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Valls et Jacob pour que l'Etat dise son choix pour le référendum en N-Calédonie

mer, 02/21/2018 - 08:03

L'Etat doit prendre position à propos du référendum sur l'indépendance en Nouvelle-Calédonie, ont estimé les membres de la mission Valls mardi soir à Nouméa, en exprimant leur "attachement" à son lien avec la France.     

"L'Etat doit rester neutre dans l'organisation et la transparence du référendum (...). Mais nous pensons que le président de la République, le gouvernement, même si c'est à eux de décider, devront apporter leur propre éclairage dans les semaines qui viennent", a déclaré Manuels Valls, président de la mission de l'Assemblée nationale sur l'avenir institutionnel de cet archipel, où un référendum d'autodétermination aura lieu d'ici novembre.     

"Je suis très attaché à ce lien entre la Nouvelle-Calédonie et la France et je souhaite que la Nouvelle-Calédonie reste avec la France", a ajouté l'ancien Premier ministre, lors d'un débat avec le public calédonien.       

Sa position diffère de celle adoptée lors du quinquennat de François Hollande, durant lequel Manuel Valls a été Premier ministre. A l'époque, l'Etat avait prôné "l'équidistance" ou la "neutralité" entre partisans et opposants à l'indépendance.      

"On ne peut pas imaginer en Métropole un référendum pour lequel le gouvernement dirait +Je n'ai pas d'idée+", a de son côté déclaré Christian Jacob, député LR et rapporteur de cette mission. Il a lui aussi exprimé sa préference pour le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République.       

Lors de ce débat dans l'enceinte du Congrès, Manuel Valls a également indiqué que "pour sa part" il n'utilisait pas le terme de "peuple calédonien", qu'avait employé le Premier ministre Edouard Philippe lors d'un déplacement dans l'île en décembre.      

Le sénateur calédonien Pierre Frogier (LR) a récemment qualifié de "maladresse" l'emploi du terme "peuple calédonien" et a aussi demandé à l'Etat de dire ce qu'il "a dans la tête" pour le référendum.      

Devant quelque 250 personnes, souvent inquiètes de l'approche de ce vote potentiellement porteur d'un retour des tensions ethniques entre kanak et Européens, Manuels Valls a exhorté les acteurs calédoniens à "préparer" l'après-référendum "parce que vous continuerez à vivre ensemble quel que soit le résultat".       

"Il faut faire de ce vote une force et pas un mur sur lequel on va se fracasser", a-t-il mis en garde.

Manuel Valls et Christian Jacob, qui sont accompagnés de Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des Lois ainsi que des députés David Habib (NG) et Naïma Moutchou (LREM), sont en Nouvelle-Calédonie jusqu'à vendredi.

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Asile et immigration: Collomb présente son projet de loi controversé

mer, 02/21/2018 - 07:11

Gérard Collomb présente mercredi en Conseil des ministres son projet de loi sur l'asile et l'immigration, un texte très critiqué par les associations et qui fait des vagues jusque dans la majorité pour sa logique de fermeté.

Défendu par le ministre de l'Intérieur comme un texte "équilibré", le "projet de loi pour une immigration maîtrisée et un droit d'asile effectif" vise à réduire à six mois les délais d'instruction de la demande d'asile et à faciliter la reconduite à la frontière pour les déboutés. Il lance quelques pistes sur le séjour des personnes admises sur le territoire.

Ce texte "s'inscrit dans le cadre plus large de notre politique d'immigration et d'asile", qui "repose sur deux principes, humanité et efficacité", a affirmé lundi Edouard Philippe.

Pour mettre l'accent sur le côté "humaniste", le Premier ministre a reçu en grande pompe ce jour-là un rapport sur l'intégration des étrangers aux mesures ambitieuses, dont il a promis que "les grands axes" seraient repris par le gouvernement.

Mais c'est surtout la "fermeté" affichée dans le projet de loi qui a focalisé l'attention ces dernières semaines.

L'une des mesures phares, visant à faciliter les expulsions, est le doublement de la durée maximale de rétention à 90 jours (voire 135 en cas d'obstruction), pour rapprocher la France de la moyenne européenne. "Le problème principal tient à notre législation, qui par rapport aux législations européennes est beaucoup plus favorable", selon M. Collomb.

Mais les associations tiquent. "La durée de rétention influe très peu sur les mesures exécutées", assure David Rohi de la Cimade. D'autres mesures sont critiquées, notamment celles qui, au nom de la réduction des délais d'instruction, restreignent les possibilités de recours.

Texte "profondément déséquilibré" pour France terre d'asile, "volonté de dissuasion" et "de tri" pour la Ligue des droits de l'Homme, "très net recul des droits" pour la Cimade, qui demande son retrait.

- Grève à l'Ofpra -

Plusieurs acteurs de l'asile seront en grève mercredi: l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides), qui n'avait pas connu de tel mouvement depuis cinq ans, mais aussi la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), qui entamera son neuvième jour de grève. Un rassemblement est prévu à 11H00 devant le Conseil d'Etat.

A l'inverse, Les Républicains (LR) se disent "très inquiets du laxisme du gouvernement face au défi migratoire". Le projet de loi est fait de "petits ajustements technocratiques" mais ne prévoit pas "la transformation nécessaire de la politique d'immigration", a affirmé mardi sur RFI le député Guillaume Larrivé.

La "subversion migratoire est en marche, et ce projet de loi vient aider", a estimé sur LCP Sébastien Chenu, porte-parole du Front national, en parlant de "grand déclassement" des Français.

Ce texte arrive après la loi sur le droit des étrangers (en 2016), qui instaurait notamment un titre de séjour pluri-annuel, et la réforme du système d'asile (en 2015), qui s'est vite trouvée sous-calibrée avec la crise migratoire. Il y a eu 100.000 demandes d'asile en France l'an dernier.

Le projet de loi sera présenté dans un climat où les esprits sont déjà échauffés par la "circulaire Collomb" sur le recensement des migrants dans l'hébergement d'urgence, que le Conseil d'Etat a refusé de suspendre mardi.

