaine ont été au coeur des oeuvres de Philip Roth, la vieillesse et la mort ont hanté ses récents ouvrages comme "Un homme" (2006) ou "Le rabaissement" (2009).

En 2012, il annonce avoir renoncé à écrire et explique que "Nemesis", paru en 2010, était son dernier roman.

"Je n'ai plus l'énergie pour supporter la frustration. Ecrire est une frustration quotidienne, et je ne parle pas de l'humiliation", explique-t-il alors au New York Times. "Je ne peux plus passer des jours à écrire cinq pages, que je jette ensuite".

En 2014, il raconte au quotidien suédois Svenska Dagbladet avoir relu ses 31 livres pour "savoir si j'avais perdu mon temps. On ne peut jamais être sûr, vous savez".

Et ce génie littéraire, sans enfant, d'ajouter avoir ressenti "un énorme soulagement: c'est une expérience presque sublime de n'avoir plus à s'inquiéter que de la mort".

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Etats-Unis: grande avancée pour le "droit d'essayer" des médicaments expérimentaux

mer, 05/23/2018 - 06:51

Le Congrès américain a approuvé mardi une loi controversée, vigoureusement soutenue par Donald Trump, qui permettra à des patients en phase terminale d'essayer des traitements expérimentaux encore non-autorisés.

"Nous disposons à portée de main de traitements novateurs" qui pourraient donner à ces patients, ayant souvent tout essayé parmi les traitements disponibles, "une deuxième chance à la vie", a plaidé le républicain Michael Burgess, lui-même médecin, lors des débats à la Chambre des représentants avant l'adoption finale du texte.

Ce texte sur le "droit à essayer" sera rapidement promulgué par le président américain, qui avait plaidé en sa faveur.

Des médecins et des associations de patients atteints de maladies rares ont toutefois dénoncé ces derniers mois une loi démagogique créatrice de "faux espoirs".

Mardi, des élus démocrates ont de nouveau mis en garde contre les failles d'un texte qui permettra à des laboratoires pharmaceutiques et des patients de contourner en grande partie les autorités sanitaires américaines (FDA).

Avant ce texte, les médecins pouvaient déjà demander aux compagnies pharmaceutiques de donner un médicament expérimental à leur patient de façon dérogatoire, à condition que le traitement ait passé la première étape des tests cliniques, c'est-à-dire la phase sommaire où le médicament a été testé sur une vingtaine de personnes en bonne santé pour vérifier qu'il n'est pas toxique.

Si les laboratoires acceptaient (les chiffres manquent sur leur taux de réponse), la FDA approuvait ensuite la demande dans plus de 99% des cas, en général en quelques jours et en recommandant parfois des ajustements. Chaque année, un millier de patients profitent de cette voie d'accès "étendue".

Avec la nouvelle loi, la FDA n'aura plus de droit de regard et sera simplement informée, notamment en cas d'effet négatif grave. Les laboratoires seront les seuls à décider de partager ou non leurs molécules. De tels textes ont déjà été adoptés dans 38 des 50 Etats américains depuis quatre ans.

"Il s'agit d'une loi dangereuse qui menace l'autorité de la FDA sur les garanties que les traitements médicaux sont sûrs et efficaces", a martelé un élu démocrate de la Chambre, Frank Pallone.

"Si (cette loi) est bonne, pourquoi 100 associations de patients s'y opposent-elles?", a renchéri une autre démocrate, Jan Schakowsky. "Elle ouvre grand la porte aux charlatans".

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Philip Roth, le géant de la littérature américaine, est mort à l'âge de 85 ans

mer, 05/23/2018 - 06:45
Auteur de plus de 30 livres, dont "Pastorale américaine" pour lequel il a remporté un prix Pulitzer en 1998, l'écrivain Philip Roth, est décédé mardi à l'âge de 85 ans dans un hôpital new-yorkais, ont annoncé plusieurs médias américains.
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Philip Roth, géant de la littérature américaine, meurt à 85 ans

mer, 05/23/2018 - 06:40

L'écrivain américain Philip Roth, un géant de la littérature américaine, est mort mardi à 85 ans, selon plusieurs médias américains, dont le New York Times et le magazine The New Yorker.

