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Mis à jour : il y a 13 min 33 sec

Kim Jong Un en Chine, une semaine après son sommet avec Trump

mar, 06/19/2018 - 07:38

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un entame mardi une visite de deux jours en Chine, une semaine après sa rencontre historique avec le président américain Donald Trump, au moment où Pékin entend bien jouer un rôle dans l'évolution de son petit voisin.

"Kim Jong Un, président du Parti des travailleurs de Corée et président de la Commission des affaires d'Etat de la République populaire démocratique de Corée, visite la Chine du 19 au 20 juin", a annoncé l'agence de presse Chine nouvelle dans une très brève dépêche qui ne fournit aucun détail sur le programme de la visite.

Cette annonce confirme des informations de plusieurs médias japonais qui avaient rapporté la venue possible de M. Kim à Pékin mardi.

Il s'agit de la troisième visite en Chine du dirigeant nord-coréen en moins de trois mois. Fin mars, il avait effectué dans la capitale chinoise son premier déplacement à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir fin 2011, avant un second voyage en mai dans la ville portuaire de Dalian, dans le nord-est de la Chine.

Il s'était à cette occasion entretenu avec le président chinois Xi Jinping. Les deux hommes ne s'étaient auparavant jamais rencontrés depuis leurs arrivées au pouvoir respectives au début de la décennie. Pyongyang reprochait à son allié d'appliquer les sanctions internationales destinées à convaincre la Corée du Nord d'abandonner son programme nucléaire.

C'est en tout cas la première fois que les médias chinois font état d'une visite du jeune dictateur alors qu'il se trouve sur le sol du pays. Les deux fois précédentes, les médias officiels avaient attendu qu'il soit de retour en Corée du Nord pour faire état de sa venue.

L'homme fort de Pyongyang cherche à obtenir un assouplissement des sanctions économiques en échange de ses promesses de dénucléarisation et espère le soutien de la Chine dans cette démarche.

La diplomatie chinoise, à l'instar de la Russie, avait suggéré la semaine dernière que les Nations unies pourraient envisager d'alléger les sanctions si Pyongyang se conformait à ses obligations.

La Chine, principale alliée de la Corée du Nord depuis la guerre de Corée (1950-53), a fait clairement savoir qu'elle voulait un rôle prépondérant dans les négociations, présentant avec insistance ses offres de services diplomatiques.

- Allègement des sanctions? -

La semaine dernière, le sommet historique de Singapour entre Donald Trump et Kim Jong Un a débouché sur une déclaration dans laquelle le dirigeant nord-coréen réaffirmait "son engagement ferme et inébranlable envers la dénucléarisation de la péninsule" coréenne.

Cette formule vague, sujette à différentes interprétations, a été critiquée par certains experts car elle reprend une promesse déjà faite et jamais tenue.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a exclu cependant que les sanctions économiques drastiques imposées au Nord au fil de ses essais nucléaires et balistiques soient levées avant la dénucléarisation complète.

Reçu jeudi à Pékin par son homologue chinois Wang Yi, Mike Pompeo a assuré que la Chine avait "réaffirmé son attachement envers les résolutions du conseil de sécurité de l'ONU", c'est-à-dire aux sanctions.

Comme en écho aux arguments de Pékin, il a toutefois reconnu que ces résolutions disposaient "de mécanismes d'allègement" qui pourront être "envisagés le moment venu".

Mais, a ajouté le chef de la diplomatie américaine devant M. Wang, "nous avons souligné très clairement que l'allègement (des sanctions) que recevra la Corée du Nord ne pourrait intervenir qu'après sa dénucléarisation totale, sa dénucléarisation complète".

Pékin avait salué dès le 12 juin, jour du sommet de Singapour entre MM. Trump et Kim, "le début d'une nouvelle histoire".

Si la Chine a constamment appelé son petit voisin à abandonner ses projets nucléaires et balistiques, elle a aussi appelé au dialogue à l'époque où Nord-Coréens et Américains échangeaient des menaces d'anéantissement mutuelles.

Pékin avait proposé l'an dernier la suspension du programme nucléaire nord-coréen en échange de la fin des manoeuvres militaires conjointes américano-sud-coréennes, une concession que Donald Trump a finalement accordée la semaine dernière, ajoutant même que les troupes américaines présentes en Corée du Sud pourraient à terme quitter le pays.

Autant de victoires stratégiques pour Pékin, selon Bonnie Glaser, analyste au Center for Strategic and International Studies de Washington.

"Les Chinois pensent depuis longtemps que s'ils pouvaient déloger les troupes américaines de la région, cela serait la clé de la diminution de l'influence américaine et de l'accélération de la création d'une région plus centrée sur la Chine", estime-t-elle.

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Le Sénégal et son attaque de feu à l'assaut de la Coupe du monde

mar, 06/19/2018 - 07:38
Rapides, vifs, précis et sans pitié. Les attaquants sénégalais, emmenés par Sadio Mané, entament leur mondial contre la Pologne mardi, à Moscou. Pour s'imposer, les Lions de la Teranga misent énormément sur leur impressionnante ligne d'attaque.
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Le pourboire au menu d'un vote à Washington

mar, 06/19/2018 - 07:27

La fin d'un repas dans un restaurant aux Etats-Unis ne consiste pas simplement à sortir sa carte bancaire. Il faut auparavant calculer le pourboire, dont le montant est laissé au libre choix du client mais qui est attendu entre 15% et 20% du total de l'addition.

Un vote organisé mardi dans la capitale fédérale Washington sur un salaire horaire minimum pour les personnes rémunérées au pourboire pourrait cependant avoir des conséquences sur cette pratique, profondément ancrée dans la culture américaine.

Les électeurs doivent en effet se prononcer sur le "Minimum Wage Amendment Act" --ou "Initiative 77" comme la mesure est également appelée--, qui divise tout particulièrement le secteur de la restauration, employés comme propriétaires.

La campagne "Save Our Tips" (Sauvez nos pourboires) a été lancée par les détracteurs de ce texte, avec pléthore d'affiches placardées dans les devantures de restaurants et de bars de la capitale américaine et de prospectus distribués tous azimuts.

Les défenseurs d'un salaire minimum obligatoire de 15 dollars de l'heure d'ici 2025 se sont également mobilisés en distribuant des tracts plaidant pour "One Fair Wage" (Un salaire juste).

Pour l'heure, les employeurs de personnes rémunérées au pourboire sont exemptés du paiement du salaire minimum légal --12,50 dollars par heure actuellement-- et certains serveurs et serveuses ne sont payés que 3,33 dollars de l'heure.

Si les pourboires ne permettent pas d'atteindre le seuil légal, l'employeur est alors tenu de faire le complément.

Mais, souligne Christopher Maggiano, un entrepreneur à Washington et ancien serveur qui soutient l'"Initiative 77, "c'est très difficile à faire appliquer" et il y a un taux élevé de non respect de cette clause.

La mesure soumise au vote mardi vise à étendre à tous les travailleurs de la restauration --recevant pourboires ou non-- un minimum de 15 dollars de l'heure au plus tard en 2025.

Reste que de nombreux employés rémunérés au pourboire sont opposés à ce texte car ils gagnent actuellement davantage que ce minimum proposé et craignent qu'il n'entraîne une baisse drastique des pourboires, et donc de leurs revenus.

- Contre discrimination et harcèlement -

D'autre part, selon eux, les prix sur les menus devraient augmenter pour incorporer ce surcroît de dépense du côté employeur et les clients devraient être moins généreux envers leur serveur face à une addition plus salée. Pénalisant ceux-là même que la mesure doit aider.

Pour la campagne "One Fair Wage", ce minimum obligatoire doit permettre de lutter contre le détournement de revenus, contre la discrimination envers les employés sans contact avec les clients et contre le harcèlement sexuel.

"Dépendre des pourboires signifie subir des avances non sollicitées et des commentaires pour ne pas perdre le pourboire d'une table avec une grosse addition", a relevé M. Maggiano, qui siège au conseil de l'organisation Restaurant Opportunities Centers United.