La grogne, d'abord cantonnée aux défenseurs des étrangers, a depuis gagné les milieux intellectuels, et jusqu'à certains proches d'Emmanuel Macron, alors qu'une partie des députés En Marche s'interrogent sur la logique répressive du texte.

Lâchant du lest, le gouvernement a déjà renoncé à la notion de "pays tiers sûr" (un pays de transit où les demandeurs auraient pu être renvoyés). 

Mais les discussions s'annoncent serrées pour amender le texte, avant les débats parlementaires en mars-avril. 

La ministre Jacqueline Gourault a prévenu la semaine dernière: les chances que les dispositions du projet de loi soient adoptées avant le 30 juin "sont maigres".

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Transparence: publication des rencontres des élus de Paris avec les lobbies

mar, 02/20/2018 - 20:21

Les Parisiens peuvent désormais consulter la liste des rendez-vous des élus de Paris avec les lobbies sur une plateforme dédiée, dans un "souci de transparence" de la Ville, annonce mardi la mairie de Paris.

Cette plateforme, élaborée avec le soutien de l'association Transparency International, est consultable sur le lien .

Le conseil de Paris avait approuvé en novembre dernier une extension de son code de déontologie pour aller plus loin "dans un souci de transparence et d’exemplarité" que la loi Sapin II, qui prévoit que les représentants d’intérêts -- les "lobbies" -- déclarent les rendez-vous avec les exécutifs locaux à partir de juillet 2018. 

"Nous sommes les premiers en France à rendre public les rendez-vous des élus locaux avec les représentants d'intérêts", indique dans un communiqué Mao Peninou, adjoint de la maire de Paris Anne Hidalgo en charge du fonctionnement du Conseil de Paris.

"Nous sommes convaincus que la transparence est indispensable à l'exercice de la démocratie par les citoyens et permettra de renforcer la crédibilité de l'action publique", a-t-il ajouté.

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"Pétain n'a pas failli à l'honneur", de Gaulle "horrible source de souffrance", J.M. Le Pen sort ses mémoires

mar, 02/20/2018 - 19:08

Le maréchal Pétain "n'a pas failli à l'honneur en signant l'armistice" en 1940 et le général de Gaulle "reste une horrible source de souffrance pour la France", estime Jean-Marie Le Pen, co-fondateur du Front national, dans le premier tome de ses mémoires dont Le Parisien et Le Point ont publié des extraits en ligne mardi.

Philippe Pétain, devenu président du Conseil en juin 1940, "était légal et légitime, il avait passé avec le Reich un acte régulier et contraignant", écrit M. Le Pen dans "Fils de la nation", à paraître aux éditions Muller le 28 février.

"Que l’on puisse discuter ensuite de la politique de collaboration, de ses fautes, de ses excès, à condition qu’on examine les fautes et les excès de tous, je le veux bien, mais cela ne remet pas en cause ce que je viens de décrire". "Si de Gaulle a eu de la vista, Pétain n’a pas manqué à l’honneur en signant l’armistice".

"L’opinion majoritaire était d’ailleurs que la France avait besoin d’une épée et d’un bouclier contre les Allemands et je l’ai partagée longtemps, jusqu’au jour où l’écoute de la radio de Londres m’en détrompa. Il m’apparut vite que pour les gaullistes de micro, l’ennemi était à Vichy plus qu’à Berlin", écrit M. Le Pen.

Charles de Gaulle "reste pour moi une horrible source de souffrance pour la France", écrit l'ancien président du FN qui relate la première fois où il l'aperçut, en 1945 dans le Morbihan: "Je serrai cette main indifférente. Il me parut laid et dit quelques banalités à la tribune tendue de tricolore. Il n’avait pas une tête de héros. Un héros doit être beau. Comme saint Michel ou le maréchal Pétain. J’étais à nouveau déçu".

M. Le Pen revient également sur la torture pratiquée en Algérie. "L’armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d’Alger, mais les moyens qu’elle y employa furent les moins violents possible".

"Y figuraient les coups, la gégène et la baignoire, mais nulle mutilation, rien qui touche à l’intégrité physique".

"Il est plus que ridicule, il est pervers, il est profondément immoral, de jeter l’opprobre sur des hommes qui ont le courage d’utiliser sur ordre, pour obtenir le renseignement qui sauvera des civils, des méthodes brutales qui leur pèsent, qui leur coûtent", poursuit M. Le Pen. Il ajoute que "ni [lui], ni [s]es camarades n’ét[aient] nullement chargés des interrogatoires spéciaux".

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Enregistrements: Wauquiez dénonce "des méthodes de voyou" et va porter plainte

mar, 02/20/2018 - 19:03

Le président de LR Laurent Wauquiez a jugé mardi sur BFMTV que les méthodes employées par le journaliste qui a dévoilé ses propos tenus devant des élèves de l’EM Lyon et diffusés lundi par Quotidien étaient des "méthodes de voyou" et annoncé qu'il allait "porter plainte".

Le journaliste de TMC "s'est livré à une manipulation, et a tendu une embuscade (...) il n'a pas fait un travail d'enquête, il a contacté les élèves en amont, il a manipulé l'un d'entre eux pour le convaincre d'enregistrer ces propos dans mon dos et à mon insu, pour ensuite en sortir ces extraits, dans une rupture totale du contrat de confiance" conclu avec les élèves, a déclaré M. Wauquiez, affirmant qu'il avait "décidé de porter plainte et saisir le CSA".

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Nouveau bac : le grand oral de Jean-Michel Blanquer devant les députés

mar, 02/20/2018 - 17:37
Réforme du baccalauréatJean-Michel BlanquerBruno Studer

Jean-Michel Blanquer veut "en finir avec l'échec dans l'enseignement supérieur". Le ministre de l'Education nationale a précisé mardi devant les députés les grandes lignes du nouveau baccalauréat qui devrait être mis en oeuvre en 2021.