Contacté par l'AFP, son agence littéraire, The Wylie Agency, n'a pas donné suite dans l'immédiat.

Observateur lucide de la société américaine et de ses travers, le natif de Newark (New Jersey), avait été régulièrement pressenti pour le Nobel de littérature, sans jamais l'obtenir néanmoins.

Il est notamment l'auteur de "La Tache", "Le complot contre l'Amérique", ou "Pastorale américaine", qui lui vaudra le prix Pulitzer en 1998.

C'est le livre "Portnoy et son complexe" qui l'avait révélé au grand public en 1969, un ouvrage qui avait fait scandale, à la fois pour ses descriptions sexuelles très crues et sa façon d'aborder la judaïté.

Régulièrement salué comme le plus grand écrivain américain vivant, il avait annoncé sa décision d'arrêter d'écrire en 2012.

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Philip Roth, géant de la littérature américaine, meurt à 85 ans

mer, 05/23/2018 - 06:00

L'écrivain américain Philip Roth, un géant de la littérature américaine, est mort mardi à 85 ans, selon plusieurs médias américains.

Observateur lucide de la société américaine et de ses travers, le natif de Newark (New Jersey), avait été régulièrement pressenti pour le Nobel de littérature, sans jamais l'obtenir néanmoins.

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Le Congrès américain assouplit la régulation bancaire

mer, 05/23/2018 - 05:40

Le Congrès américain a adopté mardi une loi assouplissant les régulations bancaires mises en place après la crise financière de 2008 pour prévenir un nouveau crash et maîtriser les excès de Wall Street.

La Chambre des représentants a approuvé par une confortable majorité ce texte qui devrait désormais rapidement être signé par le président Donald Trump, un de ses ardents défenseurs.

Avec cette nouvelle loi, des milliers de banques de petite et moyenne tailles ne seront plus soumises à certaines règles de contrôle imposées par la loi Dodd-Frank de 2010. Mais les réglementations clés visant aux Etats-Unis les plus grands établissements restent en place.

"C'est une avancée majeure pour libérer notre économie de l'excès de régulation", s'est réjoui le chef républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan.

L'administration Trump appelait de ses voeux cette nouvelle loi protégeant, selon elle, les banques face à une "régulation excessive". Mais pour ses opposants, dont la cheffe de la majorité démocrate à la Chambre, Nancy Pelosi, elle frappe de plein fouet les protections érigées après la crise de 2008.

Elle "menace potentiellement la stabilité de notre système financier et de notre économie", a-t-elle déclaré lors des débats avant l'adoption du texte. "Cette loi nous ramènera à l'époque où l'imprudence débridée de Wall Street a provoqué un effondrement financier historique", s'est-elle encore insurgée.

Le Sénat avait déjà adopté ce texte le 14 mars, dix ans jour pour jour après le crash de la banque Bear Stearns, basée à New York, qui avait donné le coup d'envoi de la crise financière mondiale. Le texte a été approuvé mardi à la Chambre par 258 voix --dont 33 démocrates-- contre 159.

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Plan Borloo : "Opération enfouissement", pour la presse

mer, 05/23/2018 - 05:20

Les mesures dévoilées mardi par Emmanuel Macron pour les quartiers défavorisés ressemblent à une "opération enfouissement" du rapport Borloo sur les banlieues, estime mercredi la presse.

Le Parisien dénonce une "opération enfouissement" alors que La Croix constate que "sur les banlieues, Emmanuel Macron privilégie le verbe", quand Le Figaro trouve que sur le sujet "Macron cherche encore sa politique".

Cécile Cornudet des Echos juge que "ces phrases du chef de l?Etat ne peuvent se traduire que d?une seule façon : ce n?est pas Jean-Louis Borloo qui décide de la politique à mener dans les quartiers".

Libération voit un Macron "plan-plan" sur les banlieues et évoque "la discorde de la méthode". Laurent Joffrin souligne que "quand on se fixe pour objectif de ne pas faire quelque chose, en général, on y arrive : mission accomplie."

Il fait partie de ceux, ils sont plusieurs, qui se demandent : "Pourquoi le Président a accepté que Jean-Louis Borloo fasse un +énième plan+, pour déclarer ensuite que la démarche est dépassée."