Malachi Broadnax, investisseur dans la restauration, est contre l'initiative 77 et prévient qu'elle va entraîner une hausse des prix et une diminution des clients. "Nous allons devoir transférer (ce coût) sur le client", explique-t-il, évoquant des prix augmentés ou l'ajout de frais de service.

Pour Natalia Ribera, barmaid dans un établissement de la bouillonnante 14th Street, décourager le versement de pourboires va à coup sûr affecter la qualité du service.

"Je pense que le service est vraiment bon aux Etats-Unis en partie parce que les gens dépendent des pourboires quasiment à 100%", dit la jeune femme de 24 ans. "A l'étranger, le service n'est en général pas aussi bon".

Un avis partagé par M. Broadnax, qui compare les serveurs de la restauration à des vendeurs de voitures payés à la commission.

Woong Chang est un barman de 36 ans ayant grandi en Californie, l'un des sept Etats du pays disposant d'une législation similaire à l'"Initiative 77".

"C'est très variable", dit-il sur la dépendance à l'égard des pourboires. "Certaines semaines vous n'allez pas avoir ce que vous vous attendiez à avoir".

"Tout peut arriver et, soudainement, vous comptez sur votre dernier service avant de payer votre loyer, ou de payer vos factures, mais vous n'allez pas être en mesure de le faire".

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Mondial-2018: Lewandowski pour tutoyer la légende

mar, 06/19/2018 - 07:22

Le Polonais Robert Lewandowski débute mardi après-midi son premier Mondial contre le Sénégal, et devra prouver à ses détracteurs qu'il n'est pas seulement un grand buteur du samedi avec le Bayern Munich, mais qu'il peut aussi faire la différence au plus haut niveau.

Certes, il marque près de 30 buts par saison en Allemagne, et a été sacré meilleur buteur des qualifications européennes pour le Mondial avec 16 buts. Mais lors des deux Euros qu'il a disputés avec la Pologne (2012 et 2016), il n'a marqué que deux fois en huit matches. Et son impuissance dans les phases finales de Ligue des champions lui a valu une volée de critiques cette saison.

Ces considérations le laissent pourtant bien indifférent à l'approche de son tout premier match de Coupe du monde, à 29 ans: "Etre le meilleur buteur du Mondial n'est pas un objectif réaliste pour moi", disait-il à la presse allemande quelques jours avant d'arriver en Russie. "Pour avoir une chance d'être meilleur buteur, il faut jouer sept matches. Ca dépend évidemment de la performance de l'équipe".

- "Je fais le sale boulot" -

"Mais ce premier match contre le Sénégal est pour nous terriblement important", ajoute l'homme aux 95 sélections (55 buts), soucieux de ramener la conversation sur le collectif: "Si nous prenons les trois points, ça peut soulever une certaine euphorie, et là il est possible que nous montrions un très beau football. (...) Nous avons de bons joueurs et du potentiel, c'est à nous de le montrer sur le terrain".

Au Bayern, il évolue en pointe devant une constellation de stars, Müller, Ribéry ou Robben, autant de dangers mortels pour les défenses adverses. En équipe nationale, "c'est complètement différent, les adversaires se focalisent sur moi", admet-il.

"A l'Euro en France, j'avais toujours deux défenseurs sur le dos, et je savais donc qu'un de mes coéquipiers était libre. Mais je fais volontiers ce sale boulot au service de l'équipe, pour créer des espaces à mes partenaires".

Professionnel jusqu'au bout des crampons, il passe à Munich pour un parangon de rigueur. "Dans sa tête, il pense à bien s'alimenter, à bien dormir, à bien s'entraîner 24 heures sur 24", témoigne son ancien entraîneur Pep Guardiola. "Il n'est jamais blessé, parce qu'il se concentre sur ces choses".

Son régime alimentaire, très strict, est concocté par son coach personnel... son épouse Anna, ancienne internationale polonaise de karaté. Et dans le vestiaire, ses coéquipiers l'ont surnommé "The Body".

-"L'égal de Gerd Müller"-

Arrivé en Allemagne en provenance de Lech Poznan en 2010, à l'âge de 21 ans, le Polonais s'est révélé sous le maillot de Dortmund. Toute l'Europe se souvient de son quadruplé contre le Real Madrid (4-0) en demi-finale de la Ligue des Champions 2013, qui avait permis au Borussia d'atteindre la finale.

Depuis, c'est sur le terrain qu'il fait parler de lui, et très peu à côté. La "starification" des Ronaldo, Neymar ou Griezmann n'est pas sa tasse de thé. Ce qui n'empêche pas son patron au Bayern Karl-Heinz Rummenigge de voir en lui "l'un des trois meilleurs avant-centres du monde".

"Je dirais qu'il est déjà dans la catégorie d'un Gerd Müller", ajoute même Rummenigge, en référence au buteur mythique du Bayern et de l'Allemagne des années 1970. Mais Müller, lui, a marqué en finale de C1 et de Coupe du monde, forgeant ainsi sa légende. Lewandowski a un Mondial devant lui pour s'en approcher.

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La CNCDH "profondément choquée" par le traitement des migrants à la frontière franco-italienne

mar, 06/19/2018 - 07:20

La Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) s'est dite "profondément choquée" par les traitements des migrants à la frontière franco-italienne "où la République bafoue les droits fondamentaux", dans un avis révélé mardi par La Croix.

Dénonçant "les violations des droits" des migrants et "les pratiques alarmantes observées sur ces deux zones frontalières", la Commission, dont l'avis est consultatif, estime que la puissance publique "renonce au principe d'humanité et se rend même complice de parcours mortels" dans cette zone.

Cet avis, qui doit être adopté mardi après-midi, est publié alors que la crise de l'Aquarius, le bateau-ambulance qui a accosté avec deux autres bateaux dimanche à Valence avec 630 migrants que l'Italie avait refusé d'accueillir, a provoqué une vive passe d'armes diplomatique entre Rome et Paris. L'Italie reproche à la France de lui renvoyer des migrants en la laissant en première ligne, tandis que Paris assure avoir fait preuve de solidarité via la répartition européenne ou l'aide financière et logistique.

La CNCDH, autorité morale qui avait déjà rendu un avis très sévère en mai sur la politique migratoire du gouvernement, s'inquiète notamment de voir que les migrants, dont de nombreux mineurs, entreprennent "des parcours de plus en plus dangereux à travers les Alpes".

Parmi ses griefs, le non-respect de la loi lors des refus d'entrée à la frontière, où les contrôles ont été rétablis en 2015. L'an dernier, quelque 50.000 "non-admissions" ont été prononcées aux points de passage.

Pour la CNCDH, la République française est "hors droit" en ne respectant pas plusieurs garanties légales, telles l'entretien approfondi, ou le délai d'un jour franc avant un éloignement. En matière de respect des procédures d'asile, elle relève que les autorités ont "indiqué qu'aucune demande d'asile n'avait été déposée à la frontière, ce qui ne peut qu'interroger".

La Commission dénonce aussi "des lieux de privation de liberté improvisés et non respectueux des droits", dont elle demande "la fermeture immédiate".

Le traitement des migrants à la frontière est régulièrement dénoncé par les ONG, et vendredi dernier encore Oxfam fustigeait la politique de reconduite en Italie, y compris des enfants, "au mépris des lois françaises et européennes".

La Commission s'alarme elle aussi du sort de ces mineurs, dont elle recommande de "cesser tout renvoi immédiat" vers l?Italie. "Alors qu'en principe, la minorité est déclarative à la frontière, les mineurs sont questionnés et il leur est demandé de remettre tout document pouvant attester de leur minorité", assure-t-elle.

La CNCDH a notamment été alertée "de modifications effectuées par les autorités de la date de naissance sur les formulaires de refus d'entrée", de cas de mineurs "rattachés arbitrairement à des majeurs avec lesquels ils n'ont aucun lien" ou encore de formulaires où la case indiquant qu'ils souhaitaient "repartir en Italie immédiatement" était pré-cochée.