Un grand oral

"Le déverrouillage le plus évident, précise Jean-Michel Blanquer, c'est celui du mois de mai et du mois de juin." Avec le nouveau dispositif, il y aura moins d'épreuves du bac passées lors de cette période.

En effet, les épreuves de français, orales et écrites, auront toujours lieu à la fin de l'année de première. Mais lors de l'année de terminale, les élèves ne passeront que quatre épreuves. "Deux au retour des vacances de printemps" - il s'agira des épreuves de "spécialité", choisies par l'élève -, et deux autres au mois de juin - la traditionnelle épreuve de philosophie et une innovation, le grand oral.

L'organisation de ce grand oral a été précisée par Jean-Michel Blanquer :

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Le ministre a reconnu que cette épreuve orale comporte "une sorte de risque" d'aggravation des inégalités, tout en se voulant rassurant : "Nous pensons que précisément, c'est le rôle du système scolaire de compenser ces inégalités en préparant les élèves tout au long des années."

Davantage de contrôle continu

Ces épreuves compteront pour 60% de la note. Les 40% restants correspondront au "contrôle continu" : cela signifie que les notes obtenues tout au long des années de première et de terminale seront prises en compte.

Ce "contrôle continu" correspondra pour 30% à des "contrôles communs", organisés à partir de sujets issus de bases de données nationales et avec des copies anonymisées. Les 10% restant correspondront aux notes du bulletin scolaire.

L'objectif, explique Jean-Michel Blanquer, est d'obliger les étudiants à travailler de façon régulière pendant deux ans : "Le but, très clair, est d'en finir avec le bachotage", précise le ministre de l'Education.

Un socle commun

Autre nouveauté : les séries ES, L et S seront supprimées dans les filières générales, au profit d'un système de parcours. Les lycéens auront des matières communes : français, philosophie, histoire-géographie, enseignement moral et physique, LV1 et LV2, EPS ainsi qu'une discipline nouvelle, "Humanités scientifiques et numériques".

Cette discipline aura pour but de favoriser "une culture scientifique commune", avec un enseignement sur le numérique, les mathématiques mais aussi sur la transition écologique ou la bioéthique :

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Cette nouvelle discipline pourrait être enseignée par les professeurs de mathématiques, de sciences et vie de la terre (SVT) ou de physique-chimie.

Des spécialités au choix

Les lycéens devront ensuite choisir parmi dix options comme les Arts, la SVT, les sciences de l'ingénieur... Ils devront en combiner trois en première et deux en terminale.

Seulement, précise Jean-Michel Blanquer, tous les établissements ne pourront pas proposer toutes les combinaisons :

Quand vous couplez toutes les spécialités entre elles, cela fait un nombre de duos trop importants pour pouvoir être offerts dans chaque lycée de France.Jean-Michel Blanquer

L'aménagement au niveau national des spécialités servira, promet Jean-Michel Blanquer, de relancer les lycées les plus défavorisés :

Ce que nous proposons c'est que tout établissement puisse proposer un duo original, et que chaque établissement en zone défavorisé soit en situation d'en proposer encore un, ce qui permettra de créer de l'attractivité.Jean-Michel Blanquer

Download Moins de bacheliers ? Matières marginalisées ?

Plusieurs députés, notamment de gauche, ont émis des réserves, voire des critiques, sur le projet du gouvernement. Le ministre a tenté de répondre point par point à chacun d'entre eux.

La députée Elsa Faucillon (PCF) s'est notamment demandée si ce nouveau système n'était pas destiné à faire baisser le taux de réussite, pour soulager les universités. Non, assure le ministre qui en veut pour preuve le maintien des épreuves de rattrapage. De même, il a démenti toute velléité de démantèlement des sciences économiques et sociales.

Regardez ce montage résumant ces échanges :

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Co-auteur(s): Jason Wiels
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Européennes: l'Assemblée vote le projet de loi prévoyant une seule circonscription

mar, 02/20/2018 - 16:56

L'Assemblée nationale a voté mardi en première lecture le projet de loi prévoyant notamment le retour à une seule circonscription, nationale, pour les élections européennes afin, selon le gouvernement, d'"intéresser" les Français au scrutin de 2019.

Le texte, qui met aussi en place de nouvelles règles controversées de répartition du temps de parole pour la campagne audiovisuelle officielle pour les européennes mais aussi les législatives, a été approuvé par 376 voix contre 155 et 14 abstentions.

Comme les élus LREM et MoDem, les députés UDI-Agir-Indépendants ont très majoritairement voté pour, rejoints par les élus de La France Insoumise.

Les élus LR ont en revanche voté contre, comme les socialistes du groupe Nouvelle Gauche, à l'exception de 4 abstentions, et les communistes. Les élus FN se sont abstenus.

Le retour à une circonscription unique a été jugé positivement par l'ensemble des groupes, à l'exception de LR qui y voit une "manoeuvre électorale" de la majorité. 

Tous n'ont toutefois pas voté pour le projet, les socialistes de Nouvelle Gauche expliquant notamment leur vote défavorable par l'absence de reconnaissance de la spécificité des Outre-mer. Les communistes ont voté contre en raison notamment des règles sur le temps de parole qui conduisent selon eux "à un déséquilibre patent" et donnent un avantage à LREM.

A l'ouverture des débats sur ce projet de loi sur "l'élection des représentants au Parlement européen", Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, avait défendu le retour à la circonscription nationale unique comme un moyen "d'intéresser" les Français et de relancer la participation. 

Elle avait mis en avant l'"échec" du système fondé sur huit très grandes circonscriptions (Est, Ouest, Ile-de-France, Outre-mer...), mis en oeuvre en 2003 en lieu et place de la circonscription unique, avec un taux de participation "passé de 46,8% en 1999 à 42% en 2014".

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SNCF: Edouard Philippe tente de calmer les inquiétudes sur les petites lignes

mar, 02/20/2018 - 16:34

Edouard Philippe a tenté mardi de calmer les inquiétudes sur de possibles fermetures de petites lignes ferroviaires en France, en assurant que la décision dépendrait des échanges avec les régions et la SNCF.