"Hier, Emmanuel Macron a fragmenté un peu plus la République", se désole Paule Masson de L'Humanité. "L?idée même de réparation des inégalités est enterrée. Et, quoi qu?on en dise, le rapport Borloo avec," déplore-t-elle.

- "Fossoyeur" -

"De propositions en longues considérations, Emmanuel Macron a escamoté le plan Borloo," assure Vincent Trémolet de Villers du Figaro. "Né avec la politique de la ville, le président de la République en est le fossoyeur," ajoute l'éditorialiste du quotidien conservateur.

"Le big bang pour pas cher ?: telle est la promesse aux banlieues du président Macron," relève Didier Rose des Dernières Nouvelles d'Alsace.

"Le président a bien saisi la réalité de la banlieue d?aujourd?hui", écrit Jean-Marc Chevauché du Courrier Picard, "mais s?il croit la transformer petit à petit à la seule force de la volonté, il se fourre le doigt dans l?oeil jusqu?à l?omoplate gauche, et en même temps de droite", commente-t-il encore.

"Le plan bisounours (quel plan ?) présenté par le président ressemble à une coquille vide", s'étonne Yann Marec dans le Midi Libre qui détaille : "pas d?horizon. Pas d?objectifs. Pas un sou."

Dans La République des Pyrénées, Jean-Michel Helvig pense aussi qu'on "pouvait voir là une manière de passer à la trappe ce fameux rapport Borloo".

"Entre le plan Marshall à 48 milliards et le service minimum pour respecter quelques engagements de campagne électorale, Macron a choisi", déplore encore Sébastien Lacroix de L'Union/L'Ardennais. "Quitte à échouer sur les banlieues, autant le faire à moindres frais", conclut-il.

L'ex-ministre Jean-Louis Borloo est l'auteur d'un rapport ambitieux qui devait nourrir la réflexion du chef de l'Etat sur l'action à mener dans les quartiers prioritaires.

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Mercredi à la SNCF: grève, scores de la "vot'action", la réforme au Sénat

mer, 05/23/2018 - 05:00

Un mercredi chargé sur l'agenda SNCF: les cheminots sont appelés à la 21e journée de grève depuis début avril, les syndicats dévoilent les résultats de leur "vot'action" et les sénateurs s'emparent en commission du dossier de la réforme ferroviaire.

C'est en milieu de matinée que l'intersyndicale CGT, Unsa, SUD et CFDT annoncera à la presse les scores de sa consultation, pendant laquelle les cheminots ont pu glisser dans des urnes artisanales un bulletin "pour" ou "contre" le projet gouvernemental de réforme de la SNCF.

Initialement prévue sur sept jours, la "vot'action" avait été prolongée pour "permettre au plus grand nombre de cheminots de voter", alors qu'elle connaissait "un très fort succès, y compris parmi l'encadrement et malgré les entraves de la direction" à l'organisation du scrutin, avait expliqué jeudi Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots.

Cette consultation, qui n'a pas de valeur légale, a été rétrogradée au rang de "pétition" par la direction du groupe ferroviaire. Elle n'a "aucune légitimité" aux yeux du patron de la SNCF, Guillaume Pepy, "parce que la réforme dont on parle, c'est une réforme qui appartient au Parlement puisqu'il faut changer de loi".

De leur côté, les sénateurs de la commission de l'Aménagement du territoire et du Développement durable examineront mercredi le projet de loi de réforme ferroviaire. Au total, 169 amendements ont été déposés sur ce texte qui arrivera en séance publique au Sénat à partir du 29 mai, avant un vote solennel prévu le 5 juin.

Mercredi sera le premier jour du 11e épisode de la grève lancée début avril par les syndicats CGT Cheminots, Unsa ferroviaire et CFDT Cheminots - SUD-Rail, autre syndicat représentatif à la SNCF, ayant lancé de son côté un appel illimité à la grève.

Le trafic sera de nouveau perturbé avec trois TGV sur cinq, un TER et Transilien sur deux, ainsi que deux trains Intercités sur cinq en circulation, selon les prévisions du groupe. A l'international, il y aura deux trains sur trois. Ces prévisions sont légèrement meilleures que celles pour vendredi dernier, précédent jour de grève en semaine.