En matière d'accueil, la Commission rejoint aussi les ONG en déplorant "l'inaction de l'État pour permettre un premier accueil digne" qui est "laissé à la seule générosité des citoyens, parfois même en opposition avec l'État".

Aussi l'Etat devrait-il selon elle concentrer ses efforts "dans le renforcement de la capacité d?accueil des personnes migrantes" au lieu de "cibler jusqu?au harcèlement ceux qui leur viennent en aide".

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Les ministres de l'Opep arrivent à Vienne pour une réunion sous tension

mar, 06/19/2018 - 07:17

Les ministres de l'Opep prennent la route de Vienne pour assister à des réunions qui s'annoncent tendues vendredi et samedi, où l'Arabie saoudite et la Russie comptent bien persuader les autres membres d'augmenter leurs objectifs de production.

L'ambiance devrait être conflictuelle entre ces 24 pays, qui représentent plus de 50% de la production mondiale. Certains d'entre eux ne sont pas en mesure de relancer leurs extractions et s'opposent déjà à une révision des objectifs de limitation de la production fixés fin 2016 et valables jusqu'à fin 2018.

Les géants russes et saoudiens ont donc quelques jours pour convaincre le cartel et ses dix partenaires.

Au premier rang des récalcitrants, l'Iran, qui voit d'un mauvais oeil son rival régional saoudien exiger une révision qui risque de faire baisser les prix du pétrole, tandis que Téhéran, pénalisée par les sanctions américaines, ne pourra pas augmenter ses extractions.

"Cette réunion va être extrêmement politisée", a prévenu Amrita Sen, analyste chez Energy Aspects, interrogée par l'AFP.

- Rivalité -

La position saoudienne est ambigüe. Jusqu'en avril, le ministre de l'Energie saoudien, Khaled al-Faleh, affirmait que le marché pouvait supporter des prix du baril plus élevés.

Mais le Royaume a soutenu le président américain Donald Trump lorsqu'il a décidé de sortir de l'accord sur le nucléaire iranien et d'imposer de nouvelles sanctions au pays.

Ces sanctions pourraient empêcher l'Iran d'exporter son pétrole, une crainte qui a fait s'envoler les prix du brut début 2018.

Alors que des élections parlementaires approchent aux Etats-Unis et que le prix de l'essence grimpe pour le consommateur américain, le colérique président n'hésite pas à dire tout le mal qu'il pense de l'Opep sur Twitter.

"Il y a définitivement une pression américaine", explique Mme Sen, qui estime que les Etats-Unis ont obtenu de l'Arabie saoudite un engagement à compenser le manque à gagner iranien sur le marché mondial.

"Dans ces conditions, il est très, très dur pour l'Iran d'accepter" d'augmenter les objectifs de production, ajoute-t-elle.

- Impatience russe -

En Russie, les entreprises pétrolières privées ont de plus en plus de mal à justifier auprès de leurs actionnaires de retenir leurs extractions, et à ne pas profiter de la hausse des cours.

Etablis fin 2016, les objectifs de baisse de production ont fait rebondir les prix de l'or noir, brièvement passé sous les 30 dollars début 2016 avant de dépasser les 70 dollars au deuxième trimestre 2018.

"Investir en Russie en hiver est impossible, si les objectifs sont relevés (lors de la prochaine réunion) en novembre, (...) il sera difficile d'augmenter la production", ajoute Giovanni Staunovo, analyste pétrole chez UBS.

Selon Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB, jusqu'à présent la Russie poursuivait ses efforts pour accroître son influence géopolitique au Moyen-Orient.

- Augmenter ou pas -

L'Iran a des alliés pour s'opposer aux volontés de la Russie et de l'Arabie saoudite. L'Irak et le Venezuela ont déjà annoncé s'opposer à une augmentation des objectifs.

"Bien évidemment, ils ont à perdre si les objectifs sont augmentés", a commenté M. Schieldrop.

Selon l'agence internationale de l'Energie (AIE), seuls quelques pays, l'Arabie saoudite, ses alliés les Emirats arabes unis et le Koweït, ainsi que la Russie, sont réellement en mesure d'augmenter leur production.

Pour les autres, mieux vaut voir l'ensemble du marché retenir ses extractions pour vendre au prix cher leur production limitée.

Alors que l'Opep a besoin d'une décision à l'unanimité pour modifier ses objectifs pour 2018, les analystes estiment cependant crédible que le cartel se mette d'accord.

"La guerre, c'est la guerre, les affaires sont les affaires", a tranché Mme Sen, qui rappelle que l'Opep a déjà réussi à mettre de côté les différends géopolitiques pour s'accorder dans le passé.

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En Thaïlande, exécution capitale avant une visite du chef de la junte en Europe

mar, 06/19/2018 - 07:10

La Thaïlande a exécuté un condamné à mort pour la première fois depuis 2009, suscitant mardi une volée de critiques tombant au plus mal pour le chef de la junte, à la veille d'une visite inédite à Londres et Paris.

"La peine de mort est encore en vigueur, nous ne l'avons pas encore supprimée" même si aucune exécution capitale n'avait eu lieu depuis 2009, a justifié Tawatchai Thaikaew, haut-responsable du ministère de la Justice interrogé mardi par l'AFP.

Reconnu coupable de meurtre, "le condamné Theerasak Longji, 26 ans, a été exécuté" par injection létale lundi. En 2012, il avait poignardé sa victime de "24 coups de couteau afin de lui voler son téléphone portable et son argent", a précisé l'administration pénitentiaire.

Depuis 1935, 325 condamnés ont exécutés en Thaïlande, dont 319 au peloton d'exécution. En 2003, la Thaïlande a opté pour les injections létales et ralenti fortement le rythme. Seuls six condamnés ont été exécutés entre 2003 et 2009 dans le royaume.

Celui-ci est dirigé par une junte militaire, arrivée au pouvoir par un coup d'Etat en 2014. Elle est très critiquée pour son bilan des droits de l'homme: procès pour lèse-majesté, opposants poussés à l'exil pour échapper à des poursuites jugées politiques...

Cette reprise des exécutions lundi est éminemment symbolique alors que le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha, rencontre Theresa May à Londres mercredi, puis Emmanuel Macron à Paris lundi prochain.

Après avoir été invité à la Maison-Blanche par Donald Trump dès 2017 tandis que les Européens continuaient de bouder celui qui a été en première ligne du coup d'Etat, le général Prayut comptait sur ces visites en Europe pour soigner son image de politicien respectable, à l'approche d'élections, sans cesse repoussées, et désormais promises pour février 2019.

Amnesty International a appelé mardi "la communauté internationale, notamment les gouvernements français et britannique, à utiliser tous les moyens diplomatiques pour faire cesser les exécutions".

-Appels à manifester-

Amnesty International appelle à manifester à 14H00 locales (07H00 GMT) devant la prison de Bangkok où l'exécution a eu lieu.

Une manifestation est également prévue à 13H00 locales (06H00 GMT) devant l'ambassade de Grande-Bretagne à Bangkok et ensuite l'ambassade de France, malgré l'interdiction de manifestation à dimension politique en Thaïlande, depuis le coup d'Etat de 2014.

"Nous condamnons avec force la reprise de la peine de mort par la Thaïlande. L'exécution d'aujourd'hui est inexplicable, injustifiée, et contredit les nombreux engagements de la Thaïlande au niveau international", critique elle aussi la Fédération internationale des droits de l'homme (Fidh).

"L'espoir des autorités thaïlandaises que cette approche permettra de réduire la criminalité est profondément erroné", argumente de son côté Amnesty International.

"La Thaïlande était sur le point de passer le cap des dix ans sans exécutions, en 2019, et Amnesty International s'apprêtait à reclassifier le pays comme +de facto abolitionniste+ de la peine de mort", précise l'ONG internationale, déplorant "un sérieux retour en arrière" avec cette exécution.

Un total de 106 pays ont aboli la peine de mort à travers le monde et 142 autres sont "de facto abolitionnistes", conservant la peine de mort dans leur législation mais sans l'appliquer, les peines étant de facto commues en prison à vie, selon Amnesty.