"L'avenir de ces petites lignes, ça n'est pas le gouvernement qui peut le déterminer. C'est probablement le gouvernement qui est le moins bien placé pour le déterminer", a fait valoir le Premier ministre lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

Leur avenir "dépendra de discussions qui auront lieu avec les régions, dont c'est une partie de la responsabilité, avec l'entreprise, dans le cadre des schémas d'aménagement qui sont prévus par la loi", a-t-il insisté en réponse au député UAI (UDI, Agir et indépendants) du Nord Guy Bricout.

Quant à d'éventuelles décisions de fermer certaines lignes, "ce serait absurde de le dire maintenant et d'aussi haut si j'ose dire, d'aussi loin du terrain", a-t-il encore affirmé.

Sans préconiser explicitement de fermetures de lignes, le rapport Spinetta remis jeudi au Premier ministre propose un audit des "petites lignes", qui mobilisent 16% des moyens consacrés au ferroviaire et transportent seulement 2% des voyageurs.

Matignon avait déjà affirmé qu'"aucune décision ne (serait) engagée sans discussion étroite avec les régions et les territoires" et assuré du respect des "engagements pris dans les contrats de plan État-région (CPER)".

"L'important, c'est de vérifier ligne par ligne quelle est la bonne façon d'assurer la mobilité. Et je ne doute pas qu'y compris sur les petites lignes, il faudra conserver du transport ferroviaire, bien entendu", a déclaré M. Philippe.

"Peut-être sur d'autres, les régions, dans le cadre de leur politique d'aménagement, pourront-elles par un choix raisonné, discuter d'avoir recours à d'autres formes de mobilité", a-t-il ajouté, en allusion aux autocars souvent évoqués pour remplacer les lignes à faible trafic.

Le Premier ministre a fait part de sa détermination à mener la réforme, qui s'annonce très sensible dans une SNCF aux mouvements sociaux en mesure de paralyser le pays.

"Si nous voulons sauver le système ferroviaire, disons-le clairement, nous devrons prendre des décisions", a insisté le Premier ministre face aux députés.

De nombreux élus locaux, mais aussi la principale association d'usagers des transports, la Fnaut, ou encore des écologistes, ont exprimé leur inquiétude après la remise en cause de petites lignes ferroviaires par le rapport Spinetta, en réclamant leur maintien.

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Le Drian craint "un cataclysme humanitaire" en Syrie

mar, 02/20/2018 - 16:23
Syrie

"C'est vrai que la situation en Syrie se dégrade considérablement..." Mardi, lors de la séance des questions au gouvernement, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a évoqué avec gravité la crise syrienne.

Selon lui, "le pire est devant nous" :

S'il n'y a pas d'éléments nouveaux, nous allons vers un cataclysme humanitaire.Jean-Yves Le Drian

Interrogé par la députée LREM Monica Michel sur la situation en Ghouta orientale, Jean-Yves Le Drian a affirmé qu'en Syrie, "le processus politique est bloqué". En plus du combat contre Daech et Al Qaïda, "la guerre civile se poursuit", s'est désolé le ministre.

Appel à "une trêve humanitaire"

Jean-Yves le Drian regrette par ailleurs que le conflit, avec "l'incursion des Turcs dans la zone d'Afrine" et "l'incursion iranienne, au dessus du territoire israélien", a pris une "dimension régionale" :

Le France estime indispensable que le conseil de sécurité (de l'ONU) puisse permettre dès à présent une trêve humanitaire qui évite les risques les plus lourds. C'est ce qui se passe en ce moment au conseil de sécurité.Jean-Yves Le Drian

Le ministre des Affaires étrangères prône une reprise des négociations de Genève : il se rendra donc "dans les jours qui viennent à Moscou et Téhéran" pour pousser les propositions françaises de résolution du conflit.

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Trois ans de prison ferme requis contre Jérôme Cahuzac pour fraude fiscale

mar, 02/20/2018 - 16:19

L'accusation a requis mardi la "confirmation" de la peine de trois ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité infligée en 2016 à l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac, jugé en appel pour fraude fiscale et blanchiment, une faute qui a "durement rompu l'équilibre social".

"Votre plus grande contribution à la lutte contre la fraude fiscale aura été votre procès", a asséné l'avocat général à l'ancien ministre, contraint à la démission en mars 2013 après la révélation en décembre 2012 de l'existence de son compte caché à l'étranger. 

Une confirmation du jugement enverrait Jérôme Cahuzac, 65 ans, derrière les barreaux alors qu'une peine égale ou inférieure à deux ans d'emprisonnement ouvrirait la possibilité d'un aménagement de peine.

Pourfendeur de la fraude fiscale lorsqu'il était au gouvernement, Jérôme Cahuzac avait menti pendant des mois, "les yeux dans les yeux" de ses proches, des parlementaires, des médias. Il avait finalement avoué en avril l'existence d'un compte dissimulé à l'étranger: 600.000 euros en Suisse, transférés à Singapour en 2009 via des sociétés offshore.

Un déni persistant signe de "quelque chose de plus noir": un puissant "sentiment d'impunité". "L'impunité, c'est penser que la loi c'est pour les autres", a attaqué l'avocat général Jean-Christophe Muller en débutant son réquisitoire.

"Vouloir tout et son contraire", "penser qu'il est possible de faire fortune d'un côté" et "de donner des leçons de morale fiscale" de l'autre: le magistrat a fustigé un homme qui n'a pas su "faire des choix".

La "déflagration" causée par le scandale "a eu de multiples conséquences sur le fonctionnement de notre vie politique, sur la transparence, la lutte contre les conflits d'intérêt", a-t-il rappelé, évoquant la création en 2013 d'un parquet national financier, puis d'une agence anticorruption.