Egalement à retenir: le lancement, mercredi, de l'examen des dossiers de demande de soutien financier de grévistes par l'association qui va gérer la cagnotte des intellectuels (dotée de plus de 1,1 million d'euros) et le rendez-vous, vendredi, des syndicats avec le Premier ministre Edouard Philippe à Matignon.

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Sous Trump, bacon et donut bientôt réautorisés pour chasser l'ours en Alaska

mer, 05/23/2018 - 04:59

Il sera bientôt possible pour les chasseurs en Alaska d'appâter les ours avec du bacon ou des donuts dans les zones protégées, l'administration Trump souhaitant revenir sur des réglementations adoptées sous Barack Obama.

Le National Park Service (NPS) a en effet présenté mardi un projet de réglementation qui annule des mesures prises en 2015.

Le NPS avait à l'époque interdit plusieurs pratiques, dénoncées par les associations de défense des animaux, dans les zones fédérales protégées d'Alaska.

Ces pratiques, bientôt de nouveau autorisées par la nouvelle administration républicaine, comprenaient notamment l'utilisation de chiens pour chasser les ours noirs et l'usage de lampes pour traquer ces animaux et leurs oursons dans leur tanière.

Les appâts avaient également été interdits dans la chasse aux ours noirs et bruns.

"Le bacon, le gras de viande et les donuts sont souvent utilisés" comme appâts, avait à l'époque rappelé le NPS, qui dépend du ministère de l'Intérieur.

"Le NPS a annoncé aujourd'hui une proposition pour amender ses règlements concernant la chasse et la capture d'animaux dans les zones protégées d'Alaska", selon un communiqué.

"Cette proposition mettrait fin à des propositions réglementaires passées en 2015 qui interdisent certaines pratiques", précise cette même source, ajoutant que le NPS souhaite harmoniser les réglementations fédérales avec les lois sur la chasse en vigueur en Alaska.

Cette réglementation, publiée au Journal Officiel américain (Federal Register) mardi, devrait définitivement être adoptée dans deux mois.

En avril 2017, une loi votée par le Congrès républicain était déjà revenue sur certaines réglementations démocrates, rendant notamment de nouveau possible la chasse aérienne à l'ours, depuis un avion ou un hélicoptère, en Alaska.

L'administration Trump s'attire régulièrement les foudres des associations de défense des animaux.

En novembre 2017, elle a de nouveau autorisé les chasseurs américains à importer des trophées d'éléphants tués au Zimbabwe et en Zambie.

Et en mars 2018, son nouveau Conseil de préservation de la vie sauvage s'est réuni pour la première fois. Il est constitué de professionnels de la chasse et présidé par un magnat du charbon. Le ministre de l'Intérieur Ryan Zinke, originaire du Montana, est lui-même chasseur.

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AC Ajaccio-Toulouse : barrage, polémiques et match à huis clos

mer, 05/23/2018 - 04:56

Le match aller de barrage entre l'AC Ajaccio (Ligue 2) et Toulouse (Ligue 1) se joue mercredi à Montpellier (20h45), sur terrain neutre et à huis clos, après une polémique corse qui a enflammé la France.

Épisode 3 à Montpellier. Le stade François-Coty d'Ajaccio suspendu après les incidents du pré-barrage contre Le Havre (L2), la Ligue de football professionnel (LFP) a choisi mardi, dans l'urgence, de valider la qualification de l'ACA contre Le Havre (2-2, 5-3 aux t.a.b.), malgré la plainte du club normand, et de faire jouer le match aller de barrage dans un stade vide, loin d'Ajaccio, au grand dam des dirigeants corses.

"C'est une honte, ça ne répond à aucun cadre judiciaire, proteste le président du club corse Léon Luciani. On a joué 19 matches, ici, à Ajaccio, il ne s'est jamais rien passé. On a fait appel et on ira devant les tribunaux".

Les dirigeants du HAC ne sont pas satisfaits non plus. Ils ont été déboutés mardi de leur demande de match gagné sur tapis vert. Vendredi, le pré-barrage n'avait pu se disputer, leur car ayant été attaqué par un groupe de supporters. Dimanche, la rencontre reportée a été très houleuse, avec cinq cartons rouges et un coup de pied au président du club normand, Vincent Volpe, dénoncé par Le Havre et corroboré par la députée de Seine-Maritime Agnès Firmin Le Bodo, présente dans les tribunes.

