On les nomme filles de joie par une
vulgaire erreur,
car le plus souvent elles sont filles
du malheur...
Ecoutez bonnes gens, l'histoire
que je vais conter;
l'histoire de cette enfant qu'un
soir j'ai rencontrée.
C'était en fin de jour, j'allais
d'un pas pressé ;
j'ai coupé au plus court
; quelqu'un m'a abordé.
C'était une "fille de rien",
une ombre de la nuit ;
elle m'a pris la main , j'ai dit
: "non", j'ai souri.
Elle n'avait pas vingt ans, cette
"fille sans vertu"
qui offrait ses talents aux quidams
de la rue.
Elle m'a demandé du feu, je
n'ai pas refusé ;
On ne refuse pas si peu, même
lorsqu'on est pressé.
A la lueur de la flamme, nos yeux
se sont croisés;
alors, j'ai vu une femme, une femme
au coeur brisé.
Elle s'est mise à parler,
j'ai changé mon programme;
j'ai pris le temps d'écouter
la série de ses drames.
Longtemps elle m'a conté les
déboires de sa vie;
Quand elle eut terminé, elle
m'a juste dit : "merci".
Merci pour simplement ne pas l'avoir
repoussée;
merci pour cet instant que je lui
avais donné.
Elle m'a dit : "à demain";
j'ai fait : "oui", sans y croire.
J'ai repris mon chemin, elle, sa
place dans le noir.
Mais je n'ai jamais revu cette fille
de douleur
qui, un soir, en pleine rue, m'a
confié ses rancoeurs.
Et si poète j'étais,
sous ma plume clémente,
ses louanges j'écrirais pour
qu'une âme les chante.
Moi, je ferais rimer trottoir et
désespoir,
Moi je ferais rimer fille de rien
.... avec chagrin.
Texte de : Patrick
CHAUSSIDIERE / Musique de : Joseph CASANOVA
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