Il a aussi requis la confirmation de la condamnation de l'ex-avocat genevois Philippe Houman à un an de prison avec sursis et à l'amende maximale de 375.000 euros, pour avoir orchestré le transfert des avoirs de Suisse à Singapour.

Les autres protagonistes de l'affaire avaient renoncé à faire appel: l'ex-épouse de Jérôme Cahuzac, Patricia Ménard, condamnée à deux ans de prison, la banque genevoise Reyl et son patron, qui ont écopé de l'amende maximale.

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Apprentissage : un député Modem fait la leçon aux LR

mar, 02/20/2018 - 16:16
ApprentissagePatrick MignolaLaurent Wauquiez

"Quand on veut créer des emplois, on ne considère pas que le CAP de monteur-ajusteur est une insulte !" Le député Modem Patrick Mignola n'a pas manqué de critiquer les bancs de la droite, mardi, après le tumulte provoqué par les déclarations de Laurent Wauquiez, le patron du parti Les Républicains, devant des étudiants de l'EM Lyon Business School et diffusée sur l'émission Quotidien, sur TMC.

Lundi, le porte-parole LR Gilles Platret avait comparé le travail de l'émission à "un exercice au niveau CAP d'ajusteur-monteur".

"Quand vous aurez embauché autant de CAP que moi dans ma carrière professionnelle, vous aurez le droit de m'interrompre !" , a ajouté Patrick Mignola alors que les députés Les Républicains manifestaient bruyamment contre ses propos dans l'hémicycle.

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"Personne ici n'est une marionnette": Philippe réplique aux "guignols" de Wauquiez

mar, 02/20/2018 - 16:14

"Personne ici n'est une marionnette" et "nous sommes en démocratie": Edouard Philippe a répliqué allusivement mardi aux propos controversés du patron de LR Laurent Wauquiez sur les députés LREM "guignols" et "la dictature totale en France" sous Emmanuel Macron.

Alors qu'il répondait lors des questions à l'Assemblée nationale sur la réforme de la SNCF au député UAI (UDI, Agir et indépendants) du Nord Guy Bricout, le Premier ministre s'est interrompu pour répondre aux bancs du parti Les Républicains qui le chahutaient et l'interpellaient à haute voix.

"Messieurs les députés, restez calmes! Nous sommes dans une démocratie. Personne ici n'est une marionnette, et je vais vous répondre", a lancé le chef du gouvernement, applaudi par des députés de la majorité.

La réponse était une allusion transparente aux déclarations choc de M. Wauquiez, enregistrés à son insu lors d'un cours devant des étudiants de l'école de commerce EM Lyon la semaine dernière, et diffusés vendredi et lundi par l'émission de Quotidien. 

"Vous avez vu les guignols d'En Marche? Ils sont tous avec le petit doigt sur la couture, ils doivent tous voter la même chose (...) Il n'y a aucun équilibre des pouvoirs en France. Donc il y a une dictature totale en France", peut-on entendre M. Wauquiez déclarer.

Sous le feu des critiques, le patron de LR s'explique mardi soir sur BFMTV, ses soutiens s'efforçant tant bien que mal de minimiser le tollé provoqué par ses propos.

Lors d'une question sur la formation professionnelle un peu plus tard, Aurore Bergé, une porte-parole des députés LREM a insisté sur la "revalorisation de la voie professionnelle": "Mais comment permettre aux familles d'avoir confiance en la voie professionnelle quand des responsables politiques s'y refusent et la méprisent ? Quand le porte-parole des Républicains déclare évoquant les propos tenus par M. Wauquiez: +est-ce du journalisme ? Non ça éventuellement, c'est un exercice du niveau CAP d'ajusteur monteur+"?, a-t-elle déploré.

"Que doivent penser de leur classe politique nos élèves en CAP, leurs familles, leurs enseignants ?" "Les ébenistes, bouchers, charpentiers, coiffeurs, chaudronniers exercent-ils donc des métiers au rabais ?", a-t-elle poursuivi, avant d'ajouter à ses collègues, face aux exclamations de la droite: "ne tendons pas la perche à ceux qui voudraient nous traiter de +guignols+".

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Les députés LFI demandent une commission d'enquête sur la "malbouffe"

mar, 02/20/2018 - 16:09

Les députés de la France insoumise ont officiellement demandé mardi la création d'une commission d'enquête sur l'alimentation industrielle et ses conséquences notamment sur la santé, plaidant également pour qu'une autre commission planche sur le bilan des opérations extérieures (Opex).

LFI a fait la demande d'user de son "droit de tirage" pour une commission d'enquête "sur l'alimentation industrielle: qualité nutritionnelle, rôle dans l'émergence de pathologies chroniques, impact social et environnemental de leur provenance", lors de la conférence des présidents à l'Assemblée nationale.

Chaque groupe parlementaire a le droit, une fois par session, d'user de ce "droit de tirage" pour une commission d'enquête.

Selon l'Insoumis Loïc Prud'homme, qui pointe "un sujet de société majeur", les élus ont déposé une proposition de résolution visant à créer une telle commission sur "la malbouffe".

"Les études s'accumulent, se succèdent", a expliqué à l'AFP le député, évoquant notamment celle publiée la semaine dernière, réalisée auprès de 105.000 personnes, qui établit une corrélation entre consommation de plats préparés par l'industrie et risque de cancer.

Pour M. Prud'homme, qui dénonce "les scandales sanitaires à répétition", la "malbouffe" est un vaste sujet, "une grosse pelote que l'on va essayer de démêler".

Les députés LFI ont aussi plaidé mardi pour la création d'une autre commission d'enquête afin d'établir un bilan stratégique des Opérations extérieures (Opex), alors que la loi de programmation militaire (LPM) sera examinée à l'Assemblée à compter du 20 mars.

Une telle commission permettrait de "mener une discussion sans a priori sur les mérites éventuels ou réels de ces Opex, parce que sans but précis, les guerres ne peuvent être jamais être gagnées", a affirmé lors d'un point de presse le député Bastien Lachaud.