- La polémique s'est étendue -

Le président de l'AC Ajaccio, Léon Luciani, veut porter plainte contre le président du Havre pour dénonciation calomnieuse, et le club normand dénonce pour sa part l'agression de son dirigeant et les insultes racistes contre ses joueurs.

En Corse, la polémique s'est étendue du monde sportif à la vie politique de l'île, suscitant une multiplication de réactions dénonçant du "racisme anti-corse".

Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de l'île de Beauté a fustigé mardi dans un tweet "le climat d'hystérie anti-corse" et "les pressions politiques venues du plus haut niveau de l'État".

Le Premier ministre et ancien maire du Havre Édouard Philippe s'est dit quant à lui "consterné" par les incidents. "Consterné par l'enchaînement des faits, consterné par la violence et la brutalité de l'arrivée au stade des joueurs havrais vendredi soir, consterné par la violence, la tension qui a régné aux abords du stade et dans le stade dimanche soir", a-t-il lancé dans son Facebook Live hebdomadaire, en estimant que "le football a perdu" dans cette affaire.

Il lui reste une petite chance de se refaire, mercredi, et lors du match retour dimanche, à Toulouse.

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Egypte: un journaliste condamné à dix ans de prison

mer, 05/23/2018 - 04:46

Le journaliste et chercheur spécialiste du mouvement jihadiste dans le Sinaï Ismail Alexandrani a été condamné à dix ans de prison par une cour militaire égyptienne, a affirmé mardi son avocat.

Alexandrani, arrêté en novembre 2015, est accusé de faire partie des Frères Musulmans, la confrérie panislamique déclarée organisation terroriste par l'Egypte en 2013, ainsi que d'avoir publié des secrets militaires, a expliqué Me Tarek Abdel Aal à l'AFP.

Il a également été accusé de diffuser des informations susceptibles de nuire à la sécurité nationale dans ses entretiens et ses articles, a ajouté le conseil qui a également assuré qu'il ferait appel.

Arrêté il y a deux ans et demi à son retour de Berlin à l'aéroport d'Hurghada, station balnéaire sur les bords de la mer Rouge, il était depuis maintenu en détention provisoire.

Spécialiste notamment de la question jihadiste dans le nord du Sinaï, où les forces de sécurité luttent contre une insurrection menée par le groupe Etat islamique, Alexandrani s'était rendu en Allemagne pour dispenser des cours sur la situation en Egypte, à en croire sa femme Khadija Gaafar.

Il est également connu pour ses écrits anti-régime et pour sa critique du rôle de l'armée en politique.

La revue française "Orient XXI", à laquelle il contribue, a confirmé la sentence. Fin 2017, Reporters sans frontières avait réclamé sa libération "sans condition".

Ce verdict "illustre les représailles vicieuses du gouvernement contre les journalistes qui traitent des questions sensibles", a estimé la directrice Moyen-Orient de Human Rights Watch Sarah Leah Whitson.

"C'est également un rappel que le gouvernement entend garder les abus des militaires sur les habitants du Sinaï loin des médias", a-t-elle ajouté.

Les associations de défense des droits de l'homme accusent le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi d'avoir installé un régime répressif non seulement contre les Islamistes, mais élargies progressivement à toute forme de dissidence.

Al-Sissi, a été élu en 2014, un an après avoir mené le coup d'état militaire contre le président islamiste Mohamed Morsi. Il a été réélu à la tête du pays en mars 2018.

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Bruxelles va proposer de sortir la France de la procédure pour déficit excessif

mer, 05/23/2018 - 04:40

La Commission européenne va proposer mercredi de sortir la France de la procédure pour déficit excessif ouverte contre elle en 2009, à la faveur de performances budgétaires enfin dans les clous européens.

Cette proposition devra encore être formellement entérinée par les ministres des Finances de l'Union européenne avant une sortie effective en juillet.

"C'est une bonne nouvelle pour les Français parce que cela veut dire que nous assainissons les comptes publics", s'était réjoui début mai le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, avant même l'annonce formelle de la Commission.

"Mais il ne faut faire preuve d?aucun triomphalisme", avait averti M. Le Maire, appelant à poursuivre les efforts.