En Thaïlande, la surpopulation carcérale est importante, notamment en raison d'une législation anti-drogue très dure, plongeant pour de longues années de prison les petits trafiquants, parmi lesquels de nombreuses femmes.

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Merkel retrouve Macron en pleine crise migratoire, avant le sommet de l'UE

mar, 06/19/2018 - 07:00

Réforme de l'Europe post-Brexit et tensions politiques autour des migrants: Angela Merkel, politiquement fragilisée, retrouve Emmanuel Macron mardi à Berlin pour tenter d'afficher un front uni à 10 jours d'un sommet de l'UE.

Une conférence de presse commune de la chancelière allemande et du président français est programmée pour 14H00 GMT.

La réforme de la zone euro, à laquelle la rencontre dans le cadre d'un conseil des ministres franco-allemand doit surtout être dédiée, risque toutefois de passer à l'arrière plan au moment où l'accueil des migrants fait de nouveau voler en éclat la cohésion européenne et met à rude épreuve la coalition gouvernementale de la chancelière allemande.

La réunion, qui rassemble aussi les principaux ministres des deux pays, se tient au château baroque de Meseberg, une résidence officielle du gouvernement au nord de Berlin.

L'Italie, en première ligne depuis des années face à l'afflux des demandeurs d'asile, a déclenché une nouvelle crise dans l'UE après la décision de son ministre de l'Intérieur Matteo Salvini (extrême droite) de refuser d'accueil d'un bateau chargé de migrants venus d'Afrique.

Après une odyssée d'une semaine en Méditerranée, les 630 migrants de l'Aquarius sont finalement arrivés dimanche en Espagne.

Angela Merkel et Emmanuel Macron sont d'accord sur un point: la gestion des migrants doit être européenne, alors que les pays comme la Pologne et la Hongrie refusent d'ouvrir leurs frontières et que la pression pour le "chacun pour soi" ne cesse de croître.

- "Motivée" -

La chancelière, qui dirige l'Allemagne depuis près de 13 ans, a désespérément besoin d'une avancée, au plus tard lors du sommet des 28 et 29 juin à Bruxelles.

Lundi, son ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, représentant l'aile droite de sa coalition gouvernementale, lui a donné deux semaines jusqu'à ce sommet pour réduire le flux de migrants au niveau européen, faute de quoi il ordonnera début juillet de "refouler immédiatement" les demandeurs d'asile arrivant aux frontières allemandes en provenance d'un autre pays européen.

Peu importe pour lui les conséquences, y compris son propre limogeage qui conduirait à la chute de la coalition gouvernementale dans la première économie européenne.

Personne n'escompte un accord des Européens fin juin sur une réforme du règlement de Dublin, qui stipule que les demandeurs d'asile seront renvoyés dans leur pays d'arrivée.

Mais Paris et Berlin pourraient s'accorder sur un renforcement massif de Frontex, l'agence qui patrouille les côtes européennes, sur la création de centres de tri en Afrique et sur l'harmonisation du droit d'asile.

La chancelière dit aussi vouloir nouer des accords bilatéraux de reconduite des migrants avec les pays d'arrivée, l'Italie ou encore la Grèce.

- "Accord substantiel" -

La réforme de la zone euro et sa mesure phare, la création d'un budget autonome lui donnant une capacité d'investir, grande ambition du président français, devrait également faire l'objet d'un compromis mardi avec Berlin.

Paris a dit lundi espérer un accord "qui doit être substantiel" dans ce domaine.

Il s'annonce pourtant modeste face aux attentes françaises. Angela Merkel a déjà averti qu'elle accepterait un budget de seulement quelques dizaines de milliards d'euros, quand la France plaidait pour plusieurs centaines de milliards.

La chancelière est tiraillée entre son aile droite, qui redoute de voir l'Allemagne payer pour les pays trop dépensiers d'Europe du Sud, et son aile gauche, les sociaux-démocrates, qui lui demandent de ne plus faire preuve d'"avarice" et de soutenir les positions françaises.

Les deux pays devraient plus modestement s'accorder aussi sur une base commune pour l'impôt sur les sociétés.

Dernier sujet phare de la rencontre, le renforcement de l'Europe de la défense, alors que Donald Trump menace de moins financer l'Otan.

Angela Merkel s'est dite "favorable" à la proposition française d'une "initiative européenne d'intervention (IEI)", sorte d'état-major de crise commun regroupant une dizaine de pays et devant conduire à une force commune.

Paris espère conclure mardi un accord avec Berlin pour mettre le projet sur les rails dès juin.

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Macron retrouve Merkel à Berlin en pleine crise migratoire

mar, 06/19/2018 - 06:57
Emmanuel Macron retrouve la chancelière allemande Angela Merkel mardi près de Berlin, pour un sommet franco-allemand, dix jours avant le Conseil européen de Bruxelles. Ils évoqueront les tensions politiques autour des migrants.
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L'orang-outang le plus âgé du monde meurt dans un zoo australien

mar, 06/19/2018 - 06:00

L'orang-outang de Sumatra le plus vieux du monde, une femelle ayant eu 11 petits et comptant 54 descendants éparpillés de part le monde, est mort à l'âge de 62 ans dans un zoo australien, a annoncé l'établissement mardi.

Puan, qui signifie "Dame" en indonésien, est décédée lundi au zoo de Perth où elle vivait depuis un don de la Malaisie en 1968.

"Elle a tant fait pour la colonie du zoo de Perth et la survie de son espèce", a déclaré Holly Thompson, responsable des primates de l'établissement.

"En dehors du fait qu'elle était la membre la plus âgée de notre colonie, elle était également une membre fondatrice de notre programme de reproduction connu dans le monde entier et laisse derrière elle un héritage incroyable".

"Ses gènes se retrouvent dans un peu moins de 10% de la population des zoos mondiaux".

Puan a eu 11 bébés. Elle compte un total de 54 descendants aux Etats-Unis, en Europe, en Australie et dans la jungle de l'île indonésienne de Sumatra.

Son arrière petit-fils Nyaru est le dernier spécimen à avoir été relâché dans la nature.

Née en 1956, elle avait fait son entrée au livre Guinness des records au titre vérifié de l'orang-outang la plus âgée du monde.

Dans la nature, les femelles vivent rarement au-delà de 50 ans.

D'après Mme Thompson, elle avait une personnalité indépendante et une attitude un peu distante.

"On savait à quoi s'en tenir avec Puan. Si elle était mécontente, elle tapait carrément du pied".

Deux de ses filles vivent toujours au zoo, de même que quatre petits-enfants et un arrière petit-fils.

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Trump ne veut pas laisser les Etats-Unis devenir "un camp de migrants"

mar, 06/19/2018 - 05:00

Donald Trump revendique sa fermeté extrême aux frontières malgré le tollé provoqué par la séparation de plus de 2.300 mineurs arrachés à leurs parents sans papiers, en affirmant qu'il ne laisserait pas les Etats-Unis devenir "un camp pour migrants".

Le bras de fer entre républicains et démocrates semble désormais clairement destiné à pousser une réforme de l'immigration qui patine depuis des mois au Congrès, où les républicains sont majoritaires. Le président pourrait d'ailleurs se rendre au Capitole pour en discuter mardi, selon le Wall Street Journal.

Le président a de nouveau rejeté la responsabilité de cette situation sur la minorité démocrate.

"Ce qui arrive est tellement triste. Et cela pourrait être réglé rapidement, magnifiquement, et nous serions en sécurité". "Les Etats-Unis ne deviendront pas un camp pour migrants et ne deviendront pas un centre de rétention pour réfugiés", a promis Donald Trump.

Pour illustrer son propos, il a agité le spectre de la crise migratoire en Europe, n'hésitant pas à prendre parti contre la chancelière allemande Angela Merkel dans la crise politique qui menace sa coalition.

- Cris et pleurs -

Depuis l'annonce de la politique américaine de "tolérance zéro" début mai, 2.342 enfants et jeunes migrants ont été séparés de leurs familles (du 5 mai au 9 juin), selon les nouveaux chiffres officiels.