Soulignant que la LPM prévoit de reconduire les Opex sur plusieurs théâtres d'opération, Alexis Corbière a jugé que tirer un bilan était "un minimum", rappelant qu'il s'agissait de "femmes et d'hommes qui risquent leur vie et pour certains l'ont donnée".

"Nous n'avons pas souhaité utiliser notre droit de tirage sur cette proposition parce qu'à notre sens ce n'est pas un sujet de la France insoumise", a expliqué M. Lachaud, estimant que la demande devrait "être transpartisane".

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Bayrou veut 100 députés à la proportionnelle et presse l'exécutif

mar, 02/20/2018 - 15:24

Le président du MoDem François Bayrou a souhaité mardi que la réforme des institutions prévoie l'élection de 100 députés à la proportionnelle, alors que l'exécutif n'a actuellement selon lui "pas de volonté farouche d'aller jusqu'au bout" sur ce point, selon des propos rapportés.

M. Bayrou avait fait de l'introduction d'une dose de proportionnelle une condition de son soutien à Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. 

Devant les députés MoDem mardi matin à huis clos, il a demandé 100 députés à la proportionnelle et 300 au scrutin majoritaire. "Ceux qui veulent moins de proportionnelle, je n'en fais pas partie", a-t-il déclaré.

La dose en question est un des sujets en débat notamment entre le président de l'Assemblée et celui du Sénat: François de Rugy plaide lui aussi pour 100 députés sur les 400 futurs élus, à la proportionnelle, Gérard Larcher considère que "25 à 30%, c'est trop". 

Selon M. Bayrou, "gouverner au centre, ça veut dire qu'on donne une assise au corps politique central du pays, elle ne peut pas naître du scrutin majoritaire".

Le président du parti centriste a aussi dit devant le groupe MoDem, toujours selon des propos rapportés, ne pas sentir "de volonté farouche du gouvernement d'aller jusqu'au bout de cette réforme du mode de scrutin".

M. Rugy a récemment assuré que cela avait "toujours été très clair pour la majorité, le gouvernement et le président que le mode de scrutin n'a pas vocation à être dans la Constitution", ce sujet pouvant être traité par une loi organique "ou même une loi simple".

Par la réforme des institutions, Emmanuel Macron veut notamment réduire le nombre de parlementaires, limiter les mandats à trois consécutifs, instaurer une dose de proportionnelle, réformer le Conseil supérieur de la magistrature, supprimer la Cour de justice de la République et accorder une plus grande liberté d'administration aux collectivités. 

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Georges Tron de retour aux assises du 22 octobre au 16 novembre

mar, 02/20/2018 - 14:59

Après un faux départ en décembre 2017, le procès pour viols en réunion de l'ex-secrétaire d'Etat et maire en exercice de Draveil (Essonne) Georges Tron se tiendra du 22 octobre au 16 novembre, a-t-on appris auprès du parquet général de la Cour d'appel de Paris.

Quatre semaines sont prévues devant les assises de Seine-Saint-Denis - du ressort de cette cour d'appel - pour juger l'élu LR et son ancienne adjointe Brigitte Gruel qui nient en bloc les accusations de viols et agressions sexuelles portées par deux anciennes employées municipales. 

En décembre 2017, cette affaire devait être jugée durant neuf jours, mais avait été renvoyée au soir du quatrième: d'incident en incident, les débats avaient pris du retard et le président de la cour d'assises avait fini par reporter le procès après avoir été désavoué par la défense de Georges Tron.

Son conseil Eric Dupond-Moretti avait ainsi révélé à l'audience que lors d'une conversation privée avec des avocats, le magistrat avait confié qu'il aurait préféré "que ce soit une femme qui préside". 

Le procès s'était ouvert quelques semaines après la déflagration Harry Weinstein et le déferlement de récits de violences sexuelles qui a suivi. Ce contexte avait semblé accentuer la fébrilité des débats, ponctués d'invectives entre la défense et les parties civiles. 

Le procès repartira de zéro à l'automne, avec une durée sensiblement allongée pour entendre les dizaines de personnes appelées à témoigner. 

Le scandale avait éclaté en mai 2011 dans le sillage de l'arrestation à New York de l'ancien directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn, mettant soudain en lumière la passion de Georges Tron pour la réflexologie plantaire.

Mais ce qui vaut au maire de Draveil d'être renvoyé devant les assises va au-delà de massages de pied impromptus : Virginie Ettel et Eva Loubrieu disent avoir subi des attouchements et des pénétrations digitales entre 2007 et 2010, sans être capables de s'y opposer, tétanisées face à leur employeur et son adjointe. 

Georges Tron avait démissionné de ses fonctions de secrétaire d'Etat à la Fonction publique (2010-2011), mais pas de sa mairie de l'Essonne (30.000 habitants) à la tête de laquelle il a été réélu en 2014. 

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Drogba et Mbappé au déjeuner en l'honneur de Weah à l'Elysée

mar, 02/20/2018 - 14:58

Le président français Emmanuel Macron recevra mercredi le nouveau président libérien George Weah, ex-star du foot, pour un déjeuner de travail à l'Elysée en présence de nombreuses personnalités du monde sportif, tels les footballeurs Didier Drogba et Kylian Mbappé.

"Le rôle du sport comme facteur de développement sera au coeur de ces échanges", auxquels ont aussi été conviés les présidents de la Fédération française de foot (FFF) Noël Le Graet et de la Fifa, Gianni Infantino, selon l'Elysée.

La création d'une plate-forme pour "mobiliser des financements sur des projets sportifs en Afrique" et "développer une économie du sport" sur le continent devrait être annoncée par les deux présidents lors d'une conférence de presse à l'issue de la rencontre.  

Elu fin décembre à 51 ans à la tête du Liberia, un pays très pauvre ravagé par de terribles guerres civiles (1989-2003) et une épidémie du virus Ebola (2013-2015), George Weah est arrivé mardi en France pour une visite de quatre jours.