Après 2,6% du PIB en 2017, le déficit public français atteindra 2,3% en 2018, puis 2,8% en 2019, a estimé la Commission européenne dans ses dernières prévisions économiques.

Ces trois exercices sous la fameuse "barre des 3,0%" du PIB, après 10 ans de dérapage, prouvent à ses yeux que la correction budgétaire de Paris est durable.

Cette annonce constitue une avancée positive pour le président français Emmanuel Macron, dont les ambitions pour réformer l'UE étaient jusqu'alors décrédibilisées sur la scène européenne par les performances budgétaires françaises.

La France était en effet l'un des deux derniers pays de la zone euro, avec l'Espagne, encore concernés par la procédure pour déficit excessif, qui peut aboutir à des sanctions et des amendes, même si cela ne s'est encore jamais produit.

- 'Poison' de la dette -

Madrid restera au final le seul pays épinglé - au moins jusqu'à l'an prochain.

Mais les regards se tournent également vers l'Italie, dont le gouvernement populiste et eurosceptique inquiète l'Europe et les marchés.

Pendant la crise économique, les pays de l'UE ont été jusqu'à 24, en 2011, à être simultanément sous le coup de cette procédure pour déficit excessif, susceptible d'être lancée contre un Etat membre dont le déficit public dépasse 3,0% de son PIB.

Ces règles en matière de dette et de déficit publics, auxquelles la France est soumise comme l'ensemble des pays de l'UE, visent à garantir la stabilité de la zone euro.

Une fois que Paris aura officiellement quitté cette procédure, son budget devra répondre - et ce dès 2018 - à des règles plus strictes que la seule contrainte des 3,0%.

Parmi les critères déterminants, celui de la réduction du déficit structurel, c'est-à-dire le déficit calculé sans les effets de la croissance.

Cet effort structurel, fixé par la Commission, doit contribuer à la réduction de la dette française, qui atteindra encore 96,4% du PIB en 2018 et 96,0% en 2019.

"La dette est un poison pour notre pays", avait affirmé Bruno Le Maire. "Il serait irresponsable de ne pas poursuivre" dans la voie de sa réduction, selon lui.

Certaines annonces récentes de Paris, susceptibles d'accroître ses dépenses, comme par exemple la reprise partielle de la dette de la SNCF, pourraient cependant compliquer la donne.

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Proportionnelle et baisse des parlementaires en Conseil des ministres

mer, 05/23/2018 - 04:40

30 % de parlementaires en moins, 15 % de proportionnelle aux législatives et trois mandats consécutifs maximum : les points les plus emblématiques de la réforme des institutions passent en Conseil des ministres mercredi.

Deux semaines après le texte constitutionnel - essentiellement consacré à l'indépendance de la justice et aux pouvoirs du Parlement - l'exécutif présente les deux autres projets de loi - simple et organique - portant les dispositions phares de cet engagement de campagne d'Emmanuel Macron.

Ces textes prévoient une réduction de 30 % du nombre de parlementaires pour aboutir à 404 députés (contre 577 actuellement) et 244 sénateurs (contre 348).

Si le chef de l'Etat défend "un Parlement moins nombreux mais renforcé dans ses moyens", droite et gauche critiquent une diminution créant des députés "hors sol", "dans des circonscriptions XXL".

Pour appliquer la dose retenue de 15 % de proportionnelle, 61 députés seront élus sur des listes nationales. Au premier tour des législatives, les électeurs devront donc choisir deux bulletins : un pour le député de leur circonscription élu au scrutin majoritaire à deux tours, un pour le député élu à la proportionnelle. Huit autres députés représentant les Français de l'étranger seront aussi élus à la proportionnelle dans une circonscription dédiée.

L'introduction de proportionnelle, fait bondir le président des députés LR Christian Jacob, qui y voit un risque "d'instabilité". Certains "marcheurs" confient en privé qu'ils souhaiteraient une dose moindre. A l'inverse, elle ne comble pas le MoDem de François Bayrou, qui souhaitait 25 % pour une meilleure représentativité des courants politiques.