Supermarché reconverti, vastes bâtiments, ces adolescents et jeunes enfants sont parfois logés dans des espaces grillagés, près de la frontière avec le Mexique.

"Je ne veux pas qu'ils arrêtent mon père, je ne veux pas qu'ils l'expulsent", dit une voix féminine déchirée tandis que des pleurs et cris d'enfants résonnent derrière, sur un enregistrement, qui daterait de la semaine dernière dans l'un de ces centres, diffusé lundi par le site d'investigation ProPublica.

La jeune fille n'a pas été identifiée.

"J'ai vu des tonnes d'enfants massés ensemble dans de grands enclos grillagés", a témoigné un sénateur démocrate, Chris Van Hollen, après avoir visité un centre dimanche au Texas.

D'autres élus ont visité lundi des établissements en Californie, la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, dénonçant ensuite "une politique inhumaine et barbare".

"Inadmissible", s'est indigné l'ONU. "Ce n'est rien de moins que de la torture", a renchéri Erika Guevara-Rosas de l'ONG Amnesty International, justifiant ses mots en soulignant "la sévère souffrance mentale infligée intentionnellement sur ces familles" pour "en décourager d'autres d'essayer d'entrer aux Etats-Unis".

Rarissime intervention dans un sujet politique brûlant, la Première dame Melania Trump a dit dimanche "détester voir des enfants séparés de leur famille". L'ex-Première dame Laura Bush a elle aussi rompu sa traditionnelle discrétion avec des mots forts, en dénonçant une politique "cruelle". Des mots retweetés pas une autre ancienne occupante de la Maison Blanche, Michelle Obama.

- "Bien traités" -

Les enfants "sont bien traités" et les rumeurs de mauvais traitements "sont fausses", a répondu la ministre de la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, lundi.

Les familles se présentant au poste-frontière pour demander l'asile ne sont pas séparées et la vaste majorité des mineurs migrants hébergés aux Etats-Unis --10.000 sur 12.000-- n'ont pas été séparés de leurs familles, ils sont arrivés seuls à la frontière, a-t-elle expliqué.

Pour l'administration Trump, l'équation est simple: plus question de relâcher des sans-papiers parce qu'ils ont été interpellés en compagnie de mineurs qui ne peuvent être détenus avec eux, dans l'attente de leur hypothétique retour devant le juge, comme c'était la pratique sous le démocrate Barack Obama.

Tous les clandestins surpris du côté américain de la frontière sont donc désormais poursuivis et écroués... et leurs enfants doivent être hébergés de leur côté.

Mais plusieurs hauts responsables de la Maison Blanche affichent aussi clairement l'argument de la dissuasion des candidats à l'immigration illégale.

"Nous ne pouvons pas et n'allons pas encourager les gens à amener des enfants en leur donnant une vaste immunité face à nos lois", a encore déclaré lundi le ministre de la Justice Jeff Sessions.

Deux tiers des Américains rejettent cette politique, mais une majorité de républicains y sont favorables, selon deux sondages, Quinnipiac et CNN, publiés lundi.

"Si nous construisons le mur, si nous passons une loi pour mettre un terme au non-droit, nous n'aurons plus à faire face à ces choix terribles", a argumenté Jeff Sessions.

Mais l'idée que la Maison Blanche utilise ces enfants pour faire avancer le débat sur l'immigration indigne jusque dans les rangs républicains.

"Certains dans l'administration ont décidé que cette politique cruelle renforçait leur pouvoir d'influence" au Congrès, a souligné sur Facebook un sénateur républicain, Ben Sasse. "C'est inacceptable. Les Américains ne prennent pas les enfants en otage. Point".

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Donald Trump ne relâche plus la pression commerciale sur la Chine

mar, 06/19/2018 - 03:40

Donald Trump a poursuivi lundi l'escalade dans la guerre commerciale contre la Chine en menaçant de taxer 200 milliards de dollars d'importations supplémentaires pour compenser le vol de technologies et de propriété intellectuelle américaines.

En annonçant vendredi des taxes de 25% sur 50 milliards de dollars d'importations chinoises, le président américain avait prévenu: si Pékin venait à rétorquer, il imposerait des taxes douanières additionnelles.

Une menace à laquelle le géant asiatique est resté sourd puisqu'il a annoncé dans la foulée des mesures américaines qu'il imposerait des taxes à l'identique sur des marchandises américaines.

Lundi, Donald Trump a mis sa menace à exécution en demandant au représentant américain au commerce (USTR) Robert Lighthizer "d'identifier 200 milliards de dollars de biens chinois en vue de tarifs supplémentaires de 10%".

"Des mesures supplémentaires doivent être prises pour encourager la Chine à changer ses pratiques déloyales et à ouvrir son marché aux biens américains", a justifié lundi soir le président dans un communiqué transmis par la Maison Blanche.

"La Chine n'a apparemment aucune intention de changer ses pratiques illégales d'acquisition de la propriété intellectuelle et de la technologie américaines", a-t-il en outre déploré, affirmant que Pékin a décidé au contraire de "menacer les entreprises, les travailleurs et les agriculteurs des Etats-Unis".

Donald Trump, qui entend forcer Pékin à réduire le déficit commercial des Etats-Unis de 200 milliards de dollars, précise que si la Chine venait à augmenter de nouveau ses tarifs, l'administration américaine infligerait alors des taxes sur 200 milliards d'importations additionnelles.

Washington pourrait ainsi taxer potentiellement la grande majorité des importations chinoises.

En 2017, les Etats-Unis ont exporté pour 130,4 milliards de dollars de marchandises vers le géant asiatique, deuxième puissance économique mondiale. Ils ont importé dans le même temps 505,6 milliards de biens chinois, selon les statistiques du département du Commerce. Soit un déficit de plus de 375 milliards.

- Investissements chinois dans le collimateur -

"J'ai une excellente relation avec le Président (chinois) Xi (Jinping) et nous continuerons de travailler ensemble sur de nombreuses problématiques", a souligné Donald Trump. "Mais les Etats-Unis ne tolérerons plus d'être désavantagés sur le plan commercial par la Chine et les autres pays du monde".

La Maison Blanche a déjà lancé tous azimuts des mesures protectionnistes contre ses partenaires commerciaux et alliés.

Après avoir exigé en 2017 la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (Aléna) qui lie les Etats-Unis au Canada et au Mexique, l'administration Trump a imposé le 1er juin des tarifs de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium de ces deux pays au nom de la défense de la sécurité nationale américaine.

L'Union européenne n'a pas non plus été épargnée par les hostilités américaines: l'acier et l'aluminium des 28 pays membres sont eux aussi frappés de ces mêmes taxes douanières.

"Les relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine doivent être bien plus équitables", a martelé lundi Donald Trump qui a imposé dès fin mars des taxes de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium chinois également au nom de la défense de la sécurité nationale.

Les annonces vendredi de ces tarifs respectifs ont mis fin à une trêve entre les deux premières puissances mondiales, qui avait été annoncée le 19 mai à la suite d'âpres discussions entre de hauts responsables chinois et américains d'abord à Pékin puis dans la capitale fédérale américaine Washington.

L'administration Trump doit en outre publier d'ici le 30 juin des mesures de restrictions aux investissements chinois.

La politique commerciale américaine et les mesures de représailles annoncées par ses partenaires commerciaux font de plus en plus redoutée une guerre commerciale mondiale qui risque de compromettre la croissance de l'économie de la planète.

Aux Etats-Unis, elle suscite en outre des inquiétudes chez les agriculteurs susceptibles d'être les plus durement touchés par les mesures chinoises.

Les secteurs automobile et aéronautique redoutent eux aussi les conséquences de ce conflit. Vendredi, l'avionneur Boeing avait indiqué à l'AFP qu'il évaluait désormais les dégâts potentiels des mesures annoncées ce jour-là.