"Il s’agit du premier déplacement de George Weah hors d'Afrique" depuis son élection à l'issue "d’une alternance démocratique assez exemplaire", a souligné l'Elysée.

Paris entend relancer sa relation bilatérale avec ce pays anglophone dirigé par un président qui incarne à ses yeux une "nouvelle génération" de chefs d'Etat africains. George Weah a mené campagne sur la lutte contre la corruption et sa volonté de fournir formations et emplois aux jeunes, qui représentent plus de 60% des 4,7 millions de Libériens.

Il devait d'ailleurs participer mardi après-midi à une conférence-débat autour de l’éducation et de la formation avec des étudiants, au Conservatoire national des arts et métiers à Paris.

"On part de loin, c'est un pays où on a été très peu présent ces dernières années", a-t-on déclaré à l'Elysée, en précisant qu'une première enveloppe d'aide bilatérale serait annoncée mercredi.

L'économie libérienne a été encore fragilisée par le double choc de l'épidémie d'Ebola et d'une chute des prix des matières premières, et la dette du pays s'est creusée.

La France a ajouté début février le Liberia et la Gambie aux 17 pays prioritaires de l'aide au développement française (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Comores, Djibouti, Ethiopie, Guinée, Haïti, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Sénégal, Tchad, Togo). 

Avant sa visite en France, George Weah avait effectué mi-février une visite officielle au Sénégal.

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Laurent Wauquiez, un aspirant à l'Elysée à la personnalité contestée

mar, 02/20/2018 - 14:56

Laurent Wauquiez, 42 ans, empêtré depuis vendredi dans des déclarations choc enregistrées à son insu, est un surdiplômé qui ne fait pas mystère de son ambition élyséenne, à la personnalité autant appréciée des militants qu'elle peut être honnie parmi ses pairs.

L'affaire du cours de Lyon, ces déclarations au vitriol sur Emmanuel Macron, Gérald Darmanin ou encore Alain Juppé, prononcées devant des étudiants, constitue-t-elle le premier accident de parcours de sa carrière ? Bien qu'âprement critiqué, y compris à droite, le président du parti Les Républicains n'avait guère jusqu'ici connu que des hauts.

Celui dont son entourage rappelle qu'il n'a "jamais perdu une élection" a vécu une ascension rapide et linéaire: député en 2004 à 29 ans, membre des gouvernements Sarkozy-Fillon dès 32 (porte-parolat, Emploi, Europe, Enseignement supérieur), maire du Puy-en-Velay en 2008, réélu au premier tour en 2014, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes en 2015 et, depuis décembre, président de LR élu à 75%.

Mais cet ancien protégé de Jacques Barrot, qui a rompu avec le centrisme de son mentor, récolte davantage d'inimitiés que de satisfecit. "Il est face à un mur d'antipathie qu'il a lui-même savamment construit", juge un cadre LR. "Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi méchant", assure un membre de l'exécutif actuel.

L'homme à la silhouette longiligne (1,91 m), aux cheveux poivre et sel et à la parka rouge - son vêtement de prédilection par temps maussade - doit affronter deux procès convergents. Celui en insincérité, que ses détracteurs instruisent de plus belle depuis cette affaire lyonnaise où on l'entend promettre à son auditoire de leur épargner son habituel "bullshit" ("conneries") réservé aux "plateaux médiatiques".

Au plan politique, un procès en "dérive droitière", voire en connivence avec l'extrême droite, désormais alimenté par une partie de ses anciens camarades de LR qui ont quitté le parti en lui reprochant de ne pas avoir appelé explicitement à voter pour Emmanuel Macron face à Marine Le Pen.

"J'ai la conviction que les valeurs auxquelles les Français sont les plus attachés supposent un programme résolument et sereinement à droite", prône celui qui assure qu'il ne fera "jamais" d'alliance avec le FN.

- "Tête de Turc" -

Quant à son image, "je connais le prix à payer puisque de chouchou des médias, je suis devenu leur tête de Turc", se défend-il dans une interview à Causeur, daté de décembre.

Elu sans grande opposition président de LR, Laurent Wauquiez n'en est pas moins contesté. Par Xavier Bertrand, qui a claqué la porte du parti. Par Valérie Pécresse, qui a créé son propre mouvement, Libres !, associé aux Républicains. Le président des Hauts-de-France et celle de l'Ile-de-France ne l'ont cependant pas défié pour la présidence du parti.

M. Wauquiez revendique le statut de premier opposant à Emmanuel Macron, qu'il attaque sans ménagement tant sur sa supposée méconnaissance de la France profonde (une "haine de la province") que sur sa politique "injuste", notamment envers les retraités et "les classes moyennes", l'un de ses grands chevaux de bataille.

Personne ne doute de ses ambitions élyséennes, même s'il prend soin de n'en parler qu'avec parcimonie. Chaque année, il fait l'ascension du Mont Mézenc (Haute-Loire), à la manière de François Mitterrand gravissant la Roche de Solutré.

La collection de diplômes de celui qui pourfend désormais les "élites" est impressionnante: major de l'ENA en 2001, premier à l'agrégation d'histoire, diplômé de Sciences Po, DEA de droit public, sans compter la connaissance de l'arabe, acquise au Caire quand il travaillait à l'ambassade de France, au début des années 2000. Avec une polémique qui le suit depuis cette expérience égyptienne sur sa supposée proximité avec Soeur Emmanuelle, constamment démentie par une proche de la religieuse.

Même éclectisme côté loisirs: passion pour les arts - transmise par sa mère Eliane Wauquiez-Motte, maire du Chambon-sur-Lignon et ancienne conservatrice du musée d'art moderne de Saint-Etienne - littérature, poésie, musique électronique. Ce marathonien, marié à une administratrice du Sénat, est père de deux enfants.

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Wauquiez: "Une micro tempête dans un verre d'eau", selon des députés LR

mar, 02/20/2018 - 13:53

Le député LR Eric Ciotti a estimé mardi que les propos de Laurent Wauquiez n'étaient qu'"une micro tempête dans un verre d'eau", appelant comme d'autres collègues LR en réunion de groupe à "faire bloc" autour du président du parti.