Pour les 335 circonscriptions restant au scrutin majoritaire, le projet de loi autorise le gouvernement à les redécouper par ordonnance. Une opération complexe sachant que l'exécutif garantit aux départements les moins peuplés de garder un député et doit respecter certains équilibres démographiques.

Au nom "d'un objectif de renouvellement", la limitation du cumul dans le temps à trois mandats, soit quinze ans pour les députés et 18 pour les sénateurs, est aussi au menu.

Mais cette "atteinte au droit d'éligibilité", comme le dénonçait un temps vigoureusement le président LR du Sénat Gérard Larcher, sera "très limitée", écrit lui-même le gouvernement. Elle ne concernera que des mandats identiques, complets et successifs. Et seul le mandat en cours sera pris en compte dans le calcul. Les premiers députés concernés par cette interdiction le seront en... 2032.

Gérard Larcher et les sénateurs LR sont dorénavant vent debout contre une autre disposition, le renouvellement intégral de la chambre haute en septembre 2021, et non par moitié comme actuellement.

- Le temps du Parlement -

Sur le papier, ces deux textes sont plus faciles à faire voter pour l'exécutif que la révision constitutionnelle, laquelle nécessite l'adoption du même texte par l'Assemblée et le Sénat à majorité de droite (avant un Congrès ou un référendum ensuite).

Mais les trois projets de loi forment "un paquet global", et, choix symbolique, le président du groupe majoritaire Richard Ferrand sera "rapporteur général" sur l'ensemble des textes.

Autre signal, le MoDem sera notamment chargé, via son président de groupe Marc Fesneau, de la sensible question du travail parlementaire (raccourcissement de la procédure législative, pouvoirs de contrôle et d'évaluation du Parlement, etc). Ce sujet pourrait être le plus âprement débattu, car le texte gouvernemental a déçu l'opposition mais aussi la majorité sur ce point, probablement celui où l'exécutif laissera le plus de grain à moudre.

"Le temps du Parlement commence maintenant", résume la présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet, chargée du volet justice de la réforme constitutionnelle.

Edouard Philippe et la ministre de la Justice Nicole Belloubet seront d'ailleurs mercredi soir à l'Assemblée pour un premier débat avec les députés de la majorité.

Après des auditions, le projet de loi constitutionnelle devrait être examiné en commission à partir du 19 juin puis dans l'hémicycle tout début juillet.

Le Sénat devrait s'en emparer à la rentrée alors que l'Assemblée se penchera sur les deux autres projets de loi. L'objectif est que la réforme soit parachevée en 2019.

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Maduro réplique à Trump et expulse ses représentants au Venezuela

mer, 05/23/2018 - 04:36

De nouvelles représailles de Washington étaient attendues après la décision du président vénézuélien Nicolas Maduro, réélu dimanche lors d'un scrutin très critiqué par la communauté internationale, d'expulser ses deux plus hauts représentants diplomatiques à Caracas, en réplique aux nouvelles sanctions des Etats-Unis.

"J'ai déclaré persona non grata le chargé d'affaires des Etats-Unis (Todd Robinson, ndlr) et j'annonce son départ dans les 48 heures", a déclaré le président socialiste, accusant M. Robinson de fomenter un complot militaire, économique et politique contre lui.

Nicolas Maduro a également ordonné l'expulsion du numéro deux de la mission diplomatique (les deux pays n'ont plus d'ambassadeurs respectifs depuis 2010), Brian Naranjo, qu'il a accusé d'être le représentant local de la CIA.

Il réplique ainsi au décret signé lundi par son homologue américain Donald Trump, visant à réduire la capacité du Venezuela à vendre ses actifs.

Washington pourrait d'ailleurs ne pas en rester là, un responsable du département d'Etat ayant dit mardi que les Etats-Unis pourraient prendre des "mesures réciproques appropriées" une fois reçue la "notification de la part du gouvernement vénézuélien à travers les canaux diplomatiques" de l'expulsion de leurs deux diplomates.

Ces nouvelles sanctions américaines s'inscrivent dans le concert de critiques internationales après la victoire de M. Maduro, 55 ans, avec 68% des voix contre 21,2% à son principal adversaire, Henri Falcon, 56 ans, dans le contexte d'une abstention record de 54% et d'un boycott par l'opposition qui dénonçait une "supercherie".