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Amnesty appelle à l'accueil des migrants et donne les "raisons"

mar, 06/19/2018 - 03:20

Amnesty International France a projeté dans la nuit de lundi à mardi sur la façade principale de l'Assemblée nationale des "raisons" en faveur de l'accueil de migrants, alors que s'ouvre mardi au Sénat le débat autour du projet controversé de loi asile-immigration, a constaté un photographe de l'AFP.

"Parce que nous ne choisissons pas le pays où l'on naît", "parce que ça pourrait être nous un jour", "Comment avoir bonne conscience en laissant des êtres humains mourir en mer ?", ou encore : "Parce qu'il y a de la place pour tous", sont parmi les slogans qui ont été projetés sur le palais Bourbon après l'extinction des lumières peu après 01H00 mardi matin.

La projection effectuée par une demi-douzaine de militants a duré une vingtaine de minutes jusqu'à ce que des policiers à moto demandent "gentiment" aux projectionnistes d'un soir de ranger leur matériel, a précisé la même source.

"Ces +raisons+ sont adressées aux autorités françaises afin d'exiger qu'elles s'engagent davantage pour la protection des personnes qui fuient les violences", détaille l'organisation internationale dans un communiqué".

"En un an, plus de 20.000 personnes ont donné leur raison pour accueillir des réfugiés en France", précise-t-elle.

Le projet de loi asile-immigration qui a suscité des critiques y compris au sein du mouvement présidentiel arrive au palais du Luxembourg mardi avec en toile de fond la crise du navire Aquarius et ses 630 migrants.

Il avait été adopté en première lecture fin avril à l'Assemblée après des débats très enflammés.

Au Sénat il fera l'objet d'un vote solennel le 26 juin. Il sera ensuite examiné par une commission mixte paritaire chargée de trouver une version commune aux deux chambres.

Le texte avait été qualifié par Amnesty France de "dangereux pour les migrants et les demandeurs d'asile".

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Syrie: 22 paramilitaires irakiens tués dans une frappe attribuée à Israël

mar, 06/19/2018 - 02:00

Une cinquantaine de combattants, syriens et irakiens, ont été tués lors de frappes, attribuées par un responsable américain à Israël, dans l'est de la Syrie frontalier de l'Irak où les troupes du régime combattent le groupe Etat islamique (EI).

Le Hachd al-Chaabi, supplétif crucial de l'armée irakienne dans le combat contre l'EI, a indiqué lundi que 22 de ses membres avaient été tués et 12 autres blessés lors de raids qu'ils ont attribués aux forces américaines qui ont démenti.

La coalition paramilitaire du Hachd al-Chaabi --placée sous l'autorité du Premier ministre irakien-- compte en son sein des groupes proches de l'Iran, notamment les Brigades du Hezbollah, qui ont perdu plusieurs de leurs combattants dans ces frappes.

Certains de ces groupes pro-iraniens ont combattu dès 2011 en Syrie aux côtés du régime de Bachar al-Assad avant de répondre en 2014 à l'appel de la plus haute autorité chiite d'Irak qui a formé le Hachd pour bouter l'EI hors du pays.

Au moins trois corps de combattants des Brigades du Hezbollah ont été rapatriés dans la province agricole et pauvre de Zi Qar dans le sud de l'Irak, selon un correspondant de l'AFP.

En tout, selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, "52 combattant" ont été tués, "y compris des soldats (syriens) et des membres de milices loyalistes".

La coalition internationale dirigée par les Etats-Unis a démenti être l'auteur de ces frappes qui ont visé dans la nuit de dimanche à lundi la ville d'al-Hari, située près de la frontière irakienne.

"Il n'y a pas eu de frappes de la part des forces américaines ou de la coalition dans cette zone", a réagi auprès de l'AFP son bureau de presse.

- Israël pointé du doigt -

A Washington, un responsable américain ayant requis l'anonymat a indiqué à l'AFP avoir "des raisons de croire qu'il s'agissait d'une frappe israélienne".

Israël, ennemi juré de Téhéran, a conduit en mai des frappes aériennes sur des installations militaires en Syrie présentées comme iraniennes.

L'Etat hébreu répète qu'"il n'y a pas de place pour la moindre présence militaire iranienne dans aucune partie de la Syrie", selon son Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

Dans le communiqué annonçant la mort de ses membres en Syrie, le Hachd al-Chaabi a affirmé qu'ils étaient déployés le long de la frontière poreuse avec la Syrie sur ordre des autorités irakiennes.

Or en soirée, le commandement militaire irakien a démenti avoir positionné des forces en territoire syrien, laissant entendre que les combattants tués avaient agi sans son consentement.

Regrettant la mort de ces combattants irakiens, il a toutefois affirmé avoir reçu l'assurance de la coalition internationale qu'elle n'était pas responsable de ces frappes.

A Damas, les médias d'Etat syriens ont, eux, accusé la coalition anti-EI. Citant une source militaire, l'agence officielle Sana a affirmé que plusieurs personnes avaient été tuées et blessées par des appareils de la coalition, sans fournir de bilan précis.

Al-Hari est située dans la province de Deir Ezzor, riche en pétrole, où les forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les Etats-Unis, et les forces gouvernementales syriennes, appuyées par la Russie, mènent des offensives distinctes contre l'EI.

Le groupe ultra-radical a perdu l'essentiel du territoire qu'il contrôlait en Syrie et en Irak. Mais il reste présent dans des zones désertiques transfrontalières, notamment Deir Ezzor.

Les forces gouvernementales contrôlent les terres à l'ouest du fleuve Euphrate, qui traverse la province, tandis que les FDS se battent pour expulser l'EI d'une série de villages situés sur la rive est, près de la frontière irakienne.

Une ligne de "déconfliction" longeant le fleuve est en place depuis 2017 afin d'empêcher tout affrontement entre pro-régime et FDS.

- "Couloir vital" -

La coalition, qui intervient en Syrie depuis 2014 pour combattre l'EI, a néanmoins frappé des forces du régime ces dernières années.

Le 24 mai, 12 combattants pro-régime ont péri dans un raid aérien contre des positions de l'armée syrienne au sud de Boukamal, ville reprise à l'EI par le régime en novembre dernier et située à quelques kilomètres de la frontière.

L'OSDH et des médias d'Etat syriens avait attribué cette frappe à la coalition, mais le Pentagone avait nié.

Le 7 février, la coalition a reconnu avoir tué au moins 100 combattants pro-régime --dont cinq Russes selon Moscou-- dans la province de Deir Ezzor, en représailles à une attaque contre des positions des FDS.

Les frappes contre al-Hari interviennent au lendemain de la reprise par les FDS de Dachicha, un village situé dans le nord de la province de Hassaké.

Dachicha représentait un "fief important" de l'EI dans cette province et se trouvait sur un "couloir vital" reliant autrefois les territoires des jihadistes en Syrie et en Irak, selon le directeur de l'OSDH.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques pro-démocratie, le conflit en Syrie s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire morcelé.

Il a fait plus de 350.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes.

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La séparation des familles à la frontière américaine

mar, 06/19/2018 - 00:00

En adoptant une tolérance "zéro" à l'égard des clandestins arrêtés à la frontière américaine, le gouvernement de Donald Trump sépare des milliers d'enfants de leurs parents, conséquence selon lui de l'échec de ses prédécesseurs à régler le problème.

- Qu'est-ce que la politique de "tolérance zéro" ?

Les autorités sous l'égide de M. Trump ont décidé au printemps de poursuivre systématiquement au pénal les étrangers entrés illégalement aux Etats-Unis, une possibilité offerte par une loi existante baptisée Immigration and Naturalization Act.

Les précédents gouvernements privilégiaient au contraire d'engager des poursuites au civil à l'encontre des clandestins passibles d'expulsion.

Ces poursuites permettaient de détenir durant un temps les étrangers dans des centres de rétention administrative, en famille, ou de trouver des voies alternatives à la détention, en attendant l'examen au tribunal de leur demande d'asile.

Beaucoup de ces migrants, originaires notamment de pays secoués par des violences comme le Guatemala, le Honduras ou le Salvador, affirment redouter des persécutions sur leur terre natale et, selon l'actuel gouvernement, se passent le mot.