"Laurent a pris le leadership à droite et on le cible", ses propos ont été "détournés", a déclaré M. Ciotti, selon des sources concordantes. Applaudi, l'élu des Alpes-Maritimes a appelé à "faire bloc autour de Laurent face à ces manœuvres".

Lors de cette réunion de groupe, présidée par Virginie Duby-Muller en l'absence du chef de file LR Christian Jacob, en déplacement en Nouvelle-Calédonie, quelques autres députés sont intervenus en soutien à Laurent Wauquiez, tel Guillaume Peltier et Fabien Di Filippo, pour qui "les préoccupations fortes qui nous viennent sur le terrain sont bien différentes et éloignées de ces histoires".

Mais selon un autre député présent, "tout se passe comme si rien ne s'était passé et pas grand monde n'a vraiment eu envie d'en parler". "Officiellement on fait bloc mais tout le monde est mal à l'aise", a aussi déclaré un autre participant.

Le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy (LREM), a demandé au président de LR de "s'excuser devant les Français" après ses déclarations choc, enregistrées à son insu et évoquant "une dictature totale en France".

Devant la presse, Pierre-Henri Dumont a jugé que M. Wauquiez "n'a pas à s'excuser". "J'invite plutôt tous les députés de la majorité à justifier leur politique de pouvoir d'achat devant les Français", a lancé cet élu du Pas-de-Calais.

Valérie Boyer a aussi affirmé que "nous sommes élus pour nous préoccuper du sort des Français" et pas de "cette écume des jours du microcosme politique". Si M. Wauquiez n'est pas venu lui-même devant les députés LR mardi matin, "nous sommes en contact" avec lui, a aussi assuré la députée des Bouches-du-Rhône.

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Macron veut voir les bibliothèques ouvertes le dimanche et le soir

mar, 02/20/2018 - 13:12

Le président Emmanuel Macron et la ministre de la Culture Françoise Nyssen ont appelé mardi les bibliothèques à ouvrir davantage le soir et le dimanche afin de "réduire les fractures" culturelles et sociales.

Actuellement, seules 130 des 16.500 bibliothèques et points de lecture de France ouvrent leurs portes le dimanche.

Et, dans la semaine, "beaucoup d'entre elles ouvrent aux horaires où la plupart des Français travaillent", étant fermées à l'heure du déjeuner et tôt le soir, a regretté Françoise Nyssen.

Il faut donc "changer de rythme" et "ouvrir mieux et plus", appelle l'écrivain Erik Orsenna qui a présenté un rapport sur l'avenir des bibliothèques au président et à la ministre aux Mureaux (Yvelines).

Emmanuel Macron a visité durant trois heures la médiathèque de cette ville de la grande banlieue de Paris, présentée comme "exemplaire" car elle ouvre le dimanche et propose de nombreuses activités en plus du prêt traditionnel de livres et de vidéos.

La France est bien équipée puisqu'elle possède autant de bibliothèques que de bureaux de Poste. Mais ces équipements culturels, souvent modernes, ne sont ouverts que 41 heures par semaine dans les grandes villes contre 78 heures à Londres ou 98 heures - un record - à Copenhague.

Cette situation avait été dénoncée par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle et il avait fait de l'extension des horaires l'une de ses promesses électorales.

Selon lui, l'accès à la culture fait partie intégrante de "la bataille pour l'émancipation", qui est le "fil rouge" de la politique du gouvernement.

- 'Financièrement difficile' -

Le rapport établi par Erik Orsenna et Noël Corbin, inspecteur des affaires culturelles, fixe la durée d'ouverture hebdomadaire moyenne à 45 heures pour les villes de 50.000 à 100.000 habitants, et à 50 heures pour celles de plus de 100.000 habitants.

Aux Mureaux, qui compte 32.000 habitants, la médiathèque est ouverte 28 heures par semaine "et on aimerait ouvrir plus, mais c'est financièrement difficile", a expliqué au président son maire, François Garay (DVG).

L'Association des bibliothécaires de France (ABF) avait accueilli favorablement en juillet 2017 l'extension des horaires d'ouverture, tout en mettant en garde contre l'impact de "la baisse des moyens financiers des collectivités territoriales".

Le gouvernement a augmenté de huit millions d'euros la dotation générale de décentralisation en faveur des bibliothèques pour les cinq prochaines années.

Cela devrait permettre de soutenir "200 projets d’extension d’horaires", selon le rapport Orsenna, qui juge toutefois cet effort insuffisant.

Pour l'académicien, "ce n'est pas à Paris qu'on doit décider" de tels projets, mais au niveau local car "les attentes des populations diffèrent de Dunkerque à Nice, de Cayenne à Nouméa, et selon qu'on soit étudiant ou retraité".

En 2015, les collectivités locales ont dépensé 1,7 milliard d'euros pour la lecture publique, dont près de 1,2 milliard pour rémunérer les 38.000 agents des bibliothèques, selon le ministère de la Culture.

Dans leur rapport, MM. Orsenna et Corbin appellent les bibliothèques à "s'adapter à la demande" et à "devenir des maisons de service public culturel" car "50% des personnes qui y entrent ne viennent pas chercher des livres". Aux Mureaux, la médiathèque accueille ainsi des cours de soutien scolaire, des ateliers d'art, de danse et un "fab-lab" équipé d'imprimantes 3D ainsi qu'une "micro-folie", musée numérique initié par la Grande Halle de la Villette à Paris.

Le rapport, qui souligne l'apport des 81.000 bénévoles qui permettent aux bibliothèques de fonctionner, suggère de faire davantage appel aux étudiants et d'encourager dans les petites villes "la mutualisation de locaux et de personnels d’accueil" entre les bibliothèques et les agences postales.

"Pourquoi pas des kiosques à livres dans les piscines, des salles de sport, des salons de coiffure, dans les salles d'attente des médecins?", écrivent ses auteurs.

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