- "Irrégularités" selon l'UE -

Les résultats annoncés, qualifiés de "farce" par les Américains, ont été aussi rejetés par le Groupe de Lima, une alliance de 14 pays d'Amérique et des Caraïbes qui comprend l'Argentine, le Brésil, le Canada, la Colombie et le Mexique. Ils ont rappelé dès lundi leurs ambassadeurs au Venezuela.

Mardi, Bruxelles a également haussé le ton: "L'Union européenne envisage des sanctions", a fait savoir la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, dénonçant de "nombreuses irrégularités signalées le jour du scrutin, y compris l'achat de votes".

Face à ces critiques, Caracas reste inflexible et crie au complot.

"Nous n'avons jamais vu une attaque internationale aussi impitoyable que celle menée contre ce processus" électoral, a dénoncé mardi la présidente du Conseil national électoral (CNE), la chaviste Tibisay Lucena, à l'occasion de la cérémonie de proclamation officielle de l'élection de M. Maduro.

Le ministère des Affaires étrangères a quant à lui fustigé "le lynchage politique et financier" du Venezuela par les Etats-Unis, où gouverne un "régime suprématiste, raciste et interventionniste (...) inspiré par les postulats néfastes du Ku Klux Klan".

- Militaires arrêtés -

Mardi, la justice militaire vénézuélienne a emprisonné mardi onze officiers des forces armées vénézuéliennes, accusés d'avoir comploté des actions déstabilisatrices contre le président Maduro.

Ils ont été accusés de "mutinerie, d'incitation à la mutinerie, de crimes contre la discipline militaire et de trahison de la patrie", a déclaré à l'AFP l'avocate de l'ONG de défense des droits de l'homme Foro Penal, Maria Torres.

Selon l'ONG Justicia Venezolana, 92 militaires ont été arrêtés depuis 2003 pour conspiration, dont 34 en 2018.

Par ailleurs, une "procédure de sanction administrative" a été prise mardi à l'encontre du site web du prestigieux quotidien vénézuélien El Nacional, son directeur évoquant des "représailles politiques".

La Commission nationale des télécommunications (Conatel) a ordonné au site web de "s'abstenir de publier des nouvelles et des messages qui pourraient menacer la tranquillité d'esprit des citoyens".

Le Syndicat national des travailleurs de la presse dénonce l'escalade des "attaques" du gouvernement contre les médias, dans une "politique systématique d'accaparement et d'étouffement des espaces de liberté d'expression, de critique et de dissidence".

Selon l'ONG Espacio Público, 51 médias ont cessé d'opérer au Venezuela l'année dernière --46 stations de radio, trois stations de télévision et deux journaux-- en raison de sanctions, de problèmes économiques et du manque de fournitures comme le papier journal, monopole de l'État

- Débâcle économique -

Au plan économique, le Venezuela est dans la débâche: autrefois le pays le plus riche d'Amérique latine grâce à ses immenses réserves pétrolières, il n'est plus que l'ombre de lui-même, se débattant entre hyperinflation et graves pénuries d'aliments et de médicaments.

La crise a déjà fait fuir à l'étranger des centaines de milliers de Vénézuéliens, mais M. Maduro assure que la faute en revient à la "guerre économique de la droite", soutenue par Washington. Il promet une "révolution économique" porteuse de prospérité pendant son second mandat.

"Ce qui se profile à l'horizon, c'est un plus grand isolement diplomatique et commercial et plus de difficultés pour accéder au crédit et au financement", estime l'analyste Diego Moya-Ocampos, du cabinet britannique IHS Markit.

Les Etats-Unis agitent déjà la menace d'un embargo pétrolier, dont les conséquences seraient redoutables pour le Venezuela, qui leur vend un tiers de son brut et est classé en défaut de paiement partiel par les agences de notation.

"Le Venezuela commence déjà à subir un boycott économique de la part des Etats-Unis et de leurs alliés et cela va être fatal au maintien du régime", assure à l'AFP l'expert en relations internationales Carlos Romero.

Mardi soir, une des principales compagnies aériennes du pays, Aserca, a annoncé la cessation de ses activités, trois semaines après celle de la compagnie Santa Barbara, et suivant une longue liste de compagnies internationales qui ont cessé d'opérer au Venezuela.

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