L'administration américaine fait désormais face à un empilement de quelque 600.000 dossiers de demande d'asile.

L'immigration illégale reste élevée à la frontière avec le Mexique: de mars à mai, plus de 50.000 personnes ont été appréhendées chaque mois. Environ 15% de ces clandestins arrivent en famille et 8% sont des mineurs non accompagnés.

- Pourquoi les enfants sont-il séparés de leurs parents ?

Quand des adultes sont détenus dans le système pénitentiaire pour des délits pénaux, leurs enfants ne peuvent les suivre en prison: ils sont donc confiés à l'Office de relocalisation des réfugiés (ORR), qui dépend du ministère de la Santé et des services sociaux.

Plus de 2.300 enfants et jeunes migrants ont été séparés en cinq semaines de leurs parents accusés d'avoir franchi illégalement la frontière aux Etats-Unis.

Le gouvernement de M. Trump soutient que cette séparation a un effet dissuasif sur les candidats à l'immigration illégale.

M. Trump affirme aussi que la loi en vigueur oblige à séparer enfants et parents. C'est inexact.

Quelque 11.000 mineurs en situation illégale sont désormais pris en charge par l'ORR qui, pour la plupart, ont traversé la frontière sans leur famille.

- Les enfants pouvaient-ils être également séparés sous Barack Obama ?

Oui, mais sans comparaison avec la situation actuelle.

Sous M. Obama des enfants ont été séparés des adultes avec lesquels ils sont entrés aux Etats-Unis quand la relation filiale n'a pu être établie, en cas de suspicion de trafic de mineurs ou encore par manque de place dans les centres de rétention pour les familles.

A noter que les poursuites pénales engagées en cas de franchissement illégal de la frontière mexicaine ne sont pas une nouveauté de M. Trump.

Le gouvernement de George W. Bush l'a fait de façon localisée avec l'opération Streamline, lancée en 2005, suivi par M. Obama.

Une décision judiciaire de 1997 théoriquement toujours en vigueur, Flores v. Reno, impose aux autorités de relâcher sans délai inutile les enfants des centres de rétention migratoire, en les confiant à des parents ou en les plaçant dans une famille d'accueil.

En 2016 une cour d'appel de Californie a jugé que cette règle devait s'appliquer également aux mineurs non accompagnés, mais pas aux parents.

Les décisions des tribunaux fédéraux ont poussé le gouvernement Obama à relâcher des centaines de familles demandant l'asile, notamment après un pic d'arrivées à l'été 2014. Beaucoup de ces migrants se sont évanouis dans la nature avant leur comparution devant un juge de l'immigration, une situation vivement dénoncée par l'actuel président républicain.

A noter que Barack Obama a beaucoup plus expulsé que ses prédécesseurs, avec au moins 2,4 millions de personnes raccompagnées à la frontière ou renvoyées dans leur pays.

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Alimentation: un rapport prône la création d'un nouveau label "bio, local et équitable"

lun, 06/18/2018 - 23:40

Et si on recyclait le bon vieux label bio "AB" pour distinguer des produits agricoles à la fois bio, locaux et équitables? Le Conseil économique social et environnemental (CESE) recommande de lancer une expérimentation pour répondre à la demande de qualité des consommateurs.

Dans un rapport devant être présenté mardi, il formule 18 propositions pour améliorer les cinq signes officiels garantissant l'origine géographique et/ou les modes de production de produits alimentaires:

- AOP ou AOC (Appellation d'origine protégée/contrôlée),

- IGP (Indication géographique protégée),

- Label Rouge,

- AB (Agriculture biologique),

- STG (Spécialité traditionnelle garantie).

"Les consommateurs s'interrogent sur la qualité de l'alimentation et sont demandeurs d'un renforcement de la qualité sanitaire et d'une meilleure traçabilité des produits" souligne Jean-Louis Joseph, membre du CESE et rapporteur du projet.

Le label européen du bio, représenté par une feuille verte, resterait présent, mais le label historique français AB serait recentré sur l'agriculture biologique de proximité, tout en prenant en compte des conditions de commercialisation équitables pour les producteurs.

"Les Français étaient les premiers créateurs en Europe des signes officiels de qualité, dès 1935 avec la première AOC viticole, celle des Côtes du Rhône", explique Dominique Marmier, co-rapporteur, "donc pourquoi pas lancer une expérimentation en France, qui pourrait à terme s'étendre?"

Pour le bio non européen, le rapport préconise que le futur système européen de labellisation, en cours de réforme, "ne soit pas basé sur des équivalences entre pays, mais sur l'application d'un principe de conformité" assorti de contrôles.

"Ceci est d'autant plus important que les Français consomment pour 8,7 milliards de produits bio par an, et ne produisent que pour 4 milliards d'euros, il y a donc beaucoup de produits importés", souligne M. Marmier.

Au total, la France compte quelque 1.100 produits sous signe de qualité représentant un chiffre d'affaires total de 30 milliards d'euros, soit plus d'un tiers de la valeur de la production agricole, selon le rapport.

En Europe, début 2018, environ 1.400 produits alimentaires, hors vins et spiritueux, étaient enregistrés en AOP, IGP ou STG par 26 pays de l'UE, 21% d'entre eux italiens et 18% français.

Le rapport préconise d'harmoniser tous les cahiers des charges par produit et "vers le haut", pour améliorer leur lisibilité.

Celui du beurre d'Isigny AOP, qui date de 2017, impose ainsi des contraintes sur les races de vaches laitières, les conditions d'alimentation et d'élevage, quand celui du beurre de Charentes-Poitou AOP, remis à jour en 2016, "ne comporte aucun engagement sur ces aspects pourtant importants", souligne le rapport.

Idem pour les huîtres: les cahiers des charges valorisent essentiellement les conditions d'affinage en "claires" mais ne parlent ni de la provenance, ni de son origine (naturelle, triploïde, diploïde issue d'écloserie).

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Atlético: Griezmann jusqu'en 2023, Hernandez jusqu'en 2024

lun, 06/18/2018 - 23:37

L'attaquant international français Antoine Griezmann, qui a choisi de prolonger à l'Atlético Madrid en dépit de l'intérêt du FC Barcelone, a signé lundi un nouveau contrat jusqu'en 2023, a annoncé le club madrilène, qui a également prolongé le défenseur français Lucas Hernandez jusqu'en 2024.

"Antoine Griezmann a prolongé son contrat pour une saison supplémentaire, jusqu'au 30 juin 2023", a écrit l'Atlético dans un communiqué, précisant que le document avait été signé au camp de base des Bleus au Mondial-2018, près de Moscou. Lucas Hernandez y a également paraphé son nouveau bail, tandis que le milieu offensif Thomas Lemar, dont le transfert en provenance de Monaco fait l'objet d'un accord de principe, a également signé en attendant la formalisation de l'opération.

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Nicaragua: l'opposition refuse de dialoguer sans observateurs internationaux

lun, 06/18/2018 - 23:32

L'opposition nicaraguayenne a quitté lundi la table du dialogue avec le gouvernement du président Daniel Ortega, exigeant que ce dernier respecte d'abord l'accord sur la présence d'observateurs internationaux.

Le pays est plongé dans une grave crise depuis deux mois avec des manifestations réclamant le départ du chef de l?État, un ex-guérillero de 72 ans. Au moins 178 personnes ont été tuées.

"Retournez à votre bureau, rédigez les lettres, envoyez les invitations et amenez une copie de ces lettres pour la séance de dialogue de mardi", a lancé l'ancien ambassadeur nicaraguayen aux États-Unis Carlos Tünnerman, représentant de la société civile, au ministre des Affaires étrangères Denis Moncada.

Ce dernier aurait invoqué des raisons "bureaucratiques" pour expliquer l'absence d'observateurs internationaux.

Les délégués de l'Alliance civique pour la démocratie (opposition) ont prévenu qu'ils ne viendraient pas mardi si les invitations à ces observateurs n'étaient pas lancées.

Le gouvernement et l'opposition avaient trouvé vendredi un accord autorisant des observateurs des droits de l'homme à venir enquêter sur les violences.

Les représentants de l'opposition avaient de leur côté accepté une demande clef du pouvoir du président Ortega: un plan visant à lever les blocages qui entravent les routes pour empêcher les forces anti-émeutes de passer, selon la conférence épiscopale.

"Nous voyons un manque de volonté politique du gouvernement, car dans l'alliance (de l'opposition) nous avons le désir que ces organismes (internationaux) viennent donner au peuple du Nicaragua les garanties que la répression va cesser", a déclaré M. Tünnerman.

L'Union européenne, l'ONU ou encore les États-Unis se sont alarmés ces dernières semaines de l'excès de zèle des forces de l'ordre face aux manifestants.

Les participants au dialogue ont prévu de discuter de la levée des barrages sur les routes, de l'organisation d'élections générales anticipées en mars 2019 (au lieu de fin 2021) et de réformes du système judiciaire.

Daniel Ortega, meneur de la révolution sandiniste en 1979 qui avait renversé la dictature des Somoza, est au pouvoir depuis 2007 au Nicaragua, pays le plus pauvre d'Amérique centrale, après l'avoir déjà été de 1979 à 1990.

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Canada: les députés votent la légalisation du cannabis

lun, 06/18/2018 - 23:20

Le Canada est en passe de devenir le premier pays du G7 à légaliser le cannabis après l'adoption lundi par ses députés d'un projet de loi permettant la libre consommation et production de cette drogue douce dès septembre.

Le projet de loi a été adopté par la Chambre des Communes à 205 voix contre 82 et a été renvoyé au Sénat, qui l'avait amendé. En vertu de la constitution, le Sénat peut retarder l'adoption d'un projet de loi mais pas la bloquer.

Une fois cette réforme adoptée par la chambre haute, elle devra recevoir la sanction royale (signature du décret d'application).

Cela mettra fin à la prohibition du cannabis, en vigueur depuis 1923 au Canada, bien que l'usage à des fins médicales a été voté en 2001.

Une légalisation effective est ainsi attendue dès septembre, selon Bill Blair, député qui avait été mandaté par le Premier ministre Justin Trudeau pour piloter cette réforme, promesse phare de campagne.

"Nous envisageons une date d'entrée en vigueur comprise entre le début et la mi-septembre", avait indiqué dimanche M. Blair, ancien chef de la police de Toronto, en interview avec la chaîne CTV.

Le gouvernement libéral avait rejeté la semaine dernière 13 des 46 amendements proposés par le Sénat qui avait approuvé le projet de loi la semaine précédente au terme de sept mois d'étude.

L'un de ces amendements aurait laissé le choix aux provinces d'interdire la culture du cannabis à domicile, comme souhaitent le faire le Manitoba et le Québec. Mais le gouvernement s'y est fermement opposé et veut autoriser la culture de quatre plants de cannabis au maximum par personne.

"On reconnaît qu'il y a diverses perspectives à travers le pays mais nous avons fait les études et les consultations par rapport à la culture à domicile", avait déclaré Justin Trudeau en justifiant cette décision.

"Dans trois ans, on pourra réviser ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas" dans la loi, avait-il dit.

- Manne fiscale -

Le chef de gouvernement, qui avait avoué en 2013 avoir déjà fumé "cinq ou six fois" un joint avec des amis, justifie la légalisation pour sortir les trafiquants du marché et protéger les jeunes.

Justin Trudeau est d'ailleurs persuadé qu'après le Canada, d'autres grands pays vont suivre.

Certains pays occidentaux "reconnaissent que le Canada est en train d'être audacieux (...) et reconnaissent l'honnêteté" du pays, qui avoue que le système répressif actuel "ne fonctionne pas pour empêcher nos jeunes d'avoir un accès facile au cannabis", avait déclaré à l'AFP Justin Trudeau en mai.

"Dans beaucoup de pays, notamment au Canada, il est plus facile (pour un mineur, NDLR) d'acheter un joint que d'acheter une bière, ça n'a aucune logique! Et, en plus, c'est une source de revenus épouvantables pour le crime organisé", avait-il ajouté.

En voulant écarter le crime organisé et le trafic illégal, le gouvernement canadien va au passage encaisser des recettes fiscales sur un marché estimé de 6 à 7 milliards de dollars canadiens (3,9 à 4,5 milliards d'euros).

Pour chaque gramme de cannabis vendu à un prix inférieur ou égal à 10 dollars, un droit d'accise d'un dollar canadien (0,65 euro) sera collecté avec une répartition entre l?État fédéral (un quart) et les provinces. A cela s'ajoutent les taxes à la consommation fédérales et provinciales allant au total de 10% à 15% environ selon les provinces.

Le ministre des Finances Bill Morneau table sur une manne fiscale de l'ordre de 400 millions de dollars canadiens, avec l'objectif de garder des prix bas pour se "débarrasser du marché noir".

Il revient aux provinces d'organiser la vente de cannabis dans des magasins autorisés, parfois sur le mode actuel des boutiques de vente d'alcool contrôlées par les pouvoirs publics.

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Le Los Angeles Times racheté par un milliardaire des biotechs

lun, 06/18/2018 - 23:14

Le milliardaire des biotechnologies Patrick Soon-Shiong est devenu lundi le nouveau propriétaire du Los Angeles Times et a aussitôt nommé le journaliste vétéran Norman Pearlstine comme rédacteur en chef.

Patrick Soon-Shiong, un natif d'Afrique du Sud aux origines chinoises, rachète également d'autres titres dont le San Diego Union-Tribune, autre quotidien prestigieux du sud de la Californie qui doit s'adapter à l'ère digitale.

"Notre travail pour protéger l'histoire d'indépendance du journalisme (du Los Angeles Times) et la faire croître commence dès aujourd'hui", a déclaré l'ex-chirurgien de 65 ans dans un message aux lecteurs.

Il va verser 500 millions de dollars au groupe Tronc, qui possédait le journal, et reprendre 90 millions de dollars de dette aux fonds de retraite des employés.

M. Soon-Shiong, qui s'est installé à Los Angeles au début des années 80 pour étudier à l'université UCLA avant d'exercer puis enseigner dans son hôpital universitaire a nommé pour diriger la rédaction Norman Pearlstine, 75 ans, un ancien du Wall Street Journal, Time et Bloomberg News.

M. Pearlstine, qui a conseillé le richissime médecin pendant toute la période d'acquisition, "bénéficie non seulement une expérience incroyable et d'une connaissance parfaite de comment marche une rédaction, mais il est aussi moderne et visionnaire", d'après M. Soon-Shiong.

Il prévoit aussi de réinstaller les quelque 800 employés du journal à El Segundo, en proche banlieue de Los Angeles, et de quitter le bâtiment historique du titre, l'un des joyaux Art Deco du quartier d'affaires de Downtown, où était installée la rédaction depuis 1935.

L'ancien chirurgien, dont les investissements dans les biotechnologies ont généré une fortune de quelque 7,5 milliards de dollars, et également actionnaire des Lakers, équipe de basket-ball de Los Angeles, est le dernier milliardaire en date à tenter de relancer des titres locaux en difficulté, après le propriétaire d'Amazon Jeff Bezos qui a repris le Washington Post, et l'investisseur John Henry au Boston Globe.

M. Soon-Shiong a passé cet accord avec Tronc après des mois de turbulences dans la rédaction entre réductions d'effectifs et valse des rédacteurs en chef ou directeurs de la publication, face aux pressions de la concurrence des sites internet.

Le titre avait été détenu par une famille pendant plus d'un siècle avant d'être vendu à Tribune Co. en 2000. Ce groupe de médias s'est séparé de sa division de télévision et a rebaptisé son unité de presse écrite Tronc (acronyme de Tribune Online Content), qui conserve de nombreux titres comme le Chicago Tribune, l'Orlando Sentinel, le Baltimore Sun et le New York Daily News